Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

dimanche 21 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.059 : 50 ans d'ordination, le 2 juillet

Il y a quelques mois, je vous avais fait part d'un projet de fête pour le 2 juillet prochain.
Malheureusement, il m'est impossible d'envoyer une invitation particulière aux très nombreuses personnes que j'ai eu le bonheur de rencontrer, lors de mes précédents ministères en divers lieux.
Voilà pourquoi, par l'intermédiaire de ce blog, j'envoie une invitation générale à participer à cette fête, si vous le souhaitez.
Ce sera d'autant plus facile qu'il n'y a pas d'inscription. 
Ci-dessous, je vous joins tous les détails pratiques utiles, au cas où...
Vous pouvez faire suivre ce message, de ma part, à des personnes susceptibles d'être intéressées. 

Olivier Gaignet
12, place Hullin    85290    Mortagne-sur-Sèvre
06.87.10.18.87
olivier.gaignet@yahoo.fr

Bonjour à tous et à toutes,


Lorsqu’ils ont appris que j’allais fêter mes 50 ans d’ordination, un certain nombre de membres de ma famille, d’anciens paroissiens et d’amis m’ont fait savoir qu’ils aimeraient être présents. J’en suis profondément touché !  Voilà pourquoi, à la demande de plusieurs, je vous fais parvenir quelques précisions à propos de cette fête, qui aura lieu, tout près de Cholet, à Mortagne-sur-Sèvre, le dimanche 2 juillet prochain.

            Une fête partagée

Au départ, il n’était question que de mes 50 ans d’ordination. Mais nous avons pris conscience qu’il y avait sur la paroisse deux Frères de St Gabriel qui fêtent aussi cette année leurs 50 ans d’engagement religieux. De plus, pas moins de 15 couples de Mortagnais, avec lesquels je suis très lié, ont souhaité fêter en même temps leurs 40, 50, 55 ou 60 années de mariage !  Nous avons appelé cela "la fête de l'Alliance".

Après en avoir parlé en famille, nous nous sommes dit : plutôt que d’en rester à la fête d’un seul, pourquoi ne pas en faire une fête plus large, solidaire et fraternelle ?  Tout en laissant leur place à la famille, aux amis ainsi qu'aux anciens paroissiens !

Pour que la fête soit belle, venez avec des souvenirs forts que nous avons en commun, qui pourraient être partagés à tous. Je vous fais savoir qu’il y aura une sono et un grand écran. Et pas de frais à envisager, ceux-ci étant pris en charge généreusement par l’ensemble des jubilaires.

            Le lieu

Comme ce sera une fête « ouverte », un peu atypique, la messe se déroulera non dans une église, mais, ainsi que tout le reste de la journée, à la salle polyvalente de Mortagne, qui est très vaste et dispose d’un grand parking.

 Pour rejoindre ce « complexe municipal Stéphane Traineau », bien fléché, lorsque vous êtes arrivé à Mortagne, prendre la route de Poitiers (c’est le nom de la rue). Aux seuls feux qui existent dans cette rue, prendre à droite l’avenue des Madeleines ; à 100 m, au rond-point, prendre à gauche l’allée des Peupliers, jusqu’au bout (c’est sans issue, et il y a un stade au-delà). Alors, le parking est à gauche et la salle à droite. Voici l'adresse GPS au besoin  :  46.9885 et -0.94538.

            Le planning de la journée

.  8h30      :  des paroissiens prépareront la salle et accueilleront les personnes au fur et à mesure
.  10h30    :  messe festive
.  11h45     :  apéro
.  vers 13h :  repas partagé, avec diverses animations, interventions, chansons, évocation de souvenirs ou autres, de la part de tous ceux qui le souhaiteront : jubilaires, famille, amis de partout, paroissiens de Montfort-sur-Sèvre y compris
.  puis, en début d’après-midi, suite de ces manifestations diverses, diaporama, et tout ce que les uns ou les autres auront envie de partager.
.  bien sûr, on arrive quand on veut, et on repart quand on veut. Et à 18h au plus tard, nettoyage et remise en ordre de la salle par les amis Mortagnais.

            L’apéro et le « repas-partage »

.  l’apéritif et la boisson sont offerts par la paroisse, et des « amuse-gueule » auront été préparés.
.  pour le repas, chacun des couples jubilaires apportera un plat et un dessert collectifs, pain et boisson ;  le tout sera disposé sur une grande table dans la salle.
.  même chose pour les membres de ma famille, les anciens paroissiens et amis divers.
.  les Mortagnais et Saint Laurentais qui voudront se joindre à l’ensemble de la journée pourront apporter eux aussi un plat et un dessert partagé.
.  ainsi, il devrait y avoir largement assez pour ceux qui viendront de loin, cela leur évitant une charge supplémentaire.
.  le repas partagé, c’est une manière de vivre ce moment avec plus de convivialité.
.  les uns ou les autres pourront aussi apporter seulement leur panier et leurs boissons : tout sera possible !
.  le café sera fourni sur place.
.  tous ceux qui le peuvent sont invités à venir avec leurs assiettes, verres et couverts. On en aura aussi en supplément au besoin.
.  enfin, pendant le repas, s’ils le désirent, les personnes du Pays des Olonnes, de ma famille, de la région de Fontenay-le-Comte ou d'ailleurs pourront se regrouper autour de mêmes tables, dans la salle, pour pouvoir échanger, s’exprimer… Ou bien se mélanger avec d’autres, librement !
 
                        Je crois vous avoir résumé l’ensemble du projet.  Je reste à votre disposition pour tout renseignement supplémentaire.
                         Surtout, s’il ne vous est pas possible de venir, ne vous faites pas de souci !  Nous serons quand même unis de cœur, et c’est l’essentiel.


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            INSCRIPTION

 Il n’y en a pas !  Mais, sans obligation, si vous comptez venir, vous pouvez me le confirmer, par courrier ou par mail, à mon adresse ci-dessus, pour le mardi 20 juin ;  cela nous donnera une idée de la participation.

NOM…………………………………Prénom………………………………………………..

Nombre de personnes :  adultes…………..  jeunes…………  enfants……………………..

Peut faire part d’un souvenir…….. d’une chanson…….. ou quoi d’autre ?.......................

Toutes les initiatives seront les bienvenues !  Vous pourrez aussi me faire savoir le jour même si vous souhaitez exprimer quelque chose ou autre.

                                                             Au plaisir de nous revoir !

                                                             Avec toutes mes amitiés !

                                                                                                          Merci !

                                                                                                                 Olivier Gaignet




                                                                                                                                 Merci !




                                                                                 

jeudi 18 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.058 : La vraie jeunesse...

En des jours bien chargés, je n'ai guère le temps de tenir ce blog, et je le regrette profondément.
Cependant, je vous fais passer un message reçu hier d'une paroissienne, que vous connaissez sans doute déjà : il s'agit de la célèbre déclaration du Général Mac Arthur par rapport à ce qu'est la véritable "jeunesse".
Bonne réflexion !


« La jeunesse n'est pas une période de la vie, elle est un état d'esprit, un effet de la volonté, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l'aventure sur l'amour du confort.

L'on ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années. L'on devient vieux parce que l'on déserte son Idéal. Les années rident la peau ; renoncer à son Idéal ride l'âme.

Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont des ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.

Jeune est celui qui s'étonne et qui s'émerveille. Il demande, comme l'enfant insatiable : "Et après ?"

Il défie les événements et trouve la Joie au Jeu et à la Vie.

Vous êtes aussi jeunes que votre Foi dans la Vie. Vous êtes aussi vieux que votre doute. Aussi jeunes que votre confiance en vous-mêmes, aussi jeunes que votre espoir, mais aussi vieux que votre abattement.

Vous resterez jeunes aussi longtemps que vous resterez réceptifs. Réceptifs à ce qui est beau, bon et grand. Réceptifs aux messages de la Nature, des femmes, des hommes et de l'Infini.

Si, un jour, votre cœur allait être mordu par le pessimisme, rongé par le cynisme…, eh bien, que Dieu ait pitié de votre âme de vieillard ! »

dimanche 7 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.057 : "Ce n'est pas un Sacrement pour les vieux !"

