Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

lundi 24 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.089 : "2017, c'est une année à fruits !"

Cette année, les fruits ne manquent pas !  Merci au maître de la nature !  Cela m'a donné l'idée de vous offrir un beau fruit, à travers la très belle prière d'un jeune, anonyme, souhaitant, comme nous tous, porter du fruit !

« Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples. »
Jean 15/8

Qu’est-ce que je fous ici sur terre ?
Me faire mon trou ? ma place ?
M’imposer ? Me faire respecter ?
Trouver un boulot dans lequel je puisse m’affirmer ?
Ecraser les autres pour ne pas me faire écraser ?

Peut-être que cela est utile
A cette époque où l’homme est un loup pour l’homme,
Mais je ne suis pas là que pour exister.  Je veux donner du sens à ma vie !
Et pour cela, Tu me demandes de porter du fruit.

Beaucoup de jeunes ne savent pas pour qui ils comptent,
Pour qui ils vivent, pour quoi ils vivent.
Sarments inutiles,
ils donneraient bien le coup de sécateur eux-mêmes
pour se couper du pied de vigne.

Moi, je sais qu’au moins je compte pour Toi, Dieu,
Toi qui m’attends chaque jour
Moi, je sais bien que Tu comptes pour moi,
Tu donnes un sens à ma vie,
Tu es le pied de vigne auquel je m’accroche
Pour continuer à vivre
Et Tu me dis que sans moi la vigne ne donnera rien.

Aide-moi donc à porter du fruit,
Comme ceux qui secourent les autres
Comme ceux qui parlent de Toi,
Comme ceux qui ne se détournent pas du plus souffrant ou du plus petit,
Comme ceux qui prennent des risques et du temps pour les autres
Comme ceux qui ne cessent de prier

Aide nous à porter du fruit tout simplement
En suivant ton commandement,
Le plus beau,
Celui d’aimer,
Celui qui fait que les fleurs s’épanouissent,
Que les bourgeons s’ouvrent
Et que les visages se dérident.

« Je vous ai choisis pour que vous portiez du fruit,
image001 et que votre fruit demeure !"
image001
Jean 15/16
 

dimanche 23 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.088 : J'ai mal pour mon pays !

Franchement, je n'ai pas envie de dire du mal de la France, ni de déblatérer sur mon pays.  Cependant, il y a des limites, et des choses qu'il semble impossible de laisser passer. Gouvernement après gouvernement, président X ou président Y, je me demande bien ce que nos dirigeants et présidents ont dans la tête, au-delà de leurs beaux discours.  Témoin ce que nous avons tous lu dans la presse à propos de cette femme d'origine chinoise que l'on a tenté d'expulser et, s'il vous plaît, le jour même de notre Fête nationale, le 14 juillet !  Ca, faut l'faire !!!  Tragique illustration de ce que j'écrivais dans mon billet n° 2.083 publié justement le 14 juillet dernier...
Heureusement, ce samedi matin, cela fut fortement remis en cause lors du Cercle de Silence qui s'est tenu à la Roche-sur-Yon.  Et je vous transmets ce que l'un des responsables de l'accompagnement des migrants et réfugiés, Bernard, ainsi que Francine, du Réseau des Parvis, viennent de communiquer : voici donc le texte d'une lettre que le cinéaste Laurent Cantet vient d'envoyer à E. Macron, dans laquelle il dénonce l'indignité de la nation qui s'aggrave dans le traitement des migrants.


Monsieur Macron, est-ce pour en arriver là que j'ai voté pour vous ?
22 juillet 2017

Monsieur le Président,

Après avoir tenté de m'adresser à vous par des voies officielles, j'ai pris la décision de vous adresser cette lettre ouverte qui, je l'espère, sera plus efficace que mes tentatives plus discrètes.

Le 14 juillet, le jour où, au côté de Monsieur et Madame Trump, vous commémoriez la prise de La Bastille et l'avènement d'un monde plus juste, l'avant-veille du jour où, au côté de Monsieur Netanyahou, vous rendiez hommage aux victimes du Vel d'Hiv, affirmant que Vichy était bien la France et reconnaissant la responsabilité de la nation dans la rafle, Madame Cao, une jeune femme d'origine chinoise, mère d'une fillette de 10 ans scolarisée en France, et enceinte de 4 mois, était conduite à l'aéroport pour être expulsée vers la Chine qu'elle avait quittée il y a deux ans avec sa famille.

Ce jour-là, elle a refusé d'embarquer, et a été replacée au centre de rétention du Palais de Justice de Paris, celui-là même où elle venait de passer trois semaines et où elle avait perdu 8 kilos, mettant en danger l'enfant qu'elle attend.

Dans la lettre que je vous ai adressée alors (lire sur "Médiapart" : "L'expulsée du 14 juillet"), je décrivais l'angoisse de sa fille qui se préparait à grandir sans sa mère, celle de son mari qui n'allait pas connaître son enfant à naître. Je vous rappelais aussi vos déclarations sur le traitement humaniste que vous appeliez de vos voeux face à l'immigration. Dix jours plus tard, il semblerait que tout cela soit resté lettre morte.  Madame Cao est toujours en centre de rétention et attend le jour où elle sera remise, de force cette fois, dans un avion en partance pour la Chine.

L'histoire pourrait s'arrêter là, elle ne serait qu'un exemple parmi tant d'autres de l'acharnement dont sont victimes tant de réfugiés et sans-papiers.

Mais le 22 juillet, toujours plus affaiblie par ce séjour prolongé en centre de rétention, Madame Cao a tenté de mettre fin à ses jours en s'ouvrant le poignet. Conduite d'urgence à l'hôpital, elle a été soignée puis, sitôt hors de danger, reconduite en rétention !

Je vous écris aujourd'hui pour vous faire part de mon profond écoeurement. Est-ce pour en arriver là que j'ai voté pour vous au second tour des élections présidentielles, espérant faire barrage aux idées nauséabondes du Front National ?  Depuis longtemps, l'indignité de notre nation grandit de gouvernement en gouvernement.  Je crains que ce ne soit pas le vôtre qui mette un terme à cette escalade !

Mais aujourd'hui, je ne suis pas seul à m'indigner.  Nous sommes nombreux à réclamer un traitement décent pour tous les réfugiés.  Une campagne en faveur de la régularisation de Madame Cao a inondé de mails les secrétariats des ministères et de l'Elysée, des coups de téléphones ont occupé les standards.  La seule chose que nous puissions faire, c'est dénoncer par tous les moyens l'indignité de ce que vous faites en notre nom à tous. Comptez sur nous pour ne pas y renoncer de sitôt !

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments républicains.
Laurent Cantet 

Non mais, on est "en marche" vers quoi ?
En marche arrière, probablement...




vendredi 21 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.087 : "Gaignet, tu seras notre porte-parole !"

Jamais je n'oublierai cette injonction de Mgr Luc Sangaré, archevêque de Bamako, à la fin du mot qu'il prononça à l'occasion de mon retour définitif vers la France, au terme des 9 belles années que j'avais vécues sur son diocèse, au Mali.
A l'époque - c'était il y a une trentaine d'années, en 1986 - le Mali n'était guère connu ; en France, l'on se faisait beaucoup de fausses idées sur l'Afrique, et il était important de remettre les pendules à l'heure sur de nombreux points. Sur le départ, à Bamako, devant tous, je promis alors à l'évêque de m'y engager.  Voici, un peu en vrac, quelques-unes des idées reçues à propos desquelles, durant les 30 années passées, je n'ai cessé de m'élever.
-  le soit-disant sous-développement dont on accuse le continent africain, par exemple, n'a rien à envier à notre propre sous-développement occidental, que l'on cache soigneusement sous le tapis : l'incapacité des familles, pour de multiples raisons, à prendre en charge leurs anciens, la difficulté à respecter la nature, le manque de communication entre les personnes, la tristesse des messes, qui font fuir les jeunes couples et la jeunesse et barbent les enfants, le nombre de déprimes et de suicides bien plus important qu'en Afrique malgré un niveau de vie bien plus élevé, etc...
-  chez nous, l'on constate une grande ignorance par rapport à la religion musulmane, considérée en Europe comme mauvaise, dangereuse, sinon démoniaque.  Combien de fois ai-je dû expliquer que, vivant dans un pays quasi totalement musulman, j'ai été totalement respecté dans ma propre religion ! En tout cas, la foi des musulmans qui m'entouraient de toute part, leur souci de la prière, leur sens de la miséricorde divine, leur capacité d'accueil ont été pour moi d'un grand témoignage !
- également, rien à voir au Mali dans l'accueil de l'étranger avec ce que l'on fait subir aux Maliens lors de leur arrivée en France ! Il peut y avoir des raisons, mais quand même ! Selon le dicton africain, "L'étranger est un cadeau de Dieu !" A ce niveau-là encore, notre Occident soit-disant chrétien se comporte réellement d'une façon qui n'a rien à voir avec l'accueil de l'étranger tel qu'il est prôné par l'Evangile !
-  quant à la place du laïcat dans l'Eglise, nombre de pays africains ont 20 ou 30 ans d'avance sur l'Europe ! Nous, l'on pleure s'il n'y a pas de prêtre à notre service dans un rayon de 5 ou 10 kilomètres, alors qu'au Mali, les communautés chrétiennes n'attendent pas qu'un prêtre soit disponible pour organiser des temps de prière, le dimanche par exemple. Il y a longtemps, bien avant que je n'arrive au Mali, que les catéchistes, formés pour cela, assurent les prédications et la conduite des célébrations, alors que pour nous, cela semble une nouveauté absolue que de voir des chrétiens conduire une sépulture par exemple.  Ce qui d'ailleurs est encore assez mal vu par certains membres de nos communautés paroissiales en Europe. Là encore, quel retard par rapport à la prise de conscience de la responsabilité du Peuple de Dieu en Afrique !  Péché de riches ! Conception du prêtre comme étant "le grand fait tout " !
-  par rapport aux célébrations, je crois, par contre, qu'en France, l'on a bien perçu le retard immense des Eglises en Europe par rapport à la dynamique des cérémonies en Afrique. Je ne parle pas cependant des Eglises dites "évangéliques" qui, chez nous, dans les villes surtout, et justement par ce qu'elles sont largement composées d'Africains ou d'Antillais, Indiens ou autres, offrent un visage autrement plus vivant et chantant !  J'aurai passé ces 30 années à essayer de faire bouger les lignes, en essayant de donner la parole aux paroissiens, de faire que nos messes soient animées, joyeuses, en prise sur la vie et sur l'actualité ; mais quel chantier difficile à faire progresser !
Et il y aurait tant d'autres points encore à signaler...  En tout cas, ces quelques lignes pourront aider les uns et les autres à mieux comprendre certaines de mes réactions, en faveur du respect de l'étranger et des musulmans ou de la "défense" du laïcat par exemple ; ou par rapport à mes "exigences" en faveur de messes moins figées et plus vivantes.
Tout cela en effet, ce n'était pas des lubies de ma part, mais des souhaits en fidélité au dynamisme reçu jadis de l'Eglise de l'Afrique et du Mali, où il faut reconnaître que l'Evangile est parfois mieux vécu que dans nos Eglises européennes plus formelles et plus âgées !
Merci cher Mali !  Merci l'Afrique ! Merci à toi Seigneur, le Dieu des nations !

mercredi 19 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.086 : "C'est vous qui avez vidé les églises !"

