Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

dimanche 21 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.059 : 50 ans d'ordination, le 2 juillet

Il y a quelques mois, je vous avais fait part d'un projet de fête pour le 2 juillet prochain.
Malheureusement, il m'est impossible d'envoyer une invitation particulière aux très nombreuses personnes que j'ai eu le bonheur de rencontrer, lors de mes précédents ministères en divers lieux.
Voilà pourquoi, par l'intermédiaire de ce blog, j'envoie une invitation générale à participer à cette fête, si vous le souhaitez.
Ce sera d'autant plus facile qu'il n'y a pas d'inscription. 
Ci-dessous, je vous joins tous les détails pratiques utiles, au cas où...
Vous pouvez faire suivre ce message, de ma part, à des personnes susceptibles d'être intéressées. 

Olivier Gaignet
12, place Hullin    85290    Mortagne-sur-Sèvre
06.87.10.18.87
olivier.gaignet@yahoo.fr

Bonjour à tous et à toutes,


Lorsqu’ils ont appris que j’allais fêter mes 50 ans d’ordination, un certain nombre de membres de ma famille, d’anciens paroissiens et d’amis m’ont fait savoir qu’ils aimeraient être présents. J’en suis profondément touché !  Voilà pourquoi, à la demande de plusieurs, je vous fais parvenir quelques précisions à propos de cette fête, qui aura lieu, tout près de Cholet, à Mortagne-sur-Sèvre, le dimanche 2 juillet prochain.

            Une fête partagée

Au départ, il n’était question que de mes 50 ans d’ordination. Mais nous avons pris conscience qu’il y avait sur la paroisse deux Frères de St Gabriel qui fêtent aussi cette année leurs 50 ans d’engagement religieux. De plus, pas moins de 15 couples de Mortagnais, avec lesquels je suis très lié, ont souhaité fêter en même temps leurs 40, 50, 55 ou 60 années de mariage !  Nous avons appelé cela "la fête de l'Alliance".

Après en avoir parlé en famille, nous nous sommes dit : plutôt que d’en rester à la fête d’un seul, pourquoi ne pas en faire une fête plus large, solidaire et fraternelle ?  Tout en laissant leur place à la famille, aux amis ainsi qu'aux anciens paroissiens !

Pour que la fête soit belle, venez avec des souvenirs forts que nous avons en commun, qui pourraient être partagés à tous. Je vous fais savoir qu’il y aura une sono et un grand écran. Et pas de frais à envisager, ceux-ci étant pris en charge généreusement par l’ensemble des jubilaires.

            Le lieu

Comme ce sera une fête « ouverte », un peu atypique, la messe se déroulera non dans une église, mais, ainsi que tout le reste de la journée, à la salle polyvalente de Mortagne, qui est très vaste et dispose d’un grand parking.

 Pour rejoindre ce « complexe municipal Stéphane Traineau », bien fléché, lorsque vous êtes arrivé à Mortagne, prendre la route de Poitiers (c’est le nom de la rue). Aux seuls feux qui existent dans cette rue, prendre à droite l’avenue des Madeleines ; à 100 m, au rond-point, prendre à gauche l’allée des Peupliers, jusqu’au bout (c’est sans issue, et il y a un stade au-delà). Alors, le parking est à gauche et la salle à droite. Voici l'adresse GPS au besoin  :  46.9885 et -0.94538.

            Le planning de la journée

.  8h30      :  des paroissiens prépareront la salle et accueilleront les personnes au fur et à mesure
.  10h30    :  messe festive
.  11h45     :  apéro
.  vers 13h :  repas partagé, avec diverses animations, interventions, chansons, évocation de souvenirs ou autres, de la part de tous ceux qui le souhaiteront : jubilaires, famille, amis de partout, paroissiens de Montfort-sur-Sèvre y compris
.  puis, en début d’après-midi, suite de ces manifestations diverses, diaporama, et tout ce que les uns ou les autres auront envie de partager.
.  bien sûr, on arrive quand on veut, et on repart quand on veut. Et à 18h au plus tard, nettoyage et remise en ordre de la salle par les amis Mortagnais.

