Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

dimanche 3 septembre 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.096 : Ca déménage !

Aujourd'hui, ce n'est pas vraiment un billet comme les autres que je rédige.
En effet, je suis plongé dans mes cartons, et, ne cessant de rencontrer des personnes pour les "au revoir", le temps est compté.
Car dès demain lundi à 8h, chargement des bagages, puis direction Bourgenay.
Or, j'ai encore plein de choses à classer, ranger, empaqueter...Mais quel bonheur, même si c'est triste, de revoir ce matin, lors de la messe, puis, au verre de l'amitié, tous les visages de ces nombreuses personnes qui m'ont accueilli, reçu, accepté, soutenu, aidé, aimé, durant les cinq années qui viennent de s'écouler !
Je n'en reviens pas ! Merci à vous !  Merci Seigneur.

A Bourgenay, mon adresse sera la suivante :
Olivier Gaignet
452, avenue Notre- Dame
Bourgenay
85440  Talmont - Saint Hilaire
portable :  06 87 10 18 87
courriel  :  olivier.gaignet@yahoo.fr

Pour info, je rejoins deux paroisses dont les centres sont Talmont et Longeville (20.000 h en tout) ; je serai prêtre "auxiliaire", aux côtés de deux prêtres plus jeunes qui assureront l'essentiel du ministère paroissial.
Je serai accueilli lors de la messe célébrée dans le parc de la chapelle de Bourgenay, à l'occasion du pèlerinage du dimanche 10 septembre à 11h.  Vous êtes tous invités !

Cependant, le logement où je dois atterrir n'étant pas prêt, je vais loger, pendant je ne sais combien de temps, dans une maison proche, que me prêtent généreusement des paroissiens de Mortagne, Dieu merci !  C'est derrière Proxi, à Bourgenay. Mais l'adresse postale ci-dessus peut déjà être utilisée : j'iari relever la boîte à lettres !
Sans cette offre providentielle