Cela fait maintenant quelques années que, dans l'Eglise de France, des voix de plus en plus nombreuses n'hésitent plus à nous dire en face, à notre génération de prêtres qui a suivi le Concile : "S'il y a nettement moins de monde dans les églises, c'est de votre faute ! Avant vous, les églises étaient encore pleines ; les gens se confessaient régulièrement, les jeunes étaient nombreux aux messes, les prêtres faisaient le caté aux enfants, ils assuraient les sépultures. D'autre part, ils n'hésitaient pas  à rappeler sans cesse la loi de l'Eglise, et les gens connaissaient les dix commandements, ainsi que la différence entre le péché véniel et le péché mortel. Les prêtres alors savaient jouer leur rôle, et les laïcs restaient à leur place. L'on faisait des génuflexions en passant devant l'autel, et l'on avait davantage le sens du sacré. Les chants en latin avaient quand même davantage d'allure que ces chansonnettes que l'on nous a ensuite imposées. Quant à la messe face au peuple, cela permet à présent aux curés de regarder les filles et les femmes tout en célébrant."
Croyez-moi ou non, mais je vous certifie que j'ai entendu personnellement toutes ces remarques, y compris la dernière, et cela un certain nombre de fois ; surtout ces dernières années.
Je veux bien reconnaître que notre génération sacerdotale n'a pas été parfaite ; mais il faut sans doute être plus sérieux lorsque l'on parle des causes de l'évolution de la situation de l'Eglise en France depuis 50 ans.
Par exemple, lorsque les gens ont eu l'impression que ce n'était plus un péché mortel que de ne pas aller à la messe le dimanche, ça n'a pas traîné : les églises pleines se vidèrent presque instantanément. Depuis des siècles, l'Eglise faisait peser sur les baptisés une loi très forte, en brandissant la peur de l'enfer.  Or, avec l'évolution de la société, nombre de "pratiquants", peu à peu, ont pris leur autonomie ; et - je l'ai vécu - les gens, alors, plus conscients, se sont sauvés hors de cette institution qui voulait régir leur vie sur cette terre et dans l'au-delà, et imposer comme jadis ses lois morales à toute la société..
Certains vont avancer : "Mais pourquoi l'Eglise n'a-t-elle pas fait davantage pression sur les baptisés pour qu'ils restent plus fidèles à leur baptême ?" La réponse nous a été donnée par le pape Jean-Paul II, dans sa lettre-encyclique intitulée "La Mission du Rédempteur", parue en 1990 et dans laquelle il écrivait, au n° 39 : "L'Eglise s'adresse à l'homme dans l'entier respect de sa liberté : la mission ne restreint pas la liberté, mais elle la favorise. L'Eglise propose, elle n'impose rien ; elle respecte les personnes et les cultures, et elle s'arrête devant l'autel de la conscience."
Parmi tous ces gens qui auparavant remplissaient les églises, il y avait ceux qui avaient peur, en n'y venant pas, de commettre un méché mortel les conduisant directement à l'enfer. Et ceux qui venaient pour rendre un culte à Dieu afin de se concilier ses faveurs.  D'autres parce que, tout le monde, dans le village, y venait, parce que leurs parents y venaient et que, à cette époque, il était normal de faire comme les parents. Il y avait aussi, heureusement, ceux qui se rendaient à l'église pour nourrir et célébrer leur foi, qui était vive. D'autres encore venaient à la messe parce qu'ils n'imaginaient même pas, dans une société se considérant alors comme globalement chrétienne, de faire bande à part, et parce qu'il était mal vu de ne pas y aller.
Aujourd'hui, c'est vrai, ne vient plus à la messe qu'une seule de ces catégories, celle des gens qui viennent pour partager et célébrer une foi qui se veut vivante, ainsi que l'explique fort bien Olivier Le Gendre dans son livre "Les confessions du Cardinal". Tous les autres sont partis, et cela en fait beaucoup ! "Vous autres chrétiens, vous ne vous êtes jamais rendu compte que vos églises avaient été remplies anormalement, artificiellement. Et vous êtes tout surpris qu'elles se soient vidées aujourd'hui. Vous avez bénéficié dans le passé de conjonctions exceptionnelles qui ne se reproduiront pas de sitôt.(...) Tandis que la société occidentale n'est plus sous l'influence prégnante de l'Eglise ; et il y a fort à parier que les autres sociétés suivront le même chemin."
Vous allez dire que je suis décourageant !  Pas du tout, car il nous reste l'Evangile, par lequel tout a commencé. A condition que nous ne l'obscurcissions pas par des pratiques, des regrets, des nostalgies, des diktats, des costumes, des restaurations ne permettant pas à l'homme libre d'aujourd'hui de retrouver le goût de l'Evangile.
Telle est la mission formidable qui attend désormais les générations à venir. Puisse la génération actuelle des jeunes prêtres rester humble et en être suffisamment consciente !  Puissent-ils ne pas insulter le passé récent, comme notre génération plus ancienne n'a pas envie d'insulter l'avenir !

mardi 18 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.085 : Le témoignage d'une patronne de bar

Je suis heureux de vous partager un beau témoignage !  Au cours de mes pérégrinations ces derniers jours, alors que je prenais un verre avec des amis à la terrasse d'un café, en allant régler les consommations, j'ai aperçu, sur une table, à côté de "Ouest-France", du "Parisien" et autres, chose rare je pense, bel et bien le journal "La Croix".
Un peu curieux, je demandai alors à la jeune patronne : "Vous êtes abonnée ?"  Celle-ci me répondit : "J'achète tous les jours "La Croix", car je trouve que c'est un journal très profond, bien plus que les autres journaux, comme "Le Parisien" ou autres, que je mets pourtant aussi, vu la demande, à la disposition des clients.  Mais je vois bien que "La Croix" n'est pas le journal le plus recherché ; c'est bien dommage !  Cependant, quand tous les autres journaux sont pris, je dis : "Lisez "La Croix !  Ce n'est pas que du catho ; il y a aussi de très bonnes analyses."  Je trouve que ce journal va au-delà de la simple politique, où on décrit des choses vite fait, et c'est tout.  C'est un journal qui n'est pas partisan.  Il aide à réfléchir ; ça aide à prendre du recul !"
Je lui ai répondu alors que j'étais moi-même abonné à "La Croix", et d'accord avec ses propos.  Je l'ai félicitée : "C'est un beau témoignage, tout simple, que vous portez, le genre d'action évangélique et missionnaire à la portée de tous, en un lieu qui n'a rien d'une église ou d'une institution étiquetée catholique.  Bravo pour votre ténacité : cela porte sûrement du fruit !"
Cela m'a renforcé dans cette idée qu'il faut vraiment faire confiance aux baptisés : sous le souffle de l'Esprit, ils savent prendre de belles initiatives, trouver la juste attitude, au coeur même de leur travail, de leurs relations, de leur vie, pour mettre l'Evangile à la portée de tous !
Sur le champ, j'ai pris note de ce bref dialogue, unique et si vivifiant, pour vous en faire part.
Et quand je repense à ce bar, je me plais à y imaginer Dieu présent, enchanté de l'initiative remarquable de sa fille : une patronne de bar, tout à fait charmante et délurée au demeurant, donnant à ses clients le beau visage d'une chrétienne fière de sa foi, pétrie de l'Evangile et apôtre cent pour cent là où Dieu l'a semée et envoyée !

lundi 17 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.084 : Souvenirs : le jour de mon ordination

Au risque de vous lasser, à l'occasion de mes 50 ans d'ordination, je reviens encore sur des souvenirs.  Mais est-ce anormal ?  On n'a pas tous les jours 50 ans !... Et en ce moment, 50 ans, c'est un nombre que je savoure passionnément !  Lors de notre récente rencontre entre ordonnés de 1967, nous n'en revenions pas, d'être "encore là", 50 ans après !
Mais, au risque de vous surprendre, sinon de vous scandaliser, la 1° chose que j'ai envie d'exprimer, c'est que je me suis senti nettement mieux dans ma peau le jour de mon Jubilé, le 2 juillet, et certainement plus en forme que le jour même de mon ordination, le 29 juin 1967, il y a 50 ans.
L'image qui me vient à l'esprit, c'est celle d'un plongeur, un peu stressé avant de sauter, du haut de son plongeoir, lorsque celui-ci se trouve très élevé. Mais ensuite, lorsque le saut a été effectué, et qu'il fait alors des ronds dans l'eau en savourant sa "performance", il se sent nettement soulagé, ou, plus exactement, apaisé.
                                                                                                                                                                De la même façon, la traversée de ces 50 années a été rude, le saut souvent risqué et difficile, un peu dangereux même parfois (et pas seulement à cause des serpents, comme j'en ai fait l'expérience au Mali !).  Voilà pourquoi, à présent, une fois le grand saut réalisé, je me sens plus serein.
Pour bien comprendre cela, il faut se mettre dans la peau d'un jeune séminariste de 24 ans et des poussières, qui croit bien sûr à la grâce de Dieu, à travers le sacrement de l'Ordre, mais qui n'en reste pas moins inquiet par rapport à la mission qui va lui être confiée : ai-je bien fait un choix raisonnable ?  Est-ce que je ne suis pas en train de préjuger de mes forces ?  Comment vais-je arriver à m'en sortir ? Suis-je capable d'assurer un ministère paroissial ou autre ? Comment ça va se passer avec les gens ?  Est-ce que je serai compétent ?  Aurai-je la santé ?  Quelle vie est-ce que je vais avoir ?  Autant de questions, et bien d'autres, qui résonnaient alors dans ma tête, et me stressaient, car je n'en avais nullement la réponse alors !
D'autre part, c'était une autre culture, en 1967 : quand les séminaristes traversaient les rues de Luçon, il n'était pas rare que les jeunes rigolent de nous et nous croassent, surtout quand on était en soutane ; nous n'en menions pas large alors !  Le 29 juin 1967, je repensais à tout cela avec inquiétude tandis que, partis du grand séminaire, nous avancions en procession solennelle, comme au Moyen-Age, en habits liturgiques, jusqu'à la cathédrale, dans les rues de Luçon.
Et on chantait des chants en latin !  Moi qui n'ai jamais aimé ce type de chants, qui m'ont toujours semblé surannés, ce n'était pas fait pour me mettre à l'aise. Les soutanes, le latin, l'encens, les mains jointes. Pour moi qui, deux ans auparavant, travaillais encore comme agent des services hospitaliers à l'hôpital de Grenoble, syndiqué CGT, tout cela me semblait surréaliste, hors de la vie ordinaire, hors du temps : c'était du décorum, qui me paraissait bien loin de "L'Essentiel" : la mission au coeur de la vie des gens, à la suite du Christ, qui n'avait pas les mains jointes, mais grandes ouvertes, vers le Père et vers ses frères...
Vais-je vous scandaliser ?  Je ne me souviens absolument pas de ce qu'a pu nous dire l'évêque, dans son homélie !  Par contre, je me rappelle très bien l'attitude de Papa. A la fin du pique-nique familial dans une salle du séminaire, Papa a voulu aller se dégourdir les jambes dans le grand jardin. Tout de suite, en bon jardinier amoureux des arbres, il nous a fait remarquer qu'un certains nombre d'arbres fruitiers avaient été greffés, et que le résultat était excellent.  J'ai le clair souvenir de m'être dit alors - mais je n'en ai pas soufflé mot : "C'est ça : il faut que l'on se greffe sur le Christ, sans peur, clairement ! Alors, comme ces arbres greffés, nous, les jeunes prêtres, nous porterons beaucoup de fruits !"
Merci Seigneur, pour ces 50 années de vrai bonheur, avec les autres, avec Toi !

vendredi 14 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.083 : Liu Xiaobo est mort ? Connais pas ! Allons à la plage !