            L’apéro et le « repas-partage »

.  l’apéritif et la boisson sont offerts par la paroisse, et des « amuse-gueule » auront été préparés.
.  pour le repas, chacun des couples jubilaires apportera un plat et un dessert collectifs, pain et boisson ;  le tout sera disposé sur une grande table dans la salle.
.  même chose pour les membres de ma famille, les anciens paroissiens et amis divers.
.  les Mortagnais et Saint Laurentais qui voudront se joindre à l’ensemble de la journée pourront apporter eux aussi un plat et un dessert partagé.
.  ainsi, il devrait y avoir largement assez pour ceux qui viendront de loin, cela leur évitant une charge supplémentaire.
.  le repas partagé, c’est une manière de vivre ce moment avec plus de convivialité.
.  les uns ou les autres pourront aussi apporter seulement leur panier et leurs boissons : tout sera possible !
.  le café sera fourni sur place.
.  tous ceux qui le peuvent sont invités à venir avec leurs assiettes, verres et couverts. On en aura aussi en supplément au besoin.
.  enfin, pendant le repas, s’ils le désirent, les personnes du Pays des Olonnes, de ma famille, de la région de Fontenay-le-Comte ou d'ailleurs pourront se regrouper autour de mêmes tables, dans la salle, pour pouvoir échanger, s’exprimer… Ou bien se mélanger avec d’autres, librement !
 
                        Je crois vous avoir résumé l’ensemble du projet.  Je reste à votre disposition pour tout renseignement supplémentaire.
                         Surtout, s’il ne vous est pas possible de venir, ne vous faites pas de souci !  Nous serons quand même unis de cœur, et c’est l’essentiel.


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            INSCRIPTION

 Il n’y en a pas !  Mais, sans obligation, si vous comptez venir, vous pouvez me le confirmer, par courrier ou par mail, à mon adresse ci-dessus, pour le mardi 20 juin ;  cela nous donnera une idée de la participation.

NOM…………………………………Prénom………………………………………………..

Nombre de personnes :  adultes…………..  jeunes…………  enfants……………………..

Peut faire part d’un souvenir…….. d’une chanson…….. ou quoi d’autre ?.......................

Toutes les initiatives seront les bienvenues !  Vous pourrez aussi me faire savoir le jour même si vous souhaitez exprimer quelque chose ou autre.

                                                             Au plaisir de nous revoir !

                                                             Avec toutes mes amitiés !

                                                                                                          Merci !

                                                                                                                 Olivier Gaignet




                                                                                                                                 Merci !




                                                                                 

jeudi 18 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.058 : La vraie jeunesse...

En des jours bien chargés, je n'ai guère le temps de tenir ce blog, et je le regrette profondément.
Cependant, je vous fais passer un message reçu hier d'une paroissienne, que vous connaissez sans doute déjà : il s'agit de la célèbre déclaration du Général Mac Arthur par rapport à ce qu'est la véritable "jeunesse".
Bonne réflexion !


« La jeunesse n'est pas une période de la vie, elle est un état d'esprit, un effet de la volonté, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l'aventure sur l'amour du confort.

L'on ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années. L'on devient vieux parce que l'on déserte son Idéal. Les années rident la peau ; renoncer à son Idéal ride l'âme.

Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont des ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.

Jeune est celui qui s'étonne et qui s'émerveille. Il demande, comme l'enfant insatiable : "Et après ?"

Il défie les événements et trouve la Joie au Jeu et à la Vie.

Vous êtes aussi jeunes que votre Foi dans la Vie. Vous êtes aussi vieux que votre doute. Aussi jeunes que votre confiance en vous-mêmes, aussi jeunes que votre espoir, mais aussi vieux que votre abattement.

Vous resterez jeunes aussi longtemps que vous resterez réceptifs. Réceptifs à ce qui est beau, bon et grand. Réceptifs aux messages de la Nature, des femmes, des hommes et de l'Infini.

Si, un jour, votre cœur allait être mordu par le pessimisme, rongé par le cynisme…, eh bien, que Dieu ait pitié de votre âme de vieillard ! »

dimanche 7 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.057 : "Ce n'est pas un Sacrement pour les vieux !"