Belle remarque faite il y a quelque temps, alors que nous préparions, avec les membres du SEM (Service Evangélique des Malades) les deux célébrations du Sacrement de l'onction des malades de ce mois de mai sur la paroisse, à Mortagne ce 7 mai, puis à St Laurent le dimanche 21 mai.
La preuve que "ce n'est pas un Sacrement pour les vieux", c'est qu'on peut le recevoir à tout âge !  Et nous avons évoqué ces jeunes, gravement atteints par la maladie, et qui ont souhaité recevoir l'onction des malades.
16 personnes en ce jour, bien entourées par la communauté paroissiale, et au cours d'une messe des familles, avec présence d'un certain nombre d'enfants, ont reçu ce Sacrement de force, de courage et de guérison.
Non, ce n'était ni des vieux ni des vieilles qui étaient là ! Mais des hommes et des femmes jeunes dans leur tête, ayant fait le choix de se remettre pleinement dans la main de Jésus le bon berger, le guérisseur plein d'amour, sur lequel ils ont désiré s'appuyer pour continuer le chemin.
Très représentatif, le témoignage lumineux apporté par Jeannette, au nom des 16 personnes en question.  Elle était interrogée par Elise, une enfant :

Elise : Pourquoi vous demandez le Sacrement des malades ?
Jeannette : Comme tu vois, je ne suis pas malade.  Je suis debout.
Mais, quand on avance en âge, on sent nos forces diminuer, on pense à la mort inévitable.  La fin de vie se fait plus proche.
D'autre part, on voit autour de nous des personnes dépendantes, qui ont besoin des autres pour se déplacer ou pour manger, des personnes qui souffrent physiquement ou moralement.
Je viens chercher ici du courage et des forces pour continuer la route.

Elise : A quoi ça sert, le Sacrement des malades ?
Tu vois, je suis très sensible à la parole de Jésus : "Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau et je vous soulagerai."
Quand on a des difficultés, le Seigneur est encore plus proche de nous.
Il nous soutient avec tendresse.
Je veux rester confiante dans le Tout-Puissant.
J'espère que ce Sacrement m'aidera à vivre certaines périodes plus difficiles de ma vie.
Le Christ vient à mon aide et m'envoie son Esprit.
Il me donnera le courage de supporter les épreuves.
Il m'aidera à rester proche et ouverte aux autres, pour répondre à leur attente.
Il m'accordera une paix intérieure et une vie sereine.

A toutes les personnes en souffrance, je voudrais dire ceci : si notre corps nous lâche et nous trahit, c'est alors que nous sommes le plus proches de Dieu.
Car il n'y a pas plus proche de Dieu que ce qui est fragile, vulnérable, fatigué ou blessé. C'est par ces blessures en effet, par nos failles, que Dieu peut enfin totalement pénétrer en nous.
A 100  ans, Sr Emmanuelle disait : "Vieillir, être malade, c'est diminuer.  Mais diminuer, s'effacer, c'est sans doute la meilleure façon de laisser Dieu grandir en nous."
Une sympathique réflexion du chanteur Félix Leclerc pour clore ce billet : "Ce n'est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne de vieilles pommes."
Courage !  A tout âge, nous avons un avenir infini devant nous !

mardi 2 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.056 : "Si le sel s'affadit..."


EVÊQUES, SORTEZ LE LOUP FRONTISTE DE LA BERGERIE CATHOLIQUE !
Paru dans "Le Monde"  29/4/2017
Les évêques doivent sortir de leur ambivalence face au FN et dire que les valeurs portées par Marine Le Pen s'opposent au message de fraternité des Evangiles, soutient le journaliste Jean-François Bouthors
Les évêques de France vont-ils être les Pilate paresseux et désillusionnés du second tour de l'élection présidentielle ? Le communiqué de la Conférence épiscopale publié lundi 24 avril dans le quotidien La Croix, qui se contente d'un vague appel au discernement sans appeler un chat un chat, indique que l'Eglise de France est sur la voie d'ajouter au désastre moral qu'a constitué sa manière de faire face à la pédophilie dans ses rangs l'ignominie de ne pas appeler les catholiques à rejeter catégoriquement le Front national. Comment pourraient-ils seulement laisser croire qu'il serait possible de se réfugier dans l'abstention ou le vote nul ou blanc qui sont une manière de dire que Marine Le Pen et Emmanuel Macron ce serait blanc bonnet et bonnet blanc.
Certes, d'ordinaire, il ne revient pas à l'Eglise de donner des consignes de vote. Nous ne sommes pas, Dieu merci, dans une république théocratique. Mais les circonstances présentes ne sont pas ordinaires. Il en va de valeurs éthiques fondamentales, dans une campagne où il est déjà visible que le Front national est déterminé à tous les maquillages, à tous les amalgames, à toutes les contrevérités, puisque cela a si bien réussi à Donald Trump. Quoi que l'on pense d'Emmanuel Macron et de son programme, ce que propose le Front national est insoutenable, même si Marine Le Pen se drape aujourd'hui dans un gaullisme de circonstance – alors que le clan Le Pen a toujours combattu de Gaulle et ses successeurs – et dans la posture proprement stupéfiante d'une Européenne -convaincue. Tout sera bon pour elle pour semer la confusion dont elle fait ensuite son miel. Vous ne pouvez pas, Messeigneurs les évêques, vous laver les mains de la banalisation d'un projet qui piétine toutes les valeurs évangéliques, alors même que le pape François ne cesse de rappeler ces valeurs et son inquiétude quant à la montée de l'extrême droite et de la -xénophobie en Europe.
On voit bien pourquoi vous hésitez à vous engager : vous n'êtes pas d'accord sur l'attitude à tenir, et vous préférez le consensus mou et le flou à la vérité. Vous pensez qu'il vaut mieux préserver l'unité de votre cénacle. Vous êtes prêts à sacrifier la France sur l'autel d'une unité de façade. Que ceux qui en ont le courage sortent de l'ambiguïté ! Que les masques tombent ! L'unité répétée comme un mantra est un mensonge. Ayez la force de ne pas être les complices tacites d'une catastrophe politique. Soyez les porteurs d'une parole droite et non les compagnons de route d'une parole perverse.
parler clair, haut et fort
Ne croyez pas que de toute façon Marine Le Pen sera battue. Les exemples américain et britannique – la victoire de Donald Trump et celle du Brexit – nous ont montré ce qu'il en est de ce genre de conviction. La réalité, c'est que le mensonge systématique et organisé est terriblement efficace, s'il n'est pas aussi systématiquement combattu et dénoncé. Or vous ne le faites pas ou si peu. Et si elle est battue, ne croyez pas que tout ira pour le mieux. Tant s'en faut. Si sa défaite n'est pas totale, le venin de la propagande frontiste continuera à pervertir la société française. Il n'est pas supportable de laisser une partie des catholiques s'égarer de ce côté-là.
Vous portez déjà une vraie responsabilité quant à la confusion des esprits qui règne parmi les catholiques. Parce que vous n'avez pas pris la mesure de l'instrumentalisation du débat sur le mariage pour tous par la frange réactionnaire du catholicisme français, et que vous avez laissé s'installer un flou sur des questions essentielles.
Si vous hésitez, Messeigneurs, à vous engager clairement, c'est, il faut le dire, parce que le loup est déjà dans la bergerie, et que vous craignez de l'affronter, pour l'en faire sortir. Il est temps de vous reprendre et de parler clair, haut, et fort, pour dire que tout ce qui peut d'une manière ou d'une autre conforter Marine Le Pen et affaiblir le camp des partisans d'une France démocratique, humaniste et capable de jouer un rôle décisif dans le renouvellement du projet européen n'est pas acceptable. Pour l'amour du père Hamel, assassiné à Saint-Etienne-du-Rouvray, honorez sa mémoire en osant prendre le risque d'une parole courageuse, vraie.
Si vous ne le faites pas, vous verrez s'accomplir cette parole de l'évangile : " Si le sel perd sa saveur, avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon à rien, sinon à être jeté et piétiné par les hommes. "
Jean-François Bouthors
© Le Monde
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lundi 1 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.055 : Poème de G. Apollinaire : MAI




De temps en temps, on a bien le droit de s'offrir un petit plaisir, n'est-ce pas ?
Oh ! Bien sûr, en cette fête de St Joseph artisan, il aurait pu être plus sage de vous proposer une prière à ce cher St Joseph ; mais que cela ne vous empêche pas de l'invoquer : notre pays en a bien besoin !
J'aurais pu aussi vous faire un énième commentaire par rapport à la difficile campagne électorale que nous vivons...
Foin de tout cela !  Voici un poème peu connu de l'un de mes auteurs préférés, que j'ai cité plusieurs fois déjà sur ce blog : le si talentueux Guillaume Apollinaire.
Laissons-le nous emporter paisiblement au fil des eaux du Rhin !  

MAI
 
Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

dimanche 30 avril 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.054 : "On est chez nous ! On est chez nous !""