Comme tous ceux qui essaient de croire en la valeur universelle de la démocratie, aujourd'hui, je suis très triste ! En pensant aux victimes de l'attentat de Nice il y a un an bien sûr !  Mais sans oublier toutes les autres innombrables victimes de la barbarie à travers le monde, anonymes le plus souvent.
Je fais un rêve !  Et si un jour, la fête du 14 juillet devenait la fête de la liberté, de l'égalité et de la fraternité ?  Vous allez m'objecter : mais n'est-ce pas déjà le cas ?  Au risque de vous décevoir, je crois que nous n'en sommes pas encore là.  Au pays dit des Droits de l'Homme, c'est vrai, on se gargarise beaucoup de mots, de belles phrases, de défilés pompeux et de poignées de mains viriles entre chefs d'Etat.  "Beaucoup de bruit pour rien", pour reprendre la formule célèbre de Shakespeare...
Car, pendant ce temps, des gens, je devrais dire "nos frères", meurent en silence, quasiment sous nos yeux, tandis que nous regardons ailleurs ; et cela, tous les jours, un peu au-delà de l'horizon des plages de la Côte d'Azur et de Nice, suite au naufrage de leurs maudites embarcations ; ou comme hier, en Chine, avec le décès de Liu Xiaobo, militant "réèl", lui, des Droits de l'Homme ; Prix Nobel de la Paix en 2010, il était emprisonné depuis des années pour avoir souhaité, pacifiquement, la démocratisation du régime. Malheureusement, honteusement devrais-je écrire, pour ne pas déplaire aux dirigeants chinois, les grands pays dits "libres", dont la France, n'ont pas eu le courage, ni la force, ni l'audace, ni la fierté, ni les tripes à la hauteur pour prendre sa défense !
Liberté, égalité, fraternité, oui, mais pas avec tout le monde... Simplement quand ça nous arrange !  Alors, rangeons humblement notre fier drapeau !!!
C'est vrai, je ne suis pas politicien ; mais je peux donc écrire des choses qui n'ont rien à voir avec la "réal politique", celle qui est fondée sur le calcul des intérêts plus que sur le soutien des défenseurs des Droits de l'Homme ; et cela, que ce soit en Chine, avec l'Arabie Séoudite ou à Calais, où le Secours catholique en fait la dure expérience, sous ce gouvernement.comme sous les précédents !
Realpolitik  :  abandonner ses idéaux pour composer avec la réalité... 
Je vous citais récemment cette réflexion de Jean d'Ormesson assurant que, lors de notre arrivée auprès du Père, nous verrions un athée assis à la droite de Dieu ; par exemple, Simone Veil. Mais on pourrait ajouter Liu Xiaobo qui, pas plus que S. Veil, n'a adhéré au message du Christ. Jugez-en vous-mêmes, à partir de ce que Liu a un jour exprimé : "Il faut qu'on réponde à la haine par l'amour, aux préjugés par la tolérance, à l'arrogance par la modestie, à l'humiliation par la dignité, à la violence fanatique par la raison."
Et les derniers mots dans son ultime déclaration, lors de son procès, face à ses juges, furent ceux-ci : "Je n'ai pas de haine, je n'ai pas d'ennemis."  Ce ne vous rappelle rien ?  Vraiment, "L'Esprit souffle où il veut." (Jean 3/8)
A titre d'illustration, je vous cite également cette prophétie de Vaclav Havel, lui aussi libre penseur, digne également de siéger à la droite de Dieu : "L'amour et la vérité vaincront la haine et le mensonge."
Mais j'en reviens à mon 14 juillet.  Oui, il faut garder cette journée de fête !
Mais pourquoi ne pas faire une minute de silence à la mémoire de ces victimes de notre peur de la Chine ?  Pourquoi ne pas faire de la politique autrement ?  Pourquoi ne pas faire défiler les victimes réfugiées chez nous, les migrants de Calais, les 60 Imams qui viennent d'entreprendre un périple en bus contre le terrorisme, les faiseurs de paix si agissants au sein de multiples associations, et des militaires aussi bien sûr, mais pas qu'eux !  Ainsi que des enseignants, des soignants, ... La liste serait à compléter largement.
Quel beau défilé du 14 juillet ce serait !
Il n'est pas interdit de rêver !
Bon 14 juillet quand même !

mercredi 12 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.082 : Approche de l'Islam avec Malika, le 2 juillet

Lors de la journée jubilaire du 2 juillet, une intervention a été particulièrement remarquée, celle de Malika, intellectuelle sablaise de  haut niveau, de culture musulmane, membre fondateur du groupe inter religieux du Pays des Olonnes.  On m'a réclamé ce  texte, je vous le partage :

Olivier, je voudrais dire toute la joie qui est mienne d'être ici et de fêter avec vos amis, votre famille ces 50 ans d'ordination.  Cette joie est d'autant plus forte que j'ai eu le bonheur de vous connaître aux Sables d'Olonne et d'apprécier votre ouverture d'esprit, votre combat inlassable mené, notamment au sein du groupe inter religieux qui s'était créé et dont vous avez été une des chevilles ouvrières, pour construire des ponts, oeuvrer à une spiritualité digne de ce nom, autrement dit largement ouverte sur l'autre.  J'ai vite compris aussi que ce dialogue inter religieux qui vous tenait à coeur s'inscrivait dans une démarche plus large, celle du combat pour les droits de l'Homme, de tous les Hommes et la reconnaissance d'une altérité source de richesse.  Pour cela, je voulais vous dire toute mon admiration, toute mon estime, et grand merci Olivier pour tous ces moments d'amitié partagés.

Des graines ont été semées qui continuent à porter fruits, j'en suis sûre.  Force est de constater cependant que ce vivre ensemble apaisé, qui a prévalu aussi dans d'autres villes de France, bat de l'aile depuis quelque temps un peu partout.  Des schémas de pensée réducteurs, des replis identitaires occupent le devant de la scène, face à l'émergence de cet Islam radical, idéologie politique violente et sectaire, allant jusqu'à égorger un prêtre, comble de l'horreur, et fauchant des dizaines de vies innocentes.  Idéologie soutenue, comme l'ont mentionné nombre de spécialistes, par l'Arabie Séoudite et le Qatar, et qui trouve naturellement des éléments fragilisés et discriminés parmi les jeunes dans nos banlieues, pour passer à l'acte.  Sans oublier une géopolitique désastreuse menée depuis des décennies.

Une approche superficielle des choses n'a pas de mal dès lors, à laisser entendre qu'il s'agit là, somme toute, d'un choc des civilisations, l'islam étant par nature essentiellement incompatible avec les "valeurs occidentales".  D'où l'urgence, la nécessité d'une meilleure approche de l'Islam, d'un enseignement digne de ce nom du fait religieux. Non pour contrecarrer la laïcité, qui est un acquis incontournable, mais pour l'épauler au mieux.

Apprendre par exemple que le Coran s'est nourri de textes apocryphes des traditions juives et chrétiennes n'est pas négligeable, comme l'a mentionné l'émission d'Arte sur le sujet, proposée par Gérard Mordillat et Jérôme Prieur.  Il n'est pas négligeable d'apprendre aussi que l'Islam au Moyen-âge avait développé une théologie sophistiquée où tout un courant rationaliste et d'avant-garde a eu droit de cité avant que ne s'impose l'orthodoxie.

Mohammed Arkoun, islamologue éminent, avait nourri l'espoir dans les années 80 d'oeuvrer à une exégèse du fait coranique adaptée à notre temps, en enseignant toute cette richesse théologique et philosophique, nourrie de la pensée grecque, dans un Institut basé à Strasbourg.  Il était soutenu dans sa démarche par d'éminentes personnalités, notamment le philosophe Paul Ricoeur ou André Chouraqui.  Malheureusement il n'y eut pas de suite, un Institut a été créé et financé par l'Arabie Séoudite.  Cela est d'autant plus regrettable que non seulement l'Islam aurait trouvé là les éléments nécessaires joints à ceux qu'offrent les sciences sociales, l'histoire, l'anthropologie, la linguistique pour que s'opère une exégèse digne de ce nom permettant son ancrage dans la modernité.  Cela aurait permis aussi de changer le regard porté sur cette religion et d'endiguer cette perversion de l'Islam.

Changer le regard, c'est aussi enseigner la richesse de la civilisation arabe et de son apport à  l'Europe dans de multiples domaines, scientifique, philosophique, mais aussi artistique.  J'ai eu l'occasion de donner une conférence à l'Institut catholique d'Angers sur le sujet et ai pu constater la surprise créée.  Autant d'éléments qui ne peuvent que contribuer à un vivre ensemble apaisé et à fonder un Islam ouvert sur l'autre, riche de sa spiritualité.

Pour terminer, je rappellerai que Jésus occupe une place éminente dans le Coran.  Il est dit : "Nous t'annonçons la bonne nouvelle d'un Verbe émanant de Dieu, son nom est le Messie, Jésus fils de Marie, illustre en ce monde et dans la vie future."

Je rappellerai qu'à la mosquée des Omeyades, à Damas, l'un des minarets est appelé minaret de Jésus et que c'est la tête de Jean-Baptiste située dans un mausolée que vénéraient, jusqu'à une date récente, les pèlerins venus de partout.

Pour vous honorer Olivier, j'ai relevé quelques citations d'Amadou Hampâté Ba, soufi malien très connu, pays où vous avez été prêtre  :

-  "Que notre amour ne soit pas centré sur nous-mêmes.  Qu'il ne nous pousse pas à n'aimer que ce qui nous ressemble ou à n'épouser que les idées semblables aux nôtres.  N'aimer que ce qui nous ressemble, c'est s'aimer soi-même, ce n'est pas aimer."

-  "Celui que l'on considère comme infidèle n'en est pas moins homme et ne peut être exclu de l'amour divin.  Pourquoi le serait-il du nôtre ?"

-  "L'arc-en-ciel doit sa beauté aux tons variés de ses couleurs.  De même, nous considérons les voix des divers croyants qui s'élèvent de tous les points de la terre, comme une symphonie de louanges à l'adresse de Dieu."

-  "Tu gagnerais énormément à connaître les diverses formes de religion.  Croire que sa race ou sa religion est seule détentrice de la Vérité est une erreur."

_____________

Je vous communique ci-dessous ce que Malika vient de nous envoyer, en lien avec son intervention : 



Voici aussi le très beau poème du grand mystique andalou Ibn Arabi du XIIIe siècle :     


"Mon coeur peut désormais prendre toute forme :
Une prairie pour gazelles, un cloître pour moines,
Un sanctuaire pour les idoles, une Ka'aba pour les pèlerins.
Les tables de la Torah et le livre du Coran.
Je pratique une religion d'Amour :
vers quelque point où se dirige la caravane de l'Amour,
Là est ma foi et là ma religion."

lundi 10 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.081 : "Je ne suis pas capable !..."