Belle remarque faite il y a quelque temps, alors que nous préparions, avec les membres du SEM (Service Evangélique des Malades) les deux célébrations du Sacrement de l'onction des malades de ce mois de mai sur la paroisse, à Mortagne ce 7 mai, puis à St Laurent le dimanche 21 mai.
La preuve que "ce n'est pas un Sacrement pour les vieux", c'est qu'on peut le recevoir à tout âge !  Et nous avons évoqué ces jeunes, gravement atteints par la maladie, et qui ont souhaité recevoir l'onction des malades.
16 personnes en ce jour, bien entourées par la communauté paroissiale, et au cours d'une messe des familles, avec présence d'un certain nombre d'enfants, ont reçu ce Sacrement de force, de courage et de guérison.
Non, ce n'était ni des vieux ni des vieilles qui étaient là ! Mais des hommes et des femmes jeunes dans leur tête, ayant fait le choix de se remettre pleinement dans la main de Jésus le bon berger, le guérisseur plein d'amour, sur lequel ils ont désiré s'appuyer pour continuer le chemin.
Très représentatif, le témoignage lumineux apporté par Jeannette, au nom des 16 personnes en question.  Elle était interrogée par Elise, une enfant :

Elise : Pourquoi vous demandez le Sacrement des malades ?
Jeannette : Comme tu vois, je ne suis pas malade.  Je suis debout.
Mais, quand on avance en âge, on sent nos forces diminuer, on pense à la mort inévitable.  La fin de vie se fait plus proche.
D'autre part, on voit autour de nous des personnes dépendantes, qui ont besoin des autres pour se déplacer ou pour manger, des personnes qui souffrent physiquement ou moralement.
Je viens chercher ici du courage et des forces pour continuer la route.

Elise : A quoi ça sert, le Sacrement des malades ?
Tu vois, je suis très sensible à la parole de Jésus : "Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau et je vous soulagerai."
Quand on a des difficultés, le Seigneur est encore plus proche de nous.
Il nous soutient avec tendresse.
Je veux rester confiante dans le Tout-Puissant.
J'espère que ce Sacrement m'aidera à vivre certaines périodes plus difficiles de ma vie.
Le Christ vient à mon aide et m'envoie son Esprit.
Il me donnera le courage de supporter les épreuves.
Il m'aidera à rester proche et ouverte aux autres, pour répondre à leur attente.
Il m'accordera une paix intérieure et une vie sereine.

A toutes les personnes en souffrance, je voudrais dire ceci : si notre corps nous lâche et nous trahit, c'est alors que nous sommes le plus proches de Dieu.
Car il n'y a pas plus proche de Dieu que ce qui est fragile, vulnérable, fatigué ou blessé. C'est par ces blessures en effet, par nos failles, que Dieu peut enfin totalement pénétrer en nous.
A 100  ans, Sr Emmanuelle disait : "Vieillir, être malade, c'est diminuer.  Mais diminuer, s'effacer, c'est sans doute la meilleure façon de laisser Dieu grandir en nous."
Une sympathique réflexion du chanteur Félix Leclerc pour clore ce billet : "Ce n'est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne de vieilles pommes."
Courage !  A tout âge, nous avons un avenir infini devant nous !

mardi 2 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.056 : "Si le sel s'affadit..."