S'il y a une vision que je ne supporte pas, et pas seulement pendant cette période électorale, c'est le spectacle affligeant de militants du FN scandant à tue-tête le slogan : "On est chez nous !  On est chez nous !" Or, inlassablement, et depuis de nombreuses années, les partisans du FN reprennent à tout bout de champ ce slogan-phare du logiciel frontiste, lors des meetings ou des réunions du parti.  Avec, en corollaires immédiats d'ailleurs, l'affirmation de la préférence nationale, ainsi que le rejet massif de l'islam et des adeptes de cette religion dans notre pays.
Aux critiques de tous bords sur une telle attitude, Marine Le Pen de répondre, comme à Clairvaux-les-Lacs, dans le Jura, en février, mais aussi ailleurs : "Mais non, ce n'est pas un cri de xénophobie ; c'est un cri du coeur, un cri d'amour pour ce qui nous appartient : notre pays. Oui, vous êtes chez vous !" a-t-elle ainsi affirmé, avec une profonde assurance.
Sans se rendre compte d'ailleurs qu'elle se situe ainsi en contradiction totale avec ce que nous enseigne la grande tradition biblique. Il y aurait tant de textes à citer...  en voici deux seulement, à titre de témoignage :
-  Lévitique 25/23 : "La terre ne vous appartient pas !  Elle appartient à Dieu !"
-  Deutéronome 27/19 : "Qu'il soit maudit, celui qui ne respecte pas les droits d'un étranger installé chez vous !  Et tout le peuple répondra : "Nous sommes d'accord !"
Comme l'a exprimé la députée européenne Sylvie Goulard cette semaine lors de l'émission "Face aux chrétiens" sur RCF : "Le programme de Marine Le Pen ne va pas franchement dans le sens de l'Evangile. Quand on fait des différences sur les origines des personnes, on est très loin de l'Epître aux Galates (3/28) : "Vous êtes tous fils de Dieu (...).  Là, il n'y a plus de distinctions : il n'y a plus ni juif ni grec, il n'y a plus ni esclave ni homme libre (...). Tous, vous êtes devenus un dans le Christ."
Personnellement, durant plus de 9 ans, j'ai vécu cette condition d'étranger en Afrique, et c'était dans un pays massivement de religion musulmane, au Mali. Mais jamais je n'ai ressenti un quelconque sentiment de rejet de la part de ces populations musulmanes.  J'organisais pourtant alors des temps de formation, des rencontres, des camps, des sorties, des activités scolaires, sportives ou autres avec une majorité de jeunes musulmans. On aurait pu me le reprocher, et pour cela, m'écarter, me maudire ou m'exclure : ce ne fut pas le cas ! Les Africains seraient-ils d'un esprit plus ouvert que les adeptes du Front National ?  Je ne suis pas loin d'en être persuadé !  Il est vrai que, pour tout vrai musulman, comme me le répétait souvent un imam de mes amis : "d'après le Coran, "l'étranger est un cadeau de Dieu !" 
Ah ! J'oubliais... D'après le sondage Pélerin/Ifop, "seuls" 15% des pratiquants réguliers ont voté pour Marine Le Pen ; contre 25% il est vrai aux élections régionales en 2015. Cette baisse est à souligner ! Mais il y a sans doute à redire sans se lasser qu'il y a des valeurs de l'Evangile à ne pas oublier !

jeudi 27 avril 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.053 : "Je souffre sans haine"

Il nous arrive souvent de critiquer les médias, qui ont plutôt tendance à nous présenter la face sombre des personnes et des événements.  Et pourtant, nous devons beaucoup à ces mêmes médias qui, de temps à autre, mais quotidiennement pourtant, savent aussi nous offrir de réelles paroles de paix et de beaux gestes de lumière.
La Résurrection au jour le jour, cela existe en effet, à qui sait regarder, à qui sait aimer.
Nombre de nos contemporains doutent de la Résurrection de Jésus ; il est vrai que, hors la foi, il n'est pas évident d'y adhérer. Et pourtant, cela n'empêche pas le Christ de répandre sur chaque humain et sur tout l'univers la force de sa victoire sur la haine et la mort.
Il serait possible de partager une foule d'exemples à ce sujet ; je m'en tiendrai à un fait : l'émouvant hommage rendu par son compagnon au capitaine Xavier Jugelé, ce policier tué récemment sur les Champs-Elysées. Lors de l'hommage national rendu le mercredi 26 avril à la préfecture de police de Paris, retransmis sur toutes les télés, Etienne Cardiles, entre autres, a déclaré ceci : "Je suis rentré le soir, sans toi, avec une douleur extrême et profonde qui s'apaisera peut-être un jour, je l'ignore. Je souffre sans haine. J'emprunte cette formule à Antoine Leiris, cette leçon de vie qui m'a tant fait grandir qu'elle me protège aujourd'hui : "Vous n'aurez pas ma haine."  Cette haine, Xavier, je ne l'ai pas, parce qu'elle ne te ressemble pas. Parce que la tolérance, le dialogue et la tempérance étaient tes meilleurs armes (...)."
A titre de rappel, Antoine Leiris est un journaliste dont la femme a été assassinée le 13 novembre 2015, au Bataclan. Le 20 novembre, il a publié une lettre aux tueurs intitulée : "Vous n'aurez pas ma haine !"
En entendant les paroles d'Etienne, je me suis dit : devant un tel courage, une telle force de coeur, impossible de douter de la grandeur de l'homme ni de l'avenir de l'humanité !  Je pensais à ces deux citations recueillies il y a quelques jours seulement :
-  Maxime Gorki : "Un homme, ça sonne fier !"
-  Jean Jaurès : "La fidélité aux morts, ce n'est pas de porter leurs cendres, c'est de brandir leurs flambeaux."
Et voici que, tout à coup, la spirale de la violence et de la mort sont interrompues par un Antoine Leiris, qui entraîne ensuite Etienne Cardiles, et pourquoi pas, bien d'autres, hors des affres et des griffes du ressentiment sans fin, de la soif de la vengeance et de la haine qui n'en finit pas.
Pourquoi ne pas faire alors cette prière au plus profonde de notre coeur : "Victoire, tu régneras, ô Croix, tu nous sauveras."
Imperceptiblement, au coeur de notre société, le Ressuscité est présent.
Comme nous a appris à le chanter le psalmiste, avec foi et espérance : "La terre entière, Seigneur, est remplie de ton amour ! " (psaume 33/5)

dimanche 16 avril 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.052 : A la santé du Christ ressuscité !

Parmi les nombreuses joies de Pâques dont, en tant que prêtre, je rends grâce en ce jour, il y a cette sympathique invitation, hier soir à l'issue de la Veillée pascale, et ce matin, après la messe, de venir partager le verre de Pâques, de la part de Fifi, mon sympathique voisin, patron populaire du bar tout proche du presbytère.
Hier soir, c'était trop tard ! Ce matin, après la messe, j'ai pu partager un moment de paix avec les clients du bar, dont aucun d'ailleurs n'avait participé à cette messe.
A la santé du Christ ressuscité !  Et nous avons trinqué.
J'avoue avoir eu alors une pensée peut-être un peu osée : et si ce vin blanc partagé avait quelque chose à voir avec le vin de Pâques, le sang du Christ en croix ?
A tous ces gens présents, je n'allais pas faire un discours sur le mystère de la Résurrection, mais, comme pasteur, j'ai fait, au plus profond de mon coeur, une prière au Ressuscité, pour lui confier tous ses enfants, conscients ou non de son sacrifice pour nous sauver du péché.
"Pas trop fatigué, M. le Curé ?" m'a demandé gentiment l'un des habitués de ce lieu de partage, ajoutant : "Surtout avec ces deux sépultures que vous avez faites..."  (C"est ce qui était le plus tangible pour lui, dans ce que j'ai pu faire cette semaine...).
Il est vrai que la semaine a été rude, et que je sens peser sur mes épaules le nombre des années.  Mais je ne suis pas le seul ; nombre de prêtres, souvent plus très jeunes, appréhendent de ne plus pouvoir répondre autant qu'ils l'aimeraient aux appels des paroissiens.
Avant que je quitte le bar, l'épouse de Fifi, Sophie m'a fait cadeau d'une belle poche de succulents chocolats de Pâques ; à partager bien sûr !
Cela me donne l'occasion de dire un immense merci à tous ces hommes et ces femmes, ces enfants, qui ont tout donné durant cette grande semaine pour la beauté de nos cérémonies.  A la sortie de la messe ce matin, comme à la fin de la célébration du Jeudi-Saint, ou de la Veillée pascale, les uns et les autres ont fait part de leur joie.  Je leur ai bien dit que, vu de mon côté, je n'étais pas forcément enchanté de ce que j'avais pu faire ou dire, mais tous alors m'ont arrêté pour me tranquilliser : ils sont trop fraternels !
Il est vrai que, quand je vois le nombre d'enfants présents à la Veillée pascale par exemple, quand je mesure la surprise de voir que, pour la 1° fois en 5 ans de Veillées pascales sur cette paroisse, nous avons enfin réussi à mettre en mouvement la moitié de l'assemblée pour une farandole autour du feu de Pâques, quand l'on compte le nombre de personnes qui se sont mobilisées pour la réussite de cette Veillée, des personnes auxquelles l'on n'avait souvent jamais rien demandé, je mesure les avancées et en remercie le Seigneur !
Un dernier témoignage : hier après-midi, juste avant la Veillée, je prenais connaissance d'un mail d'amis Mortagnais, non pratiquants, m'écrivant ceci :
"Bonjour Olivier ! Nous pensons que tu as bien du travail en cette période de fête, à laquelle s'ajoutent bien d'autres moments émouvants pour certaines familles (allusion aux 2 sépultures de la semaine), même si parfois, un peu de repos te ferait du bien.  C'est un réconfort de pouvoir partager et chercher ensemble les réponses à nos questions. Quant à nous, nous sommes actuellement assez occupés par des soucis de santé. X... commence sa chimio la semaine prochaine (cancer). Mais, en cette période où nous fêtons la résurrection, nous croyons en la vie. Nous mettons tous les moyens pour vivre à plein et "gai-rire".  X... n'est pas démuni : "je me sens très bien entouré et aimé." Nous tenons à te remercier pour la qualité de ton écoute ; elle nous aide à trouver notre chemin, comprendre notre mission et réagir aux événements de la vie.  Bien amicalement "  X... et Y..."
Christ est ressuscité !  Oui, il est vraiment ressuscité !  Alleluia !
Et prions-le surtout pour les personnes qui, en souffrance, n'arrivent pas à voir clair dans leur relations difficiles ni dans leur propre vie !  Seigneur, aide-les à comprendre combien, en dépit, envers et contre tout, tu es venu les libérer, les pacifier et les sauver !

P-S : Avec encore mes excuses pour la rareté de mes billets !  Navré de vous décevoir...  Mais les journées ne  sont-elles pas trop courtes ?

vendredi 14 avril 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.051 : La Messe, et après ?

Je me permets de vous transmettre le texte d'une intervention que j'ai faite dimanche dernier, jour des Rameaux, à la basilique de St Laurent-sur-Sèvre, sur le thème de la liturgie de l'envoi, en fin d'eucharistie.
Je ne comptais pas la faire passer sur ce blog, vu sa longueur ; mais je le fais cependant, suite à la demande d'un certain nombre d'auditeurs.
Pour explication, chaque après-midi de dimanche de Carême avait lieu une intervention du même type, qui avait pour but d'aider à mieux découvrir chacun des temps de la messe.



Les différentes formes de la présence du Christ dans l’Eucharistie.
La liturgie de l’envoi

Bonjour à vous chers amis, et bravo pour votre courage à être présents et priants en cette Basilique alors qu’au dehors s’épanouissent les fleurs de printemps et que le soleil brille de tous ses éclats.
C’est donc à moi qu’il revient, et je remercie le Père Paulin et le conseil du sanctuaire pour leur confiance (mais vous serez peut-être déçus…), c’est donc à moi qu’il revient de clore ce cycle d’enseignement de carême, autour de la présence de Jésus, sous différentes formes, au fil de la liturgie de la messe.
 Aujourd’hui donc, la liturgie de l’envoi. Vous allez penser : « Mais il ne va pas avoir grand-chose à dire : Ite, Missa est, et tout est fini » ! Ça, c’est plus facile à comprendre que le mystère de la transsubstantiation. En un mot, tout est fini, vous pouvez circuler !  Oui mais, attention, ce n’est pas si sûr ! 

1 - Quelle est la signification de la liturgie de l’envoi ?

Reprenons la formule traditionnelle : « Ite, missa est », formule traduite habituellement par « Allez, la messe est dite, la messe est finie ». Je vous mets en garde, il s’agit ici d’un contre-sens. « Missa » est un adjectif féminin qui vient du verbe latin « mittere », qui signifie « envoyer » (et non « terminer »). Littéralement il faut traduire : « Ita : allez », « missa est : elle est envoyée ». « Missa » étant au féminin, on peut dire que cela signifie vraisemblablement : « Missa est », « l’Église est envoyée ». Vous arrivez à suivre ?
Le problème, c’est que le contre-sens dont je viens de parler demeure vivace dans la tête d’un certain nombre de chrétiens pour lesquels, à la fin de la messe, tout est terminé jusqu’au dimanche suivant.
Or, il y a un mouvement très dynamique dans ces quelques mots, tant dans la formule latine « Ite, missa est », « Allez, l’Église est envoyée », que dans la formule actuelle : « Allez dans la paix du Christ ».
« Allez » en effet ne veut pas dire : « retournez tranquillement chez vous, vous avez accompli votre « devoir » dominical, vous êtes en règle avec le Seigneur jusqu’à dimanche prochain ». C’est beaucoup plus que cela ! Lors de la messe, nous avons vécu un temps d’écoute de la parole, un temps de communion avec le Christ et avec tous nos frères et, je vous renvoie aux enseignements précédents, nous avons été regonflés, nourris, transformés. Mais à présent, à l’appel du prêtre, ou du diacre : « Allez dans la paix du Christ », nous sommes invités à nous disperser, à passer de ce sanctuaire de pierres qu’est l’église, pour nous répandre dans cet autre sanctuaire qu’est l’univers.
Nous avions formé une communauté de louange à l’église, nous allons à présent faire retentir cette louange dans nos quartiers, dans nos familles et sur toute la terre, par notre façon de nous comporter, de servir. En d’autres termes, lorsque nous avons quitté l’église, nous avons quitté le Christ sous la forme de la Parole, de l’Hostie, pour le chercher, le trouver autrement dans la vie quotidienne, et le servir à travers les autres.
Je vais vous poser une devinette : « Savez-vous quelle est la différence entre une messe et un match de foot » ? Au foot, on s’entraîne pendant toute la semaine pour ne jouer le dimanche que 90 minutes et rentrer des buts. Mais chez les chrétiens, le dimanche, à la messe, on s’entraîne à rencontrer le Christ pendant 60 à 70 minutes, pour jouer ensuite sur le grand terrain du Royaume de Dieu, et rentrer des buts de fraternité pendant tout le reste de la semaine ; soit 1 heure d’entraînement pour mieux vivre les 167 autres heures de la semaine.
En conclusion de ce premier point, 4 précisions :
·          Les annonces, ou plutôt, la vie de la paroisse, ne donnent pas que les heures de temps de prières dans le sanctuaire, elles nous invitent à nous bouger pendant la semaine qui suit, à mettre en pratique ce que nous avons découvert lors de l’eucharistie du dimanche. Par exemple, comme cela nous a été proposé ce matin à la messe, cette semaine, à nous demander à qui autour de nous, nous pourrions proposer de recevoir le sacrement des malades… En un mot, nous sommes invités à ne pas garder le Christ pour nous.
·          « Le Seigneur soit avec vous ». Formule banale, à laquelle on peut répondre sans réfléchir. 4 fois pendant la messe elle est utilisée, elle exprime le mystère même de Jésus, dont le prêtre vous souhaite qu’il vous accompagne, afin que vous ne demeuriez pas seuls à vous débattre face à vos difficultés. L’Emmanuel, Dieu avec nous jusqu’à la fin des temps.
·          « Que Dieu tout puissant vous bénisse… ». Au moment de quitter cette terre au jour de l’Ascension, avant d’envoyer ses disciples en mission, l’évangéliste nous dit que Jésus, levant les mains, les bénit. Ce n’est pas le prêtre qui bénit ; mais il demande au Seigneur de bénir les chrétiens présents, et il les marque de la croix de Jésus.
·          « Allez dans la paix du Christ ».

2 - Á quoi nous sommes envoyés ? Á qui ?

A servir Dieu parmi les plus démunis.
Renouvelés, réconfortés, ressuscités, libérés, par cette action transformante du Christ  expérimentée au cours de la messe, pourquoi ne lutterions-nous pas pour travailler à libérer nos frères ?
Là, il nous faut faire mentir ces remarques terribles selon lesquelles, pour Nietzsche par exemple, « au sortir des messes, les chrétiens n’ont pas des têtes de ressuscités », mais plutôt parfois, comme le regrette le pape François, « des têtes de piment au vinaigre ».  Ou ce dicton horrible selon lequel : « Ouais, ils vont à la messe, mais ils ne sont pas meilleurs que les autres » !
Car la mission qui nous est confiée commence dès la façon dont les paroissiens se situent les uns par rapport aux autres, lors des fins de messe. Avec cette façon d’éviter telle personne car on est en désaccord avec elle, de ne pas saluer telle autre qui passe près de votre groupe, ou de dénigrer dans la liturgie telle façon de faire, telle attitude du prêtre, d’un lecteur, de la chorale, qui nous a déplu…
Préférons le type d’échange suivant : un dimanche après la messe un couple en lien avec des Syriens a été invité à déjeuner chez des amis non pratiquants. Ce couple qui sortait de la messe a partagé son souci de voir que Youssouf, malgré ses démarches à Pôle Emploi, ne trouvait pas de travail. Leur ami dit alors : « Comment cela se fait-il ? Je cherche un manœuvre depuis 2 mois et Pôle Emploi ne m’a pas signalé cette demande, pourquoi » ? Dès le lendemain, le lundi, Youssouf, accompagné de ses soutiens du Secours Catholique, est repassé à Pôle Emploi, où il a fallu insister, mais il a eu enfin l’accord pour accéder à ce travail. En servant Youssouf, ce couple croyant, mais aussi leur ami non croyant, ont ensemble servi le Christ présent dans ce migrant.
J’ai cité ce geste car le conseil du sanctuaire a souhaité que j’insiste sur le fait que la liturgie de l’envoi, à la fin de la messe, invite bien les chrétiens à porter le souci, hors de l’église, de rencontrer Jésus, présent dans chaque personne, particulièrement dans celles que le monde délaisse : les pauvres, les réfugiés, les personnes qui vivent dans la solitude, les malades. C’est le Père Joseph Wrésinsky, fondateur d’ATD-Quart Monde, qui déclarait : « D’emblée, il faut faire la jonction entre le Christ et les pauvres, car ils ne font qu’un ».
Certains vont peut-être s’exclamer : « Mais là, on est loin de la messe, de la liturgie dont il devait être question »… Ce serait oublier le lien fondamental entre l’acte liturgique de l’eucharistie, et l’acte liturgique du lavement des pieds au cœur de la liturgie du jeudi saint. Et ce à quoi le chrétien est appelé, c’est à vivre une existence eucharistique à travers toute sa vie. La place de l’Église en effet, la place du chrétien, c’est d’être à genoux aux pieds du monde, et particulièrement devant les plus pauvres, qui sont comme les icônes du Christ.
Dans le journal « La Croix » du 30 mars, un supérieur de séminaire du Sri Lanka déclarait : « Je constate que la nouvelle génération de prêtres vient chercher une vie facile et confortable, au milieu d’un peuple pauvre et éprouvé, alors que, ajoute-t-il, nous devons prendre des risques, et nous confronter aux dangers du monde. »
Le diocèse de Rennes vient de lancer un synode avec 4 axes principaux, dont la place à donner aux plus pauvres, à tous ceux qu’on ne voit pas dans nos églises : les réfugiés, les homosexuels, les isolés, etc… En reprenant cet appel du prophète Isaïe : « Tu partageras ton pain avec celui qui a faim (épicerie solidaire), tu accueilleras chez toi les pauvres sans abri (migrants), tu vêtiras celui que tu vois nu, tu ne te déroberas pas à ton semblable, car il est ta propre chair » (Isaïe 58,7).
« Tu vêtiras celui qui est nu ». Le Père de Montfort, avant d’être prêtre, lorsqu’il faisait ses études, fit une quête dans sa classe pour que l’on puisse fournir un costume à un jeune de la classe dont les habits étaient en loques.
Pour illustrer ce qui est demandé au sortir de la messe, dans une attention particulière aux plus démunis, pas de meilleur exemple que la façon dont se comportait le Père de Montfort, dont toute la vie a consisté à se soucier des plus démunis. Ce n’était pas là pour lui un choix politique, mais un choix évangélique. En eux, il reconnaissait et honorait le Christ. Et il y avait, dans sa spiritualité, un grand équilibre, une belle complémentarité entre la messe et la vie.
L’on s’attriste parfois de ne pas voir nos églises pleines lors des eucharisties. Mais ne perdons pas nos énergies à nous lamenter, avec des « têtes de piment au vinaigre ». Rendons plutôt grâce à Dieu pour tous ces chrétiens qui mènent une existence eucharistique à travers toute leur vie, c’est-à-dire, une existence imprégnée du mystère sauveur de Jésus.
  Je pourrais citer de nombreux exemples de la façon dont chez nous, des chrétiens se mettent à genoux devant les plus démunis comme devant le Christ en lui :
·        L’hospitalité montfortaine,
·        Les visites des malades et des personnes âgées à l’EHPAD Sagesse, à la maison de retraite Montfort, à l’hôpital Saint-Alexandre, dans les quartiers…
·        Le transport solidaire,
·        L’alphabétisation,
·        L’action de l’ACAT,
·        L’épicerie solidaire
·        L’accueil d’un enfant handicapé dans l’école Saint-Léger,
·        Les invitations à des repas (Noël, fêtes…)
Cette révélation, selon laquelle Dieu est présent dans les plus petits, les plus pauvres, qui court à travers tout l’Évangile, elle va, il est vrai, à contre-courant de notre inclination à aller vers ce qui brille, ce qui est riche et puissant ; c’est une vérité contrariante pour certaines figures en politique, mais aussi, pour nous chrétiens.
Or, si l’on souhaite vraiment trouver le Christ, c’est bien le plus exclu, le plus rejeté, le pauvre Lazare de l’Évangile que personne ne songe à visiter ou à inviter, qu’il faut rechercher.
D’ailleurs je vais vous faire une confidence : s’occuper des autres, c’est s’occuper de soi, ou plus exactement, permettre au Seigneur de se révéler en soi et, à travers notre petite personne, de faire rayonner sa lumière. Comme si c’était Dieu en personne qui agissait alors, à travers les hommes et les femmes de bonne volonté.
Oui, je viens de parler des hommes et des femmes de bonne volonté, et pas seulement des chrétiens. Car l’un des miracles de l’eucharistie, c’est que, à travers le salut célébré, c’est non seulement nous, mais le monde entier qui est transfiguré. Si bien qu’il ne faut pas s’étonner de voir de nombreux non pratiquants très actifs dans le Secours Catholique, par exemple.
Ne nous plaignons pas qu’ils ne soient pas à la messe, mais c’est grâce à notre propre participation à la messe, à notre prière, faite en leur nom, qu’ils trouvent peut-être la force de servir le plus petit comme le ferait Jésus. Chacun devenant alors comme le disait Isaïe « lumière de midi » : « Si tu partages ton bien, ta lumière alors se lèvera dans les ténèbres, et tes nuits deviendront lumière de midi » (Isaïe 58, 9-10).
Pratique cultuelle, pratique évangélique : les deux temps de la respiration du chrétien.
Et puisqu’on est en période de réflexion par rapport aux grands choix à prendre pour l’avenir de notre pays, de l’Europe et du monde, donnons-nous toujours plus de temps pour prier, pour contempler l’action du Christ lavant les pieds de ses disciples, et puisons dans son exemple la route à suivre, les choix à faire, pour que le sacrifice eucharistique porte en nous de beaux fruits tout au long de la semaine qui suit.



C’est notre vie qui nourrit notre prière eucharistique et vice-versa :
·        Quand on se rassemble à l’église, c’est un appel à vivre davantage dans une belle relation entre nous hors de l’église.
·        Quand on se reconnait pécheur, il ne s’agit pas seulement de chanter un beau cantique de pardon, ni d’accomplir un rite formel : on reconnait telle faiblesse précise commise dans la semaine.
·        Chanter « Gloire à Dieu », c’est s’habituer à chanter « Gloire à Dieu » aussi dans la semaine pour tout ce que l’on voit de beau autour de nous.
·        Écouter une lecture, comme le lavement des pieds, c’est trouver en Jésus la force ensuite de laver les pieds, de servir comme lui.
·        L’offertoire : un temps mort ? Un moment où l’on chante un beau chant ? Attention, n’oublions pas le sens de l’offertoire : apporter notre vie, la vie du monde, les présenter au Seigneur.
·        La prière eucharistique : on se rappelle chaque fois que ce n’est pas la mort qui a le dernier mot ; c’est utile pour notre propre vie, pour aider les familles endeuillées ; par rapport aux élections, notre pays ne court pas vers sa mort. C’est l’Amour qui aura le dernier mot !

Tout cela c’est la respiration de l’Église ; à la messe, on aspire la force de Dieu, on s’y remplit les poumons de sa présence et de son amour ; puis, par nos attitudes et nos paroles , dans notre vie ensuite, l’on peut répandre ensuite ce souffle mystérieux et plein de l’oxygène du ciel, autour de nous.
Et le dernier mot de la messe, ce n’est pas « Amen », car cette respiration ne s’arrête jamais, si on se laisse sans cesse oxygéner et ventiler le cœur par le Seigneur.

Père Olivier GAIGNET,
                                                                                              Curé de Montfort-sur-Sèvre

dimanche 2 avril 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.050 : La France au fond du tombeau ?

Tout d'abord, je vous prie de m'excuser de ce long silence : je n'ai pas eu la possibilité matérielle d'écrire des billets ces derniers temps, et j'en suis navré !
Je reviens sur ce sentiment étrange que nous partageons tous, vis-à-vis de l'importante élection qui nous attend. Beaucoup ne savent à quel saint se vouer... Si d'ailleurs "saint" il y a !  Alors, les uns de se replier sur eux-mêmes, d'autres de sauter dans le char de celui qui fait le plus de bruit, d'autres encore de souffrir en silence, en essayant de n'en rien laisser paraître...Tandis que quelques-uns s'accrochent désespérément aux basques de tel ou tel candidat pourtant déjà largué et de loin.
En ce 5° dimanche de carême, la liturgie propose à notre méditation la scène de la résurrection de Lazare (Jean 11/1-45). Dans cette histoire, comme aujourd'hui, il y a un mort, mais Jésus n'est pas là, bien que le défunt soit l'un de ses amis très chers.  La famille, les proches, sont laissés à eux-mêmes.  Le temps passe, aucune solution en vue... Le décès semble bien définitif. D'ailleurs, Marthe, l'une des soeurs de Lazare, dira à Jésus, lorsque celui-ci, enfin arrivé, demandera que l'on ouvre le tombeau : "Seigneur, il sent déjà ; c'est le quatrième jour qu'il est là..."
Adaptons à notre situation : il semblerait qu'il y ait un mort aussi chez nous, en France : c'est l'esprit d'espérance et de fraternité. Collectivement, nous sommes en train de l'enterrer. D'ailleurs, il y a foule aux obsèques ; et tout le monde a les larmes aux yeux et de la peine au coeur. Il est certain que, face à une situation aussi grave, l'on aurait bien besoin d'un homme providentiel, autrement dit, d'un sauveur.  Malheureusement, celui-ci ne semble pas être là. De Gaulle est lui-même mort depuis longtemps, et Jésus n'est plus en Galilée... Alors, laissée à elle-même, la famille "France" crie, pleure, trépigne, s'indigne et désespère : "Ah ! S'il y avait un sauveur (un bon dieu) !"  Malheureusement, comme disait Marthe, "ça sent déjà", et ça sent le pourri...  En un mot, ça sent la mort !
Dès lors, que peut-il se passer ?  Il est sûr que Jésus pleure sur notre pays, comme jadis à Béthanie ; mais en même temps, malgré les apparences, il ne reste pas inactif : non seulement il est saisi d'émotion, mais il accompagne la famille France, appelé au secours par notre foi et notre prière (si tel est le cas !). En même temps, lui-même lève les yeux au ciel et prie le Père, en le remerciant par avance pour la résurrection de Lazare qui va advenir. Et alors, Lazare, pieds et mains liés par des bandelettes, est enfin sorti vivant du tombeau.
Eh bien, aux messes d'hier soir à Evrunes comme à Mortagne ce matin, j'ai vu de mes yeux cette résurrection en cours, à travers ces deux messes à l'occasion de la journée nationale du CCFD : de très beaux témoignages, de l'ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture, d'une enfant du caté racontant ce que sa mamy lui avait dit d'une innovation avec des enfants Roms en Slovaquie, d'une action avec des femmes aux Philippines et d'un combat avec des ouvrières au Cambodge.
Nicolas Hulot : "Le monde associatif en France mobilise plus de 13 millions de personnes. Ce sont des personnes altruistes, mais qui ne font pas beaucoup de bruit. C'est une sorte de majorité silencieuse qui aide la société à ternir et à laquelle nous demandons aujourd'hui de se compter en répondant "présent".  Pour peser dans le sens de la solidarité sur le débat politique ouvert par la présidentielle, mais aussi bien au-delà."
Non, la France n'est pas morte !  Et la Terre est toujours vivante, tant qu'à la base, des hommes, des femmes, des enfants, avec le CCFD comme en lien avec tant d'autres personnes ou associations et engagés politiques, se battront pour faire émerger un monde plus juste, qui sente bon l'espérance et la fraternité !
"Marthe, quiconque vit et croit ne mourra jamais.  Crois-tu cela ?"  A chacun de se laisser interpeller et réveiller, et même ressusciter, par cette question de Jésus !

dimanche 19 mars 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.049 : Débat politique actuel : et si on relisait la Bible ?

Je viens de prier avec l'Office des lectures que l'Eglise propose aux Prêtres, dans le bréviaire, pour ce 3° dimanche de Carême, et je ne résiste pas au plaisir de vous partager quelques extraits du livre de l'Exode (22, 20 - 23,9) : des passages qui peuvent nous stimuler, au coeur du débat politique que nous vivons !

Tu n'exploiteras ni opprimeras l'émigré, car vous avez été des émigrés au pays d'Egypte.

Vous ne maltraiterez aucune veuve ni aucun orphelin.  Si tu le maltraites et s'il crie vers moi, j'entendrai son cri, ma colère s'enflammera.

Si tu prêtes de l'argent à mon peuple, au malheureux qui est avec toi, tu n'agiras pas avec lui comme un usurier.

Tu ne maudiras pas celui qui a une responsabilité dans ton peuple.

Tu ne rapporteras pas de rumeur sans fondement.

Ne prends pas le parti d'un coupable par un faux témoignage.

Tu ne suivras pas une majorité qui veut le mal.

Tu te tiendras éloigné d'une cause mensongère.

Tu n'accepteras pas de cadeau, car le cadeau aveugle les clairvoyants et compromet la cause des justes.

Problèmes d'aujourd'hui et de toujours !  "Rien de nouveau sous le soleil", disait déjà l'Ecclésiaste (1/9)... Et si l'on prenait enfin tous au sérieux, tant les électeurs que les élus, l'appel biblique à construire un monde plus juste ?  A méditer !


mardi 14 mars 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.048 : Le complexe du coq

Lors de l'homélie au cours de la messe de ce mardi matin à Mortagne, j'ai commenté cette phrase de l'évangile du jour où Jésus déclare : "Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués." (Matthieu 23/1-12)
Cela m'a fait penser à ce que j'ai entendu jadis lorsque j'étais en mission au Mali, à propos d'un défaut particulièrement développé chez les Français, et que l'on nomme là-bas "le complexe du coq".   Vous savez, ce besoin que l'on éprouve d'être mis en valeur, d'être remarqués, que l'on fasse attention à nous, d'être au centre des regards ; en un mot, d'écarter tout rival pour être enfin le premier...
Valls ou Macron ?  Hamon ou Mélenchon ?  Sarko ou Fillon ?
Les Maliens, mais aussi les missionnaires d'autres nationalités aimaient nous chatouiller avec cette histoire du coq gaulois qui, même quand il a les pattes dans le fumier, ne manque pas de chanter "cocorico" en toute circonstance, d'un air supérieur et tout en se rengorgeant.
Ne retombons pas sur le dos de ces pauvres politiques, lesquels, plus que de critiques, ont bien besoin de notre compréhension !  Cependant, il serait bon que ceux-ci arrêtent de se prendre tous plus ou moins pour le coq de la basse-cour qui a la plus belle voix !
D'ailleurs, ce complexe du coq est loin d'être réservé aux seuls politiciens !  Qui ne connaît tel ou tel président d'association qui se prend vraiment pour le meilleur, et n'envisage pas un instant de laisser sa place ou son rang ?  Qui n'a jamais eu à faire avec ces personnes qui tiennent leur responsabilité à bras le corps, mordicus, envers et contre tout, comme si cela était leur propriété personnelle ?...
Le complexe du coq : tout faire pour être reconnu !  L'inverse de ce que l'on attend d'un authentique serviteur ... Mais que nous dit donc Jésus sur la question ? Relisons l'évangile de ce mardi : "Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.  Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé."
Il nous arrive parfois de souffrir que personne ne fasse attention à ce que l'on fait ; c'est humain, mais on ne peut en rester là, ni, à cause de cela accuser les autres de ne pas tenir compte de nous et de nous mépriser. Jésus en effet, si l'on a un vrai contact avec lui, nous invite au contraire à quelque chose de beaucoup plus grand que ce désir d'être remarqué par les gens.
Tournons donc joyeusement le dos aux vaines gloires : là ne peut être le fondement de notre existence. Rappelons-nous que Jésus nous conduit vers la source de la vraie vie ; suivons-le avec une totale confiance.
Pour conclure, savez-vous à quel signe, parmi d'autres, l'on reconnaît que quelqu'un est adulte ?  C'est lorsqu'il ou elle est capable de servir les autres dans la joie, même si personne ne s'en aperçoit, et gratuitement !

P-S :  Je vous fais part d'une prière de Sainte Louise de Marillac que nous fêtons en ce mercredi 15 mars :
"Jésus, qui avez voulu vous unir étroitement à nous par amour, j'ai pleine confiance que partout où il vous plaira de m'appeler, pourvu que je me laisse conduire, votre dessein sera accompli pour la plus grande gloire de Dieu."

lundi 13 mars 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.047 : "C'est maintenant le jour du salut !"

Ce n'est plus hier, nul ne sait ce qu'il en sera demain, mais l'Ecriture nous l'affirme, en 2 Corinthiens 6/2 : "C'est maintenant le moment favorable ; c'est maintenant le jour du salut." Nous connaissons bien ces paroles de Paul, reprises du prophète Isaïe (49/8) ; mais, alors que vient de débuter le Carême, il est important de contempler l'action libératrice du Sauveur, en chacun de nous, dans l'Eglise, et même au sein de notre société.  Quelques faits vécus sur la paroisse, pour en témoigner :
-  l'un des malheureux disparus d'Orvault, le fils, était étudiant en BTS à Saint Gab'. La semaine dernière, un temps de méditation et de prière a été organisé à sa mémoire, dans l'établissement. C'était important. Ce fut l'occasion pour les participants de se laisser interpeller, bousculer, réconforter, en s'appuyant sur la Parole de Dieu ; et en particulier à travers ce passage de l'évangile où Jésus s'exclame : "Père, pardonne-leur ; ils ne savent pas ce qu'ils font !" (Luc 23/34)
-  une paroissienne est gravement malade ; tous autour d'elle sont inquiets ; mais elle, de son côté, se soucie de ce que devient chacun, et ne demande rien. On sent une vie donnée, dans une foi immense et sans réserve en son Libérateur.  Elle fait l'admiration de tous, car on a l'impression que pour elle, malgré sa souffrance, le Salut est déjà là !
-  il y a 8 jours, lors de la messe des familles à Mortagne, les CE 1, qui étaient au coeur de cette messe, ont porté un témoignage très fort auprès des paroissiens. Avec leurs mots tout simples, ils leur ont fait part de leur expérience de partage, à l'école et partout : "en classe, on a parlé de Jésus, qui a partagé le pain et les poissons."  "On a aussi parlé de Mère Teresa, qui a donné sa vie pour aider les enfants." "On peut partager des jouets, de la joie, du temps." "Plus on partage, plus Dieu nous aime." Déjà, le Salut est à l'oeuvre au coeur des ces enfants !
-  jeudi dernier, soirée pain-pomme, à St Laurent-sur-Sèvre, avec le CCFD, pour partager à propos des gens qui sont victimes de la torture dans trop de pays. Ce n'est pas que leur problème, c'est aussi le nôtre, car ils sont nos frères. Penser à eux, les défendre, prier pour eux, c'est déjà faire avancer leur Salut !
-  chaque jeudi de carême, à Mortagne et à St Laurent, il y un temps de prière sur un quartier ; par exemple, jeudi prochain, à Evrunes : occasion de présenter au Seigneur la vie, les soucis et les joies de toute la population de ce quartier, en proximité. N'est-ce pas cela, la mission du chrétien ?
-  hier, à la fin de la messe, dans l'église de Mortagne, grosse discussion dans un groupe, suite à la belle homélie du diacre Michel : "Quelle chance d'avoir ces messes, d'entendre la Parole du Seigneur, de pouvoir chanter ensemble ! A la fin des cérémonies, si on a bien écouté ce qui s'est dit, si on a laissé Dieu agir en nous, on repart apaisé, fortifié, transfiguré !"  On avait entendu en effet l'évangile de la Transfiguration.  Merci Seigneur pour ces paroissiens qui se laissent transfigurer dans ta lumière, et repartent ensuite chez eux porteurs de lumière et de paix !
-  un dernier fait, parmi tant d'autres auxquels vous pensez sans doute, chers amis blogueurs. En ce moment favorable qu'est le Carême, et si la société elle-même se mobilisait en faveur du Salut ?  Je pense par exemple à cette initiative du "Transport solidaire", qui permet à des personnes seules, isolées, d'être prises en charge par toute une équipe de bénévoles solidaires.
Isaïe 49/8 : "Ainsi parle Yahvé : au temps favorable, je t'ai écouté, au jour du salut, je t'ai porté secours." C'est bien en effet, ce que nous vivons chez nous !  Merci Seigneur, merci à tous !

dimanche 12 mars 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.046 : Le candidat parfait existe-t-il ?

La France est en déprime !  Les Français se sentent au bord du gouffre... Quand il est question des prochaines élections présidentielles, chacun de présenter un visage abattu et consterné. A la suite de l'actuel quinquennat, beaucoup rêvaient d'un redépart, d'un renouveau et enfin, d'une réelle ouverture. Mais, patatras, aucun candidat ne semble avoir l'étoffe suffisante pour gérer l'avenir de notre pays, ni donner satisfaction à une claire majorité de nos concitoyens.
En fait, cela, il nous faut l'analyser. Vous vouliez avoir une grande figure pour vous guider, un lion invincible, au pelage sans tache ?  Las, on ne nous présente que des renards, disent certains !  Le renard est certes un animal rusé, habile ; mais a-t-il les qualifications nécessaires pour guider l'ensemble du troupeau ? Relisons La Fontaine : le renard, c'est surtout le type même du personnage roublard et bonimenteur qui, à travers ses mimiques et discours, pense seulement à se procurer un savoureux fromage...
A moins que nos compatriotes ne désirent se choisir un saint-bernard ?  Vous savez, ces chiens habiles et compatissants, capables de vous repérer quand vous êtes victimes d'une avalanche, enfoncés sous la neige comme nous le sommes dans la crise qui recouvre tout désormais autour de nous...
Eh oui, il faut s'y résoudre, aucun des candidats ne semble ni assez capable, ni assez charismatique, ni assez propre, ni assez crédible pour s'asseoir sur le siège présidentiel !  Alors, qu'est-ce qu'on fait ?  Mais peut-être notre pays, après des siècles de royauté, est-il toujours en quête d'un souverain idéal, infaillible, très propre sur lui... Alors, si telle est notre attente, c'est fichu ! Le chef idéal n'existe pas, et il nous faut accepter cette tragique constatation.
En fait, comme le disait un sociologue, "le peuple est comme un enfant qui recherche la protection d'un père ; mais cela, tout en aspirant à échapper à l'autorité qui restreint sa liberté."  C'est là notre contradiction !  Pas étonnant que, dans de tels sentiments, l'on n'ait que le genre de "candidats-chefs" que l'on mérite !
L'heure est grave !  Aux Etats-Unis, en Grande Bretagne, en France, le peuple serait-il donc comme un enfant, râleur, turbulent et impatient, qui n'aurait pas atteint sa majorité, et préfèrerait se tourner vers les extrêmes ?  Votant n'importe comment, inconscient des grands enjeux, incapable de se donner des responsables de qualité, se contentant de chercher à donner une bonne leçon aux candidats qui lui déplaisent ?
Et pourtant quand on écoute les gens, quel message envoient-ils ?  Ils attendent de leurs responsables qu'ils fassent montre de charisme, de sincérité, d'honnêteté ; ceux-ci doivent être intelligents, courageux, à l'écoute, bienveillants.  L'important, c'est que ces élus  -  entre parenthèses, comme sait le faire ce vrai chef qu'est le pape François  -  que ces élus nous montrent la voie, donnent du sens, sachent payer de leur personne, être humbles, désintéressés pour eux-mêmes, et se comporter comme de bons et fidèles serviteurs.
Mais cela, des élus ne pourront le réaliser que si le peuple lui-même est suffisamment adulte pour se comporter de façon également désintéressée, honnête et fraternelle !
Paul Valéry disait : "Un chef est un homme qui a besoin des autres."
Et si certains des candidats qui se présentent - le Fn non compris - quoi qu'étant imparfaits, étaient encadrés, portés, contrôlés par un peuple citoyen, intègre et résolu, ce chef imparfait ne pourrait-il pas faire avancer certaines choses ?
Toutes choses égales, Jésus n'a-t-il pas proposé un candidat bien imparfait, en la personne de Pierre, pour gérer son Eglise ?  Et Pierre, qui avait trahi, qui avait pourtant commis des fautes plus graves que celles de Hollande ou de Fillon, parce qu'il a su se remettre en cause et rester humble, parce qu'il a su se faire aider par ses frères, a pu permettre au peuple des chrétiens de surmonter d'immenses obstacles, pour lancer victorieusement l'Eglise sur l'océan des siècles.
Les candidats qui se proposent sont boiteux ; nous-mêmes, ne sommes-nous pas tous des boiteux ? Reprenons-nous, et inventons ensemble des chemins nouveaux.
Chaque jour, avec persévérance, remettons les candidats, ainsi que le peuple appelé à voter, dans la main de Dieu !

dimanche 5 mars 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.045 : Jésus a-t-il réellement rencontré le diable ?

L'évangile de ce 1° dimanche de Carême (Matthieu 4/1-11) présente les trois tentations éprouvées par Jésus au désert, au lendemain de son Baptême. Cette scène est un peu étrange !  Pour preuve, entre autres, le passage suivant : "le diable emmène encore Jésus sur une très haute montagne..." Votre imagination est-elle féconde ?  Alors, vous pouvez voir, dans votre tête bien sûr, un petit diable, cornu et fourchu peut-être ? (Matthieu a oublié de le décrire !) en train de prendre Jésus dans ses bras hideux puis, le serrant fort contre lui pour ne pas le perdre, l'emporter, à tire d'ailes (de dragon) vers des sommets infinis... Là-haut, alors, il dépose délicatement Jésus et, de ce sommet bien plus haut que tous les Himalayas du monde, il lui montre tous les royaumes de la terre : une vue, déjà, à la Thomas Pesquet ! Et, sans complexe, il propose à Jésus d'en devenir le chef absolu, à condition d'abord, bien sûr, de l'adorer, lui, le grand satan !
A diverses reprises, j'ai rencontré des personnes persuadées que tout s'était passé ainsi que le décrit Matthieu !  A savoir, que le diable avait vraiment parachuté Jésus au sommet du Temple, etc... Avec un esprit très littéraliste : "C'est comme ça que c'est présenté dans la Bible !  Or, la Bible, c'est la Parole de Dieu ; donc, c'est comme cela que se sont déroulées les tentations de Jésus !"
Mais en fait, face à une telle histoire, il faut tenir compte de deux choses : d'une part, il faut savoir que les Orientaux, comme les Africains par exemple, adorent s'exprimer de façon imagée.  D'autre part, le but de l'évangéliste n'était pas de présenter la façon exacte dont Jésus avait été tenté, mais de nous communiquer un message. C'est toute la différence entre le récit qu'un journaliste peut faire d'un événement, en décrivant tous les détails d'un fait, et un récit biblique, écrit dans un langage de type symbolique.
Attention !  Cela ne veut pas dire que les tentations de Jésus n'auraient été que symboliques, et qu'il ne se serait peut-être rien passé. Mais le message de Matthieu est le suivant : aussitôt son Baptême, Jésus, vrai homme, fatigué sans doute par un long temps de jeûne et de solitude dans le désert, a pu, comme tout homme, puisqu'il en était vraiment un, a pu être tenté ; c'est-à-dire, attaqué par une force obscure, dont nous n'avons aucune idée ; présentée par exemple, dans la Genèse sous la forme d'un serpent, dangereux et malfaisant.
Mais le problème n'est pas de savoir comment était fait ce démon. L'essentiel, c'est de comprendre que Jésus s'est affronté à une force mystérieuse, qui a essayé de le détourner de sa mission de Fils de Dieu et de Messie, en lui proposant de prendre le pouvoir sur tous les royaumes de la terre, et donc, en corollaire, de chasser les Romains oppresseurs de son pays, de connaître une immense gloire, et d'éviter la croix.
Ce combat spirituel a été violent ! On ne sait si cette force mystérieuse a été intérieure ou extérieure au Christ, et là n'est pas le problème !  Mais comme nous, Jésus a été tenté et, pour notre édification, il a su tourner le dos au mal, à la lumière de la Parole de Dieu.
J'aime bien cette réflexion de St Augustin repérée dans une de ses homélies proposées à notre lecture dans l'office du Bréviaire de ce dimanche : "Le Christ pouvait écarter de lui le diable ; mais s'il n'avait pas été tenté, il ne t'aurait pas enseigné, à toi qui dois être soumis à la tentation, comment on remporte la victoire."
La leçon pour nous est claire : affrontés nous-mêmes quotidiennement à une multitude de tentations, intérieures ou extérieures, laissons, comme Jésus, l'Esprit reçu lors de notre Baptême prendre la direction de notre vie. Et que la Parole de Dieu, méditée et re-méditée, nous permette de répondre, comme le Christ, aux assauts de l'ennemi !

lundi 27 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.044 : Les élections, une vraie Tour de Babel

L'idée de ce billet m'est venue à la suite d'une réflexion entendue récemment : "Ces élections, c'est une vraie Tour de Babel !  On n'y comprend rien !  Chacun se dit le meilleur, et veut monter sur la tête des autres. Chacun veut décrocher la lune, et ils se fichent bien de nous !"  Réflexion un peu sévère, j'en conviens, mais qui n'est pas sans rappeler cet épisode biblique qui nous a été proposé par la liturgie vendredi il y a 8 jours.
Qu'est-ce qui ressort de ce fait ?  L'orgueil de l'homme, qui veut construire la cité parfaite, si extraordinaire que Dieu n'a qu'à bien se tenir !  En effet, avec nos merveilleux projets (électoraux), on va bientôt faire mieux que lui, dont la Création a été un peu ratée !
Il s'agit en effet de construire une société qui nous sauve du déluge et de la désintégration.  Je vous rappelle le texte du projet de ces constructeurs qu'évoque le Livre de la Genèse (11/4) : "Allons !  Bâtissons une ville avec une tour dont le sommet soit dans les cieux."  Avec aussitôt cette remarque étonnante : "Ainsi, nous travaillerons à notre renommée !"
L'objectif est clair !  On y voit l'orgueil démesuré de l'homme, et cette tentation permanente de prétendre savoir comment imposer sa pensée et ses projets à tous, d'en haut ; de façon un peu prétentieuse, plutôt autoritaire, et parfois presque totalitaire, en déconsidérant ou en éliminant, sans vergogne, tout opposant ou concurrent.
Et voici que, pêle-mêle, ces soit-disant beaux projets font l'impasse sur les souffrances des agriculteurs, sur la douleur des Syriens, sur le respect de la justice, sur l'attention aux laissés pour compte dans notre société, sur l'urgence d'aider nos concitoyens à mûrir leur pensée et à viser d'abord la recherche de solutions ouvertes et fraternelles...
Dans sa finale, le récit biblique propose une certaine signification du nom de "Babel" qui, en hébreu, se prête au jeu de mot avec un autre mot qui lui ressemble : "balal", "mélanger, "embrouiller".  Avec des termes de ce genre, on comprend combien la situation actuelle représente un danger pour notre "humanité", c'est-à-dire, notre façon d'être homme, et de construire notre avenir...
Noyés dans ces embrouilles, notre esprit est "mélangé", et nous ne savons plus à quel saint (candidat) nous vouer !
Mais voici qu'apparaît Dieu, celui que l'on avait cru éliminer une bonne fois de nos calculs terrestres, électoraux ou autres : "Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que que les hommes avaient bâties."  Cela nous renvoie à la situation que nous vivons, dont Dieu, malgré les apparences, est loin d'être absent.  Aujourd'hui encore, Dieu descend chez nous ; il regarde ce qui se passe et, à travers de multiples signes qu'il nous faut repérer, il agit au coeur de notre monde, par l'intermédiaire de ceux qui mettent toute leur confiance en lui : mais aussi, chez des non-croyants qui essayent d'être fidèles à leur conscience, et oeuvrent de tout coeur, non pas pour "leur renommée", mais pour le bonheur de leurs frères, de tous leurs frères, et soeurs, de France comme du monde entier.
Puissent notre prière et notre action fraternelle faire monter jusqu'au ciel la belle tour de la fraternité, dans laquelle tous, ici-bas, auront la même belle place, celle d'hommes et de femmes "universels" et d'enfants de Dieu !