Pendant ces 50 années de ministère que je viens de vivre en tant que prêtre, lorsqu'il m'arrivait de proposer telle responsabilité, même petite, à des paroissiens que je sentais prêts à servir Dieu et l'Eglise, je ne sais combien de fois ceux-ci m'ont répondu : "Oh non ! Demandez à quelqu'un d'autre, à un tel par exemple, parce que moi, je n'en suis pas capable !"
Alors, chaque fois, de mon mieux, j'essayais d'expliquer que la question n'était pas de savoir si on était capable ou non ; car alors en effet, c'est soi-même qu'on regardait, et la personne évaluait d'abord ses propres forces.
Or, lorsque l'on réfléchit un peu, que signifie une telle réponse négative ?  "Je ne suis pas capable"  =  "Je ne tiens pas compte du fait que Dieu peut agir en moi."  Au contraire, la vraie question à se poser devrait être la suivante : "Dieu est-il capable d'agir en moi ?"  Ou encore : "Dieu a-t-il la possibilité de passer par moi pour faire progresser l'avancée de son Royaume ?"  A une telle question, est-il concevable de répondre par la négative ?
Il est vrai que la Bible fourmille d'exemples de personnages, de prophètes qui, souvent ne se sont pas sentis en mesure de répondre positivement à la mission que Dieu souhaitait leur confier.  Un exemple seulement, celui de Moïse : lorsque Dieu, du milieu du buisson ardent, dit à Moïse : "Va ! Je t'envoie vers le Pharaon pour faire sortir d'Egypte mon peuple", que répond Moïse sur le champ ? "Moïse dit à Dieu : "Qui suis-je pour aller trouver le Pharaon et pour faire sortir d'Egypte les Israélites ?" Il faut relire tout ce passage de l'Exode (ch 3 et 4), dans lequel est relaté un dialogue savoureux entre Dieu et Moïse, celui-ci cherchant tous les arguments possibles pour dissuader Dieu de lui confier cette lourde mission.
C'est toujours le même problème : nous survalorisons nos insuffisances, et nous oublions totalement la grâce de Dieu, le soutien de Dieu.  Comme si Dieu nous larguait sans parachute du haut du ciel sur une responsabilité à assumer... Alors que le don de Dieu nous précède, nous entoure, nous soutient, et qu'il nous donne la force nécessaire pour assurer notre mission.
A vrai dire, je vais vous faire une confidence : j'ai moi-même passé ma vie à croire que je n'étais pas capable ! Pas capable de devenir prêtre, pas capable de m'occuper des jeunes, pas capable d'aller en Afrique lorsque l'on m'y a envoyé, pas capable de lancer des Cafés-Théo, etc.  En fait, chaque fois, j'ai l'impression que quelqu'un m'a poussé pour que j'avance, pour que je m'engage, alors que je serais volontiers moi aussi resté tranquille sur la touche !  Mais, avec le recul, je m'aperçois que, chaque fois que j'ai reçu un appel, Dieu m'a donné la force correspondante, que je ne pouvais trouver en moi seulement effectivement, pour que je puisse servir son projet, son Eglise.
Au terme de ces 50 années, je peux en témoigner : seul, on n'est pas capable ; mais fort de l'appui de Dieu, tout devient possible !
Me revient à l'esprit ce superbe cantique, que l'on considère comme "la Marseillaise des Protestants" :
"A toi, la gloire, ô Ressuscité,
A toi la victoire, pour l'Eternité !"

vendredi 7 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.080 : Tous invités à la fête pour la Saint Olivier le 11 juillet

Non, non, ce n'est pas une blague !  On ne vous pose pas un lapin !  Il n'y a pas de lézard, c'est bien vrai : qui que vous soyez, que vous ayez le temps ou non, si vous habitez Mortagne, St Laurent ou les environs, prochains ou même lointains, vous êtes bel et bien invités à venir fêter joyeusement la Saint Olivier mardi prochain 11 juillet, à 18h, entre 18h et 19h, au très agréable bar-presse-tabac-loto situé 1 rue du Château, à environ 2 mètres 50 du presbytère de Mortagne.  A vos agendas !
Olivier Leroux, le sympathique patron, avec son épouse Corinne, et moi-même, avons concocté ensemble cette invitation, qui s'adresse à tous ; prioritairement aux Olivier bien sûr -  si vous en connaissez, ne manquez pas de leur refiler le tuyau  -  mais aussi, aux clients, habitués ou non, aux voisins, aux hommes et femmes de bonne volonté, aux paroissiens... Et j'en passe, et des meilleurs. Et je n'oublie pas leurs enfants, Ameline et Théo.
Un moment, on a pensé inviter Olivier Besancenot ; vous savez ?  Le facteur ; mais il n'avait pas fini sa tournée !  Oh, il y avait bien Olivier Giscard d'Estaing ; mais on a eu peur qu'il se sente un peu déphasé au milieu de nous. Alors, pourquoi pas Olivier Cromwell ?  le célèbre politicien anglais... Mais on m'a fait remarquer qu'il était décédé... Heureusement qu'on n'avait pas encore envoyé la lettre d'invitation !!!
Une petite précision : Olivier et Corinne fournissent le local, leur sens de l'accueil, leurs chaises, leurs tables et leur sourire ; sans parler des boissons qu'ils nous serviront.  Mais dans quel but, cette soirée ?  Pour me donner l'occasion de remercier chacun, au terme de ces cinq années de bonheur passées à Mortagne et sur le quartier, de l'accueil reçu, des paroles fraternelles et des bons moment partagés ; sur le trottoir, souvent, au hasard des journées. Chaque jour ou presque, des centaines de fois en définitive, je suis allé à la rencontre ainsi des uns et des autres, avec l'achat quotidien des bonnes feuilles de "Ouest-France".
A propos, vous pouvez laisser votre bigaille à la maison : ce sera ma tournée ! Et vous n'avez pas à insister ni à refuser !
Un certain Olivier, dont je me demande encore s'il méritait bien de se prénommer ainsi, me disait un jour : "Mes parents m'ont donné ce prénom, mais je n'ai jamais su pourquoi.  Ce prénom d'arbre, tout à fait ridicule, en tout cas, je ne l'aurais pas choisi.  Pourquoi pas prunier ? ou abricotier ?  Non, vraiment, ce prénom, je ne le supporte pas." Cher frère Olivier, pôvre de toi, peuchère !  Si tu as la malchance de rencontrer un jour les deux compères, Marius et Olive, sur le port de Marseille, qu'est-ce que tu vas prendre comme dérouillée ! Et qu'est-ce que tu as contre ce bel arbre qu'est l'olivier, symbole de paix et de fraternité aux yeux du monde entier ?
Deux Olivier voisins et amis, ce n'est pas courant, ça se fête !  Merci d'inviter vos amis, et à mardi !


mercredi 5 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.079 : Comment ça s'est passé le 2 juillet ?

Je ne comptais pas forcément revenir sur la Fête de l'Alliance qui a eu lieu dimanche dernier 9 juillet à Mortagne, mais j'ai reçu plusieurs demandes d'information à ce sujet, de la part de blogueurs n'ayant pu être des nôtres ce jour-là.
Tout d'abord, il faut préciser que, chaque année, sur la paroisse, a lieu une semblable "Fête de l'Alliance", regroupant, comme ce fut le cas l'an passé, religieuses, diacres, couples fêtant un anniversaire "rond" de leur engagement, dans le mariage ou en religion.
Cette année, nous étions 35 à être "fêtés" : 16 couples, 2 Frères de St Gabriel, et moi-même, le curé.
Prévoyant une assistance plus nombreuse qu'à l'ordinaire, qui ne pouvait tenir dans l'église de Mortagne, nous avons réservé une grande salle municipale pour ce dimanche. Les jubilaires se sont réunis il y a plusieurs mois pour organiser cette fête, qui s'est déroulée de la façon suivante :
-  préparation de la salle, décoration, avec une grande banderole : "Riches de l'Amour que nous donnons", installation d'un grand écran,...
-  longue et chantante procession d'entrée, avec en tête une belle corbeille de mariage portée par un couple ayant 60 ans de mariage : "Chantez, priez, célébrez le Seigneur..."
-  sur l'écran défilent les photos de mariage des couples, tandis que ceux-ci se présentent.
-  présentation aussi des prêtres et diacres présents, ainsi que des amis venus des Sables d'Olonne, de Fontenay-le-Comte et d'ailleurs, et présentation de ma propre famille.
-  explication par un prêtre ami de son ressenti par rapport à une telle fête : "Je trouve intéressante l'orientation de la fête voulue fête fraternelle et solidaire. Des moments comme ceux-là font signe et donnent le visage d'une Eglise ouverte et bien de son temps."
-  après l'homélie, renouvellement des engagements des jubilaires, à l'appel d'un diacre, Michel :"...Acceptez-vous, devant tous, aujourd'hui, avec la force de Dieu, de renouveler votre engagement ?"  Et tous ensemble, y compris le curé, de répondre : "Oui, nous le voulons !"
-  chant alors, inspiré de la prière du P. de Foucauld : "Mon Père, je m'abandonne à toi..."
-  prière universelle faisant ensuite allusion aux multiples difficultés que peuvent rencontrer, dans nombre de domaines, des couples ou des personnes engagées en religion.
-  au cours de la messe, à deux reprises, l'on m'a signalé l'arrivée de deux groupes de Juifs des Sables d'Olonne : belle occasion d'accueillir de façon festive ces "frères aînés" et d'expliquer brièvement le sens de leur présence, fruits de riches relations tandis que j'étais curé aux Sables d'Olonne.
-  joyeux temps d'échange durant l'apéro.
-  de très nombreuses personnes sont restées sur place pour le "repas partagé", chacun ayant placé sur une grande table ce qu'il avait préparé, et tous ont pu se servir largement.
-  tout le long du repas, nombreuses interventions, fort diverses : deux de la part des Juifs, chant à la guitare : "Quand on n'a que l'amour", belles prises de parole d'une responsable bouddhiste et d'une femme de culture musulmane, des chansons drôles me mettant en boîte, tant de la part des Sablais que de ma famille, un diaporama surprenant racontant toute mon histoire de façon humoristique, etc...
Une fête quoi !  et parmi les cadeaux reçus, en ce qui me concerne, deux superbes tableaux, de la part des Juifs, dont l'un, une reproduction d'une oeuvre de Gustave Doré représentant une étonnante crucifixion, et une paire de chaussures de marche, sans doute pour me faire savoir qu'il n'était pas question pour moi de m'installer dans un fauteuil, à l'aube de la retraite !
Pas plus que pour les Frères ou les couples jubilaires d'ailleurs.
Et comme Michel, notre chef de choeur, nous l'a fait chanter : "Tiens bon la vague et tiens bon le vent, hisse et ho, Santiano, si Dieu veut, toujours droit devant, nous irons jusqu'à San Francisco".
Jusqu'au bout de notre traversée, jusque dans le coeur de Dieu !

mardi 4 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.078 : "Sainte" Simone Veil, à la droite de Dieu

"Simone Veil, une sainte ?  Non mais, ça va pas la tête ?  Il a un sacré culot, le curé !  Elle ne peut pas être sainte... !  D'abord, c'est une Juive (j'allais dire : "ce n'est qu'une Juive", comme certains le pensaient alors).  Et en plus, elle a milité en faveur de la libéralisation de l'avortement, ce qui est contraire à la loi de l'Eglise."
Voilà ce que l'on entend depuis quelques jours.  Comme c'est dérisoire !  Quand on sait pour quelles raisons elle a proposé la légalisation de l'avortement, et à quelles conditions, d'après elle, celui-ci pourrait avoir lieu.
Ansi qu'elle le déclarait le 26 novembre 1974 à la tribune de l'Assemblée : "L'avortement doit rester l'exception.  Mais nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300.000 avortements qui, chaque année, mutilent les femmes dans ce pays, bafouent nos lois et humilient ou traumatisent celles qui y ont recours..."
Bien sûr, il n'est pas dans mon intention en ce billet de dire que l'avortement, il est beau et il est gentil ; c'est en effet quelque chose de terrible, dont un certain nombre de femmes ne se relèveront jamis ; mais mon objectif était simplement d'honorer une femme qui a ressenti une grande compassion vis-à-vis de nombre de ses soeurs en souffrance, par rapport à la situation à laquelle celles-ci se sentaient acculées !
D'autre part, une des marques les plus importantes de la personnalité de Simone Veil, c'est que, malgré tout ce qu'elle a dû endurer dans les camps de concentration, et je ne vais pas vous faire un dessin le décrivant, après la guerre, face aux Allemands, tandis que beaucoup n'arrivaient pas à pardonner à leurs bourreaux, et on peut les comprendre, elle, par contre, n'a jamais été dans la vengeance.
Plus que cela, elle a même milité ardemment en faveur de la réconciliation franco-allemande. Quelle leçon pour nous qui, lors des conflits bien moins graves que nous affrontons dans notre vie de tous les jours, avons tant de peine à stopper la spirale de la haine et de la violence.
Voilà pourquoi je suis persuadé que Simone Veil, non croyante, est cependant de la taille des plus grands saints de l'Eglise. A l'image par exemple de Saint Maximilien Kolbe, ce Franciscain polonais qui chantait des cantiques dans le bunker de la faim, en adressant un sourire plein de bonté aux SS qui le condamnaient à une mort infâme.
Déclarer "sainte Simone Veil ? Pour illustrer cette proposition, voici un écrit de Jean d'Ormesson qui me semble d'une sagesse proprement biblique : "J'admire beaucoup les athées. Parce que les gens qui croient en Dieu, eux, ont le ciel.  Ils savent que, s'ils font le bien, ils auront une récompense.  Mais les athées qui se sacrifient pour les autres, qui donnent leur argent aux pauvres et vont visiter les malades ou les prisonniers sont des espèces de saints qui donnent réellement et gratuitement. Je dis que les athées sont peut-être les seuls qui méritent le "surnom" de saints, et qu'ils seront sûrement assis un jour à la droite de ce Dieu auquel ils ne croient pas."
A titre de rappel; c'est ce même Jean d'Ormesson qui avait accueilli Simone Veil à l'Académie française.

Sainte Vierge Marie, priez pour nous, pauvres pécheurs !   Et merci d'associer votre petite soeur juive, Simone, à votre prière pour nous !  Merci à vous !

lundi 3 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.077 : Les jubilaires ne sont pas les derniers des Mohicans !

Hier dimanche, à la salle polyvalente de Mortagne, j'étais très ému en voyant ces deux Frères de Saint Gabriel et ces 16 couples jubilaires au premier rang, debout devant tous, mais surtout devant le Christ, prêts à renouveler en lui leur bel engagement.
En un monde où la fidélité, la ténacité, le pardon mutuel, la confiance ne sont peut-être plus des valeurs dominantes, je me suis dit alors en moi-même :  "Non, rien n'est perdu ! Tout est encore possible !  Tout est toujours possible ! Faisons confiance au Christ pour continuer de croire et d'espérer."
En effet, ce n'est pas parce que l'on est frère ou prêtre ou marié depuis 50, ou même 60 ans, que l'on a le droit de douter de l'avenir, et de penser que nous sommes "les derniers des Mohicans" de l'amour !
Le risque en effet, lors de telles fêtes, c'est de croire que ces jubilaires ont été plus performants que d'autres, car, envers et contre tout, ils auraient "tenu", comme on dit.  Sous-entendu : tandis que d'autres auraient été moins fidèles ou moins bons... Quelle tentation !  Quelle prétention !  Et vous sentez bien qu'une telle lecture serait totalement anti-évangélique et intenable !
D'ailleurs, quand, du haut de l'estrade, j'ai interrogé les jubilaires pour leur demander s'ils avaient l'impression d'avoir mené une vie meilleure que celles d'autres couples, ou d'avoir été parfaits, tous m'ont répondu en choeur : "Ah non !"
Car, si jubilaires nous sommes, et j'en étais heureux avec eux, pécheurs, imparfaits et limités nous restons ! Quoiqu'en route vers la Lumière bien entendu, évidemment, même si c'est en boitant...
Et je me suis permis de dire, même si ce n'est pas un langage d'homélie, que ce jubilé n'était en rien pour nous une mise à l'honneur, mais comme "un coup de pied quelque part" pour nous remettre enfin dans le droit chemin de nos engagements !
Ensemble, nous avons essayé de ne pas oublier l'essentiel : ce que nous avons fêté en ce jour, c'est le Christ, le seul Saint, comme disent les Protestants, le seul homme parfait !  Le seul qui a su aimer, le seul qui a su pardonner, le seul qui ne s'est jamais détourné du Père.
Et ce que nous avons célébré hier, c'est l'action du Christ, la vie du Christ, l'amour du Christ, au coeur de la vie des jubilaires ; le combat incessant du Christ en eux pour qu'ils passent chaque jour un peu plus, comme le rappelait St Paul dans la 2° lecture de ce dimanche, de l'ombre à la lumière et de la crainte à l'espérance !
Et je fais totalement miennes ces paroles de Frère Guy dans le témoignage qu'il nous partagé : "Après 50 ans d'engagement définitif, nous ne pouvons que remercier le Seigneur pour sa fidélité. Il nous a toujours accompagnés et rendus heureux dans la diversité de nos différentes missions."


samedi 1 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.076 : Dans le sillage du Christ

Je ne m'attendais pas à ce que les gens donnent une telle importance à cette fête paroissiale de l'Alliance que nous allons vivre demain dimanche, avec 2 Frères et 16 couples jubilaires !
Déjà, tous, et moi-même, nous sommes très émus de pouvoir rendre grâce à Dieu pour toutes ces années d'Alliance vécues avec le Seigneur.
Surprise d'entendre nombre de personnes, y compris non habituées de l'Eglise, me souhaiter : "bon Jubilé", "bon anniversaire" ou "bonne fête" !
Coups de fil, cartes de fête, courriels en nombre... On m'a même envoyé des fleurs, de superbes roses, qui vont décorer l'autel demain : j'en suis tout retourné ! C'est la 1° fois dans ma vie de prêtre que l'on m'offre des fleurs !
Avec la question : est-ce que je les mérite vraiment ?
Heureusement, un autre couple, de St Laurent-sur-Sèvre, hier vendredi, m'a offert une croix, très belle, confectionnée d'ailleurs par le mari, excellent ouvrier dans le bois !  Me rappelant ainsi, comme le dit le passage de l'Evangile de ce dimanche que nous lirons demain, que "celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi." (Matthieu 10//38)
Le mot suivant accompagnait l'offrande de cette croix de Pâques, le Christ ressuscité n'y étant plus cloué :

Olivier,

En ce jour de remerciement de Fidélité à divers engagements de nos vies, il est bon de remercier Celui qui nous a permis de vivre cette vie jusqu'à aujourd'hui.
Pour nous, 55 ans de mariage, que de joies et de peines partagées.  Le déroulement d'une vie n'est pas un long fleuve tranquille car, après un engagement pour la vie, nous ne savons pas tout ce que cela va entraîner.
Vivre jour après jour, en acceptant d'être différents, se remettre en cause, dire oui chaque instant à l'inattendu, à ce qui n'était pas prévu... Il faut se référer au Seigneur pour lui demander ce qui est le meilleur.
Aujourd'hui, fêtons tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, ont contribué, se sont engagés pour une vie meilleure, la leur et la nôtre.
Olivier, Frère Michel, Frère Guy et tous les autres, soyez remerciés pour tout ce que vous nous avez apporté et partagé.
Ne pouvant être des vôtres dimanche, nous penserons spécialement à vous tous et lèverons nos verres pour célébrer cette journée dans la joie et le remerciement. 

Mille mercis à vous !

vendredi 30 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.075 : "Dieu ne m'a pas donné ce que je lui demandais !"

'"Mais enfin, qu'est-ce que c'est que ce Dieu ?  Je l'ai prié pendant des mois, j'ai fait dire des messes, j'ai mis des cierges et tout... Et pourtant, malgré tout ce que j'ai fait, le mal dont souffrait mon épouse a empiré, et elle est décédée ! Je suis abattu !  Comment est-ce que je peux encore croire en Dieu ?  Il m'a trop déçu !"
Ceci est un dialogue imaginaire !  Mais nous avons tous entendu des paroles de ce genre, face auxquelles tout essai de réponse semble impossible et ne peut être que rejeté.
C'est un peu la logique du mérite : j'ai prié ; donc, en échange, Dieu doit me donner ce que je mérite, sinon, ce n'est pas juste ; c'est comme une arnaque !
Et la réaction est souvent la suivante : "Dieu ne me donne pas le bonheur, il ne m'accorde pas ce que je lui ai demandé, alors, il n'est pas crédible, et je le quitte !"  En effet, si Dieu ne répond pas à nos désirs, il n'est pas "aimable" ! Voilà une des raisons pour lesquelles on "divorce" beaucoup de Dieu de nos jours ! Mais la prière serait-elle un commerce ? Je commande à Dieu ce que je veux, je le paye avec mes prières et mes cierges, et, après avoir ainsi passé à la caisse, je repars avec exactement ce que j'ai demandé, et que j'ai largement payé !
On sent bien que, dans ce calcul, il y a quelque chose qui cloche !  C'est pour cela que Descartes disait : "ce sont les "âmes faibles" qui n'aiment qu'à la condition d'en retirer un bénéfice, tandis que les "grandes âmes" aiment sans condition, de façon purement désintéressées."  Mais je n'aime pas trop cette façon de parler des gens en difficulté !
Il est vrai que Jésus nous dit dans l'Evangile : "Demandez, et vous recevrez."(Matthieu 7/7). Il dit aussi : "Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l'avez reçu, et cela vous sera accordé." (Marc 12/24)
Mais nous faisons sans doute trop souvent erreur sur la motivation profonde de la prière et son vrai sens. Plutôt que les réflexions de Descartes, méditons plutôt ce mot de St Augustin : ""Nous ne prions pas Dieu pour l'instruire, mais pour nous construire." C'est-à-dire, pour nous mettre en condition d'accepter les événements que nous sommes appelés à vivre, les souffrances qu'il nous faut traverser.
Il faut le dire et le redire en effet : la prière n'a pas pour but de changer Dieu, comme s'il cessait parfois de vouloir notre bien !  C'est notre coeur qu'elle a pour but de transformer.
Pour que ce soit clair, il faudrait abandonner tous ces refrains de prière universelle ou autres qui demandent à Dieu de nous écouter ; comme s'il ne nous écoutait pas, comme s'il tournait le dos à nos misères, comme s'il était sourd à nos appels : mais n'est-on pas là aux limites d'un certain manque de foi?
Préférons des prières, ou des refrains, du style :"Donne-nous ton Esprit... Fais de nous des ouvriers de paix..."
La vraie prière chrétienne ne doute pas de l'écoute de Dieu, mais lui demande son aide pour changer nos coeurs.  Prier en effet, c'est faire barrage en nous contre la désespérance, face à un grand malheur par exemple. C'est laisser Dieu entrer en nous, et lutter en nous, à travers nous, contre toute souffrance et toute mort. En priant, l'on n'est plus seul au monde face à nos problèmes en effet : on ouvre alors à Dieu la porte de ce monde, la porte de notre vie, et il peut venir y oeuvrer.
Redisons souvent cette merveilleuse prière du P. de Foucauld, que vous avez déjà sans doute en votre possession : "Mon Père, je m'abandonne à toi, fais de moi ce qu'il te plaira..."
Le secret de la vraie prière, il est là !

jeudi 29 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.074 : Prêtre, un "métier" formidable !



Les paroissiens de la Gaubretière, les Landes et Tiffauges qui ont préparé le bulletin du doyenné pour le mois de juillet ont demandé aux trois prêtres de ce même doyenné qui, arrivant à 75 ans, vont quitter leur paroisse cet été, de donner brièvement leur témoignage. A l'attention des lecteurs de ce blog qui vivent en d'autres lieux, je vous partage ci-dessous ma petite contribution sous le titre : "Prêtre, un "métier" formidable !"
La publication d'un tel billet en ce jour n'est pas due au hasard, puisque j'ai été ordonné prêtre en la cathédrale de Luçon, par Mgr Paty, il y a tout juste 50 ans aujourd'hui, le 29 juin 1967.  En la fête de ces "colonnes de l'Eglise", St Pierre et St Paul qui, bien que grands pécheurs, furent appelés par le Christ à témoigner de sa Bonne Nouvelle jusqu'aux extrémités de la terre !

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Même si, être prêtre, ce n’est pas à proprement parler un « métier », pour l’exemple, je me retrouve tout à fait dans cette déclaration du grand footballeur Raymond Kopa qui nous a quittés en mars dernier : « En entrant sur le terrain, chaque fois, je me disais : « Raymond, t’es un sacré veinard !  Tu fais un métier formidable ! » Eh bien, durant toutes ces années vécues sur Mortagne et St Laurent, c’est ce même sentiment que j’ai ressenti !

Merci à tous !

Vous voulez savoir ce qui m’a rendu heureux dans ma vie de prêtre ?
C’est le visage ouvert et chaleureux des gens rencontrés et salués aussi bien dans la rue qu’avant et après les eucharisties par exemple ; j'y ai reconnu le visage du Christ !  Ou encore, lorsque j’entends des enfants me dire : « Celui/celle qui me fait le caté est formidable ! »  Que du bonheur aussi quant aux réflexions faites à propos des quatre diacres de notre paroisse : « Ce sont des hommes remarquables !  Et leur témoignage de vie, en lien fort avec leurs épouses, est magnifique ! »
Joie profonde également quand des membres de familles endeuillées soulignent que « les sépultures conduites par des laïcs sont de grande qualité», bien que je comprenne et souffre moi-même de ce qu'un prêtre ou un diacre ne puisse toutes les assister en un tel moment. Même allégresse lorsque les paroissiens sortent rayonnants des messes dominicales comme des messes des familles, de 1° Communion ou autres… Je ne rendrai jamais assez hommage à tous ceux et celles qui, dans l’ombre, préparent et animent nos célébrations (organistes, chorale, animateurs, servants d'autel, fleuristes, sacristains...), ainsi que la vie de la paroisse !

Le bonheur d’aller aux périphéries

Je suis marqué par la joie des personnes qui ont le souci de visiter les malades, dans leur quartier ou les Ehpad. Et aussi par l’action collective qui se vit au sein du Secours Catholique, dans l’accompagnement des personnes en détresse ou des réfugiés.  De même que par la réponse massive d’un grand nombre de personnes intéressées par les Cafés-Théo dans un bar, le Cercle de silence sur la Syrie qui a rassemblé 100 personnes dans la rue, ou lors des soirées avec des musulmans, ou un pasteur protestant ou un moine bouddhiste, très largement suivies.
Une Eglise ouverte et inventive, donnant « le goût de Dieu », composée de personnes et de pasteurs qui ont toujours besoin du pardon du Seigneur, mais qui rayonnent de la joie du Christ ressuscité, voilà ce qui m’a rendu heureux sur ce Nord-Vendée, et plein d’espérance pour l’avenir !

Il y aurait bien sûr mille autres choses à partager, mais le don de Dieu est sans fin !

mercredi 28 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.073 : En vacances, vivre autrement !

Le temps des vacances est tout proche désormais, du moins pour ceux qui ont la chance de pouvoir en vivre... Et le désir de ces chanceux, c'est de pouvoir les vivre à fond !  Première chose à faire, donc : remercier le Seigneur des temps libres, parce que c'est de lui que nous tenons le temps, la santé, les moyens et autres pour pouvoir nous extraire d'une vie parfois lourde, et nous refaire à fond.
En ce qui me concerne, plus j'avance en âge, plus je me rends compte du cadeau merveilleux qui nous est fait à travers cette période où l'on peut enfin respirer, prier, souffler, aimer, en un mot, exister à fond, devant les autres et devant Dieu.
Quatre pistes, parmi d'autres sans doute, mais qu'il sera à vous de rechercher, pour changer de vie, pour vivre "autrement".

ADMIRER
Qu'elle est belle cette création où tu nous as placés, Seigneur !  Le ciel, le soleil, les arbres, les vallonnements, les fleurs, la mer, les animaux, l'horizon infini : toute cette beauté nous est offerte ; savons-nous prendre le temps de la contempler ?  C'est aussi la demeure de Dieu !

ECOUTER
Recette pour réussir de bonnes vacances, comme me le disait une ancienne paroissienne de l'Ile d'Olonne : "dans la cocotte familiale, mettre une bonne dose de temps libre, une autre de communication, ajouter un zeste d'humour, couvrir de patience, laisser cuire au feu doux de la tolérance et de l'affection."   Et cela, en étant toujours disponible à écouter et entendre tous ceux et celles qui ont besoin de pouvoir se livrer en pleine confiance.


FAIRE LA FETE, SERVIR
La fête, c'est un facteur d'équilibre, pour chacun. Cet été, nous aurons l'occasion de vivre des moments festifs, en famille, en société, en Eglise, dans nos associations.  Faire la fête, cela nous met en union avec les autres et nous permet de rompre avec le quotidien des mois de travail et de responsabilités. La fête, c'est à la fois le partage, la liberté, la fantaisie enfin, le jeu, les choses simples, la paix et la joie !

SE RESSOURCER, PRIER
Seigneur, si je dispose d'un peu plus de temps, où, quand m'invites-tu à te rencontrer ?  
Et si je m'arrêtais, seul, ou avec d'autres, ou en famille, face à la mer, tout simplement, ou en tout autre lieu de paix, pour relire, pour partager la Parole de Dieu, avec les textes ou le psaume du jour, en réfléchissant à ce que nous disent ces paroles sacrées.

A chacun de voir, de préparer peut-être, ce qu'il lui est possible de faire pour vivre "autrement" ces jours de paix que Dieu nous offre gratuitement cet été !

P-S : une idée de Thierry, diacre sur la paroisse : avant de partir, en famille, faire la liste de personnes isolées, ou ne pouvant prendre des congés, auxquelles nous pourrions envoyer une petite carte amicale ; pourquoi pas ?



lundi 26 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.072 : 50 années de sacerdoce heureux

J'arrive du Centre spirituel de Chaillé-les-Marais, où je viens de vivre une journée exceptionnelle avec  les amis prêtres vendéens ordonnés comme moi il y a tout juste 50 ans.
Journée d'évocation, de relecture, d'action de grâce, d'émerveillement, à l'écoute de ce que chacun a vécu de beau, de profond, de grand, d'enthousiasmant, dans cette mission d'Eglise reçue il y a déjà un demi-siècle !!!
D'ailleurs, nous n'en revenions pas d'avoir traversé tout ce temps, ainsi que bien des embûches et difficultés, et de nous retrouver là, ensemble, toujours actifs et vivants, unis et décidés comme au jour de notre ordination.
Le bonheur d'être prêtre, cela existe : nous l'avons expérimenté !
A travers nos échanges, ce qui est ressorti en premier, c'est la conscience de l'immense soutien reçu de la part des hommes, des femmes, des jeunes et des enfants innombrables que nous avons eu la chance de rencontrer ; et cela, en permanence, quel que soit le lieu ou la mission effectuée.  Nous n'aurons jamais assez du restant de nos jours pour en remercier le Seigneur !  Déjà, depuis quelque temps, lorsque je pense à ce que je ferai lors de ma semi-retraite, et cela même si l'on m'a nommé prêtre auxiliaire au service de deux paroisses, ce sera, en priorité, de confier sans cesse au Seigneur toutes les personnes rencontrées durant ces 50 années.
Autre point marquant : le fait d'avoir vécu ces années dans le grand souffle du Concile, qui a eu le mérite de dépoussiérer notre Eglise.  Une Eglise que nous avons vu s'ouvrir de plus en plus, une Eglise se libérant peu à peu de toute sorte de pratiques un peu désuètes, une Eglise que nous avons eu plaisir à servir.  Et chacun d'apporter alors une multitude faits : impossible de tout citer... Depuis le prêtre-ouvrier (une mission reconnue après le Concile) jusqu'au prêtre enseignant en université, partageant sa foi sacerdotale avec de grands étudiants, en passant par un ancien vicaire général, 2 anciens vicaires épiscopaux, un supérieur de congrégation, trois anciens aumôniers nationaux, deux d'entre nous qui ont été missionnaires en Afrique ou à Madagascar, tous d'ailleurs - quelle chance ! - ayant vécu une partie de leur vie de prêtre hors de Vendée, dans un autre diocèse, à Paris ou à l'étranger.
Et chacun de répéter :" nous avons eu la chance d'avoir de bons maîtres, de bons conseillers" ; ou encore : "j'ai toujours été très heureux dans tous les postes qui m'ont été confiés" ; ou : "même si nous n'avons pas toujours été au top, ni du goût de tout le monde probablement, avec le recul, on ne regrette rien de cet engagement !"
Et si c'était à refaire, on repartirait !  Fiers de ce beau Peuple de Dieu qui, malgré ses insuffisances, continue de cheminer, modestement, mais fermement, dans le sillage et à la lumière de l'Evangile du Christ.
Etre prêtre, pour nous, cela a vraiment été une passion !  Et nous n'avons pas peur de l'avenir, car, comme le dit si bien le philosophe protestant danois Kierkegaard : "Dieu s'occupe bien des affaires de Dieu !"
Notre expérience nous a au moins appris une chose : douter de l'avenir de l'Eglise, face aux difficultés qu'elle traverse, c'est douter de Dieu !
Une belle eucharistie nous a permis de remettre tout cela dans les mains du Seigneur !

P-S  :  J'en profite pour rappeler que vous êtes tous invités à la Fête de l'Alliance prévue dimanche prochain 2 juillet à Mortagne, à la salle polyvalente.
Au cours de la messe de 10h30, les jubilaires (16 couples,  2 Frères de St Gabriel et moi en tant que prêtre) renouvelleront leur engagement d'alliance.
Puis, pot d'amitié, suivi d'un repas partagé et festif (chansons, diaporama, interventions diverses...)
Chacun, s'il en a la possibilité, peut apporter un plat ou autres.  Tout sera déposé sur une grande table, et on se servira.
Apporter assiette, verre, couverts.
Repas ouvert à tous, sans inscription, et pas seulement aux familles des jubilaires.
A dimanche !

dimanche 25 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.071 : "Vous étiez combien ?"

Je ne sais pas d'où cela vient, mais je remarque que, à la suite d'un Café-Théo par exemple, la question qui vient en premier, c'est : "Vous étiez combien ?"  Alors que l'on pourrait s'attendre à un questionnement d'un autre type, par exemple : comment l'échange s'est-il déroulé ?  Est-ce que les participants se sont bien exprimés ?  Ou encore  : qu'est-ce qu'il en est ressorti ? Souvent aussi, après les messes des familles, des personnes demandent : "Il y avait combien d'enfants ?"  Sous-entendu peut-être, mais je n'ose le croire : s'il n'y en avait que 8 ou 9, cela signifiait pour eux que c'était raté.  Réaction très compréhensible, et bien humaine finalement... Mais il ne faudrait pas que l'on en arrive trop vite à la conclusion suivante : s'il y a si peu d'enfants, cela vaut-il le coup de continuer ?
Le problème, c'est que, aux yeux de Dieu, faire porter l'interrogation de façon trop forte sur le problème du nombre, c'est sans doute une fausse question, ou une question mal placée.  J'aime bien cette réflexion de Mgr Albert Rouet : "Dieu n'aime pas les bilans."  "Le pape, combien de divisions ?" demandait Staline. C'était bien l'exemple type d'une question "in-sensée"...
En effet, peut-on calculer combien de personnes se tournent réellement vers Dieu, ou vers les autres, à tel moment ?  On peut dénombrer des présences, c'est vrai, et ce n'est pas inutile !  On peut étaler des chiffres, établir des listes, mais que cherche-t-on à prouver par là ?  Qu'on a été efficaces, que notre façon de faire était bonne ?  Pourquoi pas ?
Mais alors, attention !  Car il ne faudrait pas que l'on recherche à faire bonne figure, devant l'évêque par exemple, ou face aux personnes qui nous entourent...  Pour les épater !
Toute la vie de Jésus l'atteste en effet : c'est d'abord dans la faiblesse que la grâce de Dieu se déploie.  Et c'est dans le fond des coeurs que Dieu seul peut mesurer la profondeur et la qualité de l'amour.
Comme cela s'est dit la semaine passée lors d'une rencontre entre catéchistes : même s'il n'y a que trois enfants dans un groupe, l'on ne doit pas se lamenter !  Au contraire, réjouissons-nous : il y avait moins de monde que cela au pied de la croix !
Et pour conclure, ce proverbe russe que je cite allègrement depuis des années, et pas seulement pour me consoler : "Dieu plus une personne, cela fait toujours la majorité !"

P-S :  Une belle conclusion aussi que m'a soufflée une paroissienne de St Laurent-sur-Sèvre, en me livrant, le 29 juin 2017, cette parole si juste de Mgr Albert Rouet : "L'heure n'est plus à compter qui vient à l'église, elle est de savoir vers qui va l'Eglise !"

mardi 20 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.070 : "Mourir, ce n'est pas finir..."

Il est des moments où nous, les curés, on reçoit quand même un sacré coup de main pour notre ministère de la part des gens ; sans forcément que ceux-ci s'en rendent compte d'ailleurs !  Je prends un exemple : hier, sépulture d'un papa encore relativement jeune, décédé, comme trop souvent, d'un irrémédiable cancer.
1° acte : tandis que je sors saluer son épouse dans la rue avant la cérémonie, celle-ci me glisse : "Surtout, que ce ne soit pas triste, ni pesant ! Mon mari était quelqu'un de gai..."  Et autres paroles m'invitant clairement à veiller à la tonalité de la célébration.  Cela m'a bien aidé à trouver les mots tandis que j'accueillais alors parents et proches rassemblés autour du corps, devant l'église ; puis, ensuite, durant l'ensemble de la célébration.
2° acte : la famille, pourtant profondément éprouvée, avait choisi pour l'entrée un chant particulièrement dynamique et entraînant : "Chantez, priez, célébrez le Seigneur..." A ce moment-là aussi, j'ai pu préciser à l'assemblée que la famille avait tenu à ne pas choisir des "chants d'enterrement", tristes et lugubres. Plus facile alors pour tous d'entrer, naturellement, dans l'espérance et dans une certaine sérénité.
3° acte : lors de la prière universelle, j'entendis la parole suivante : "mourir, ce n'est pas finir ; c'est continuer à vivre autrement..."  Je n'en suis pas revenu !  Cela me facilitait drôlement la tâche, que ce soit des personnes affrontées à une mort pouvant paraître destructrice, qui illustrent d'elles-mêmes ce que nous avions entendu lors de la 1° lecture, tirée de Saint Jean, à savoir que "nous passons de la mort à la vie." En effet, lors de telles sépultures, il n'est jamais simple, pour le curé ou le laïc qui préside, d'essayer de faire saisir, par l'assistance, que la mort n'est pas la fin de tout !
4° acte : le moment de l'au-revoir. Plusieurs superbes témoignages, brefs et profonds, exprimant et la foi en la vie qui continue, et la perspective que l'on se retrouvera un jour, etc.  Impressionnant !
5° acte : échangeant avec la fille du défunt, celle-ci, tout en pleurant son papa, me fit cette confidence : "Il était formidable, il nous a donné la vie."  Et j'ai exprimé qu'il pouvait sans doute continuer encore à la donner, cette vie.
6° acte : au cimetière, même recommandation de l'épouse aux laïcs devant assurer une dernière prière devant la tombe : "Surtout, que ce ne soit pas triste !"
7° acte : le tout se terminant autour d'un verre de l'amitié, dans le bonheur d'être ensemble, forts d'avoir vécu un riche moment de lâcher-prise, dans cette église de Mortagne comble et fraternelle.

lundi 19 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.069 : "En marche" vers un meilleur accompagnement de nos frères et soeurs réfugiés ???

Non, je rêve ! Vraiment, on aurait pensé aux réfugiés pendant cette interminable campagne électorale ? Ce lundi matin encore, je viens de relire les professions de foi de nos candidats à la députation.  Tenons-nous en aux deux rescapés qui viennent de s'affronter lors du 2° tour sur le Nord-Vendée : aucune allusion bien sûr à la question des réfugiés.  Sans parler même d'une petite demi-ligne à propos de l'immense misère du monde, au-delà de nos petites frontières locales ou nationales.
Cela tombe mal : demain 20 juin, c'est la journée mondiale annuelle des réfugiés ; date choisie par les Nations Unies pour faire que les populations soient sensibilisées à cette terrible question.
Bien entendu, on compte sur les nouveaux élus d'En Marche et autres pour profiter de leur nouveau costume afin de mettre le doigt là où il le faudrait, là où, en priorité auprès des plus défavorisés, on les attendrait...
Ah mais, j'oubliais, on aura bien d'autres choses importantes à régler ce 20 juin... Entre les commentaires sur cette si belle élection, le contenu de la mallette accordée à chaque nouveau député, les cris de joie et d'allégresse qui leur échappent et tout et tout... Pensez donc : il y a un an, personne ne nous connaissait... Et on est passés devant !
Et je ne parle pas de nos "immenses" problèmes de malheureux Français !
Chers frères et soeurs réfugiés, attendez donc encore un peu !  Pour le moment, on n'a pas le temps ! Mais, on vous le promet, bientôt, on va s'occuper de vous ; et bien mieux que ne l'ont fait les Hollande, Sarkozy et consorts. Nous, c'est une nouvelle façon de faire de la politique, au plus près des besoins des gens. Alors, soyez-en certains, avec nous, tout va changer !
Les vieux politiciens qui nous ont précédés ont laissé à l'abandon dans les rues de Nice, de Paris ou de Calais des personnes et des familles, en espérant que cela en dissuaderait d'autres de les rejoindre. On a laissé les associations, comme le Secours catholique ou autres, livrées à elles-mêmes, quand on ne les a pas montrées du doigt ou harcelées.
Etes-vous au courant, chers nouveaux élus, des atteintes aux droits fondamentaux dont sont témoins les journalistes et membres d'associations (privation d'eau, conditions d'hygiène déplorables, interdiction de se rendre à des distributions de vivres...) ?  Au cas où vous ne seriez pas au parfum, dépêchez-vous de vous informer !
Rappelez-vous ce chiffre : plus de 10.000 étrangers sont morts en mer depuis 3 ans !
Et croyez-vous qu'il soit digne de la France, cette grande puissance mondiale dont vous êtes les élus, de fermer ainsi la porte au nez à des frères et soeurs en détresse, quand d'autres nations, bien plus défavorisées, et avec bien moins de moyens, bien que (?) composées parfois pourtant (?) presque totalement de musulmans (?), savent les recevoir mille fois mieux que nous ?  La Turquie avec 2,5 millions de réfugiés, le Pakistan pour 1,6 million, le "petit" Liban pour 1,1 million, l'Iran pour 980.000  personnes, l'Ethiopie pour 735.000 et la Jordanie pour 664.000 !
Question : comment la nouvelle majorité va-t-elle veiller à ce que le droit d'asile soit enfin respecté en France, tel que le demande la Convention de Genève que nous avons signée ?
Hier, à l'occasion de la fête du Corps et du Sang du Christ, nous avons peut-être chanté, un peu partout en France comme dans les églises de notre paroisse : "Nous formons un même corps, nous qui avons part au même Pain". Mais quand est-ce que cela deviendra enfin une réalité ?

P-S  :  Quasiment tous les jours, je reçois par mail des réactions par rapport aux billets
de ce blog. En général, je ne les publie pas, et j'ai peut-être tort ?  Aujourd'hui cependant, je ne résiste pas au fait de vous citer ce que je viens de recevoir, tout en gardant l'anonymat de la personne.  Cela illustre fort bien ce que je voulais signifier.

 Merci Olivier pour le blog de ce jour.

 L'attitude de la France me révolte! Quand elle accueille quelques réfugiés comme chez nous, elle leur crée un tas de difficultés avec de la paperasserie...
 Simplifions toutes les procédures administratives et accueillons vraiment, pas seulement avec des bénévoles...
 A St Laurent, rue de la Jouvence, dans la maison des frères de St Gabriel, il y a maintenant une comorienne, un congolais, une famille albanaise avec un enfant de 5 ans.
 Tous en attente de régularisation de papiers . Une association inter communale St Malo, St Laurent, Mallièvre et Treize-Vents s'en occupe.
 Vive les bénévoles, ce n'est pourtant pas simple du tout ! Le Secours Catholique est actif auprès d'eux aussi pour la nourriture, les vêtements et autres besoins matériels (une télé par exemple!).
 Bien cordialement, M.

 

samedi 17 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.068 : Le drame du divorce !

Attention !  A travers ce billet, il n'est pas question pour moi de "juger", et encore moins, de condamner celles et ceux qui vivent une situation de divorce. La séparation dont ils souffrent, c'est déjà assez dur comme ça... Mais ce n'est pas une situation facile à  vivre !  Je pense à la réaction de cette jeune femme de passage hier au presbytère avec le plus jeune de ses enfants. Nous étions en train de parler caté lorsque cet enfant, au milieu de notre conversation, nous a arrêtés en me disant à moi, en me regardant dans les yeux  -  et c'était sans rapport avec notre échange sur la catéchèse  :  "Mon papa, il est parti habiter dans une autre maison" !!! La maman a alors fondu en larmes : "Jusqu'au bout, je ne me suis rendu compte de rien.  C'est vrai que, depuis quelques mois, il me disait : "C'est pas que je ne t'aime plus, mais je n'éprouve plus de sentiments pour toi."  Cette réflexion m'a glacé jusqu'au sang !
Cela m'a rappelé cette autre paroissienne me demandant si je ne pourrais pas écrire sur mon blog un billet sur le divorce.  Elle-même souffre de voir son fils séparé de son épouse ; leur petit-fils, auparavant tout mignon, n'est plus comme avant ; il est vraiment perturbé à présent : "Papa et maman ne s'aiment plus..." Cette mamy évoquait à ce propos l'article paru sur le divorce dans le journal "Ouest-France" du 9 juin sous le titre : "Couples à la retraite : pas toujours facile". L'auteur explique que les divorces de seniors ont triplé en vingt ans. Et cette paroissienne de me dire : "Comment aider nos jeunes à rester fidèles à leur engagement, alors que les seniors eux-mêmes, dont on serait en droit d'attendre une certaine exemplarité, en arrivent à ne plus pouvoir vivre ensemble ?  Le problème, c'est qu'on n'est plus dans une société de l'engagement..."
Ce que j'ai apprécié dans ce qu'elle m'a partagé, c'est la façon dont, avec son époux, ils essayent de se situer !  "On essaye de garder le contact avec notre belle-fille. De Lourdes, on lui a envoyé une carte, sans savoir s'il y aurait une suite ; mais aussitôt, on a reçu un texto : "Merci pour votre gentille carte." Pour les enfants, on fait tout pour garder le lien.  On ne s'attend pas à une réconciliation dans l'immédiat, mais on ne sait jamais. Si cela pouvait arriver, on veut pouvoir y contribuer. Même si, pour l'instant, il nous faut accepter l'incompréhensible.
Quelques citations de la récente Lettre-encyclique du pape François sur "La Joie de l'Amour" :
-  "C'est bon de se donner toujours un baiser le matin, se bénir toutes les nuits, attendre l'autre et le recevoir quand il arrive, faire des sorties ensemble, partager les tâches domestiques." (n° 226)
-  "Nous ne pouvons pas nous promettre d'avoir les mêmes sentiments toute la vie. En revanche, oui, nous pouvons avoir un projet commun stable, nous engager à nous aimer et à vivre unis jusqu'à ce que la mort nous sépare et à vivre toujours une riche intimité." (n° 164)
-  "On ne peut pas exiger du conjoint qu'il soit parfait ; le mariage est un projet à construire ensemble, avec patience, générosité." (n° 218)
-  Pour résoudre des conflits, "L'amour est artisanal, grandit, apprend à négocier, comme mélange d'offrandes réciproques et de renoncements." (n° 220)
C'est toute cette Lettre du pape François que je vous invite à lire et à méditer, à la lumière de l'hymne à l'amour de la 1° Lettre aux Corinthiens !

jeudi 15 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.067 : "Est-ce que tu es content de ton caté ?"

C'est en ce moment l'heure des bilans, avec le mois de juin, dans les groupes de caté.  Sur la paroisse, dans les groupes de caté, les enfants ont été invités à s'exprimer par écrit sur les deux points suivants :
-  es-tu content de ton année de caté ?
-  qu'as-tu aimé, ou moins aimé ?
Voici quelques réponses, émanant d'un seul petit groupe de quelques enfants.

1  -  Es-tu content de ton année de caté ?

-  oui, parce que j'ai compris pourquoi j'ai donné mon coeur à Jésus.  Pour moi, Jésus, c'est un frère. Il m'attendra toujours, et moi aussi, en ce moment, je l'attends.  Je crois en toi !
-  oui, très très content.  Chère catéchiste, cette année de caté avec toi était géniale ; je ne t'oublierai jamais !
-  chère catéchiste, merci de ta gentillesse, de tout ce que tu nous as donné ; et pour ton temps libre que tu nous accordes.  Avec toi, je me sens bien.
-  merci, merci pour cette super année.  J'ai adoré.  Merci, merci, du fond du coeur.
Les autres réponses répètent la même chose ; ainsi que le résume l'un de ces enfants : "C'était trop bien !"

2  -  Qu'as-tu aimé, ou moins aimé ?

-  j'ai aimé tout ce qu'on a fait.
-  j'ai aimé connaître la vie de Jésus.  Je n'ai rien détesté.
-  j'ai préféré la prière, les chants et la sainteté de Dieu.
-  j'ai aimé prier ; et aussi, Jésus sauveur, Dieu aime avec tendresse, Dieu appelle.
-  j'ai aimé le livret sur Jésus sauveur.
-  la messe des familles.
Aucune réponse par rapport à des choses qui n'auraient pas été appréciées.

Lorsque, il y a deux jours, les catéchistes de la paroisse se sont retrouvés, le partage de cette riche année s'est prolongé par un long temps d'action de grâce, devant des réflexions telles que celles-ci :
-  avant, je ne croyais pas que Jésus est ressuscité ; maintenant, j'y crois.
-  grâce à toi (la catéchiste), j'ai changé.
-  c'est grâce à vous si j'ai fait ma profession de foi.
-  ma meilleure journée, pour moi, c'est le mardi, à cause du caté.
-  grâce au caté, plus personne ne se moque de L...

Certains enfants sont assez mûrs pour exprimer des choses fortes. Ainsi, un garçon en CE2, E..., a dit : "une nuit où je ne dormais pas, j'ai pensé que Dieu était toujours avec nous ; mais alors, quand on meurt,
pourquoi il ne serait pas avec nous ?"
Les enfants suivis par l'une des catéchistes sont ressortis enchantés d'une messe des familles, alors que certains n'étaient jamais entrés dans une église !
Nombre de ces enfants en effet n'entendent parler de Dieu nulle part ailleurs...
Chers catéchistes, merci !

lundi 12 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.066 : "Pauvres" paroissiens !

Chaque année, vers les mois d'avril-mai, l'on entend  circuler à travers le diocèse toutes sortes de murmures ou rumeurs, à propos d'éventuels changements de curés ou coopérateurs ici ou là, au bout de 3 ou 6 ans : "Oh, chez nous, on sent que ça se rapproche ! Qu'est-ce qui va nous arriver ? Pourvu que ce ne soit pas un col romain..."  "Il ne faudrait pas que ce soit un tel : il ne travaille pas avec les laïcs et fait tout tout seul !"  "L'autre, si c'est lui, on va souffrir !  Ca ne se passe pas très bien là où il est !"  "Celui qui va venir, comment seront ses messes ?  Est-il ouvert ?  A-t-il de l'expérience ?"  "Moi, ce que j'aimerais, c'est un prêtre qui s'occupe des jeunes, et qui sache écouter." "Si c'est celui auquel je pense, il va vouloir tout changer ; chaque fois qu'il arrive quelque part, on dirait que ce qui se faisait avant, ça n'a aucune valeur."  "Je connais des prêtres qui veulent tout reprendre en main de ce que faisaient les laïcs : plus besoin d'équipes liturgiques, ni de conseil de paroisse, les diacres ne prêchent plus, les laïcs ne conduisent plus les sépultures, d'ailleurs qui sont à présent souvent célébrées avec la messe..."  Etc.
Je vous promets que j'ai entendu ici ou là toutes ces réflexions, à diverses occasions de déplacements à travers le diocèse. Ca me rappelle ce que l'on m'avait demandé lors de mon arrivée à Mortagne, si je jouais aux cartes !  Mais cela s'apparentait plus à quelque chose de sympathique et de convivial ! 
Quant à nous, sur Mortagne-St Laurent, nous n'avons plus ce genre d'anxiété depuis que nous savons que c'est l'abbé Jean Borderon qui arrive, un prêtre "conciliaire" !
Ce que je veux souligner à travers ces réflexions, c'est cet état d'esprit plein d'appréhension que l'on rencontre à présent en permanence, à tort ou à raison d'ailleurs. D'où le titre, sans doute trop négatif, de ce billet ; mais il est question de quelque chose de bien réel, pourtant.
Car les prêtres passent, mais les paroissiens restent ; et, tous les 3, 5 ou 7 ans, il leur faut se réaccoutumer à une figure nouvelle, souvent fort différente de celle qui l'a précédée. Et je te change ceci, et je te renouvelle cela !  Adieu parfois à des priorités qui avaient fait leurs preuves ; oubliées des décisions qui avaient pourtant été mûrement réfléchies en conseil de paroisse ou dans d'autres instances. Mais qu'y faire ?  "Le curé, c'est le chef !" comme on l'entend dire parfois.
Et maintenant qu'on a dit ça, qu'est-ce qu'on fait ?  Certains paroissiens font parfois de la déprime : "Si c'est comme ça, j'arrête tout !"  Mais est-ce la solution ?  Souvent, quand j'entends de telles réflexions, ou lorsque des personnes expriment leur déception vis-à-vis de "l'Eglise" ou du diocèse, je me remémore tel ou tel des innombrables passages du Premier Testament qui montrent Dieu véritablement aux prises avec les chefs du Peuple élu, trop souvent à côté de la plaque ; et de voir Dieu dans la panade, cela me remonte le moral !  Et je me redis : "Mais enfin, malgré toutes ces insuffisances, du Peuple de Dieu a quand même surgi un Sauveur !  Et je ne parle pas des amis de Yavhé qui lui sont restés fidèles jusqu'au bout, à l'exemple des Prophètes, de Marie ; et je ne cite que les plus grands...
Remettons l'avenir de nos paroisses et du diocèse entre les mains du bon Berger ; prions l'Esprit-Saint pour nos pasteurs et pour les membres de notre Eglise ; laissons Dieu nous façonner de l'intérieur, pour que nulle embûche ne nous arrête !
Notre Eglise, "les portes de l'enfer ne pourront rien contre elle !" (Matthieu 16/18)  D'ailleurs, comme aimait le répéter un de nos savoureux profs de grand Séminaire, que l'on surnommait "mon bon monsieur" : "Si l'Eglise n'était pas divine, il y a longtemps que les curés l'auraient tuée." Mais justement, aucun curé n'y est arrivé ! Et si, comme il le disait également, "La barque de Pierre est conduite à coups de gaffes", cela ne l'a pas empêchée d'être malgré tout vivante et aimante par tout l'univers !
Non, les paroissiens ne sont pas "pauvres" !  Il sont riches de leur espérance, puisée à la source de l'Esprit !