EVÊQUES, SORTEZ LE LOUP FRONTISTE DE LA BERGERIE CATHOLIQUE !
Paru dans "Le Monde"  29/4/2017
Les évêques doivent sortir de leur ambivalence face au FN et dire que les valeurs portées par Marine Le Pen s'opposent au message de fraternité des Evangiles, soutient le journaliste Jean-François Bouthors
Les évêques de France vont-ils être les Pilate paresseux et désillusionnés du second tour de l'élection présidentielle ? Le communiqué de la Conférence épiscopale publié lundi 24 avril dans le quotidien La Croix, qui se contente d'un vague appel au discernement sans appeler un chat un chat, indique que l'Eglise de France est sur la voie d'ajouter au désastre moral qu'a constitué sa manière de faire face à la pédophilie dans ses rangs l'ignominie de ne pas appeler les catholiques à rejeter catégoriquement le Front national. Comment pourraient-ils seulement laisser croire qu'il serait possible de se réfugier dans l'abstention ou le vote nul ou blanc qui sont une manière de dire que Marine Le Pen et Emmanuel Macron ce serait blanc bonnet et bonnet blanc.
Certes, d'ordinaire, il ne revient pas à l'Eglise de donner des consignes de vote. Nous ne sommes pas, Dieu merci, dans une république théocratique. Mais les circonstances présentes ne sont pas ordinaires. Il en va de valeurs éthiques fondamentales, dans une campagne où il est déjà visible que le Front national est déterminé à tous les maquillages, à tous les amalgames, à toutes les contrevérités, puisque cela a si bien réussi à Donald Trump. Quoi que l'on pense d'Emmanuel Macron et de son programme, ce que propose le Front national est insoutenable, même si Marine Le Pen se drape aujourd'hui dans un gaullisme de circonstance – alors que le clan Le Pen a toujours combattu de Gaulle et ses successeurs – et dans la posture proprement stupéfiante d'une Européenne -convaincue. Tout sera bon pour elle pour semer la confusion dont elle fait ensuite son miel. Vous ne pouvez pas, Messeigneurs les évêques, vous laver les mains de la banalisation d'un projet qui piétine toutes les valeurs évangéliques, alors même que le pape François ne cesse de rappeler ces valeurs et son inquiétude quant à la montée de l'extrême droite et de la -xénophobie en Europe.
On voit bien pourquoi vous hésitez à vous engager : vous n'êtes pas d'accord sur l'attitude à tenir, et vous préférez le consensus mou et le flou à la vérité. Vous pensez qu'il vaut mieux préserver l'unité de votre cénacle. Vous êtes prêts à sacrifier la France sur l'autel d'une unité de façade. Que ceux qui en ont le courage sortent de l'ambiguïté ! Que les masques tombent ! L'unité répétée comme un mantra est un mensonge. Ayez la force de ne pas être les complices tacites d'une catastrophe politique. Soyez les porteurs d'une parole droite et non les compagnons de route d'une parole perverse.
parler clair, haut et fort
Ne croyez pas que de toute façon Marine Le Pen sera battue. Les exemples américain et britannique – la victoire de Donald Trump et celle du Brexit – nous ont montré ce qu'il en est de ce genre de conviction. La réalité, c'est que le mensonge systématique et organisé est terriblement efficace, s'il n'est pas aussi systématiquement combattu et dénoncé. Or vous ne le faites pas ou si peu. Et si elle est battue, ne croyez pas que tout ira pour le mieux. Tant s'en faut. Si sa défaite n'est pas totale, le venin de la propagande frontiste continuera à pervertir la société française. Il n'est pas supportable de laisser une partie des catholiques s'égarer de ce côté-là.
Vous portez déjà une vraie responsabilité quant à la confusion des esprits qui règne parmi les catholiques. Parce que vous n'avez pas pris la mesure de l'instrumentalisation du débat sur le mariage pour tous par la frange réactionnaire du catholicisme français, et que vous avez laissé s'installer un flou sur des questions essentielles.
Si vous hésitez, Messeigneurs, à vous engager clairement, c'est, il faut le dire, parce que le loup est déjà dans la bergerie, et que vous craignez de l'affronter, pour l'en faire sortir. Il est temps de vous reprendre et de parler clair, haut, et fort, pour dire que tout ce qui peut d'une manière ou d'une autre conforter Marine Le Pen et affaiblir le camp des partisans d'une France démocratique, humaniste et capable de jouer un rôle décisif dans le renouvellement du projet européen n'est pas acceptable. Pour l'amour du père Hamel, assassiné à Saint-Etienne-du-Rouvray, honorez sa mémoire en osant prendre le risque d'une parole courageuse, vraie.
Si vous ne le faites pas, vous verrez s'accomplir cette parole de l'évangile : " Si le sel perd sa saveur, avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon à rien, sinon à être jeté et piétiné par les hommes. "
Jean-François Bouthors
© Le Monde
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lundi 1 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.055 : Poème de G. Apollinaire : MAI




De temps en temps, on a bien le droit de s'offrir un petit plaisir, n'est-ce pas ?
Oh ! Bien sûr, en cette fête de St Joseph artisan, il aurait pu être plus sage de vous proposer une prière à ce cher St Joseph ; mais que cela ne vous empêche pas de l'invoquer : notre pays en a bien besoin !
J'aurais pu aussi vous faire un énième commentaire par rapport à la difficile campagne électorale que nous vivons...
Foin de tout cela !  Voici un poème peu connu de l'un de mes auteurs préférés, que j'ai cité plusieurs fois déjà sur ce blog : le si talentueux Guillaume Apollinaire.
Laissons-le nous emporter paisiblement au fil des eaux du Rhin !  

MAI
 
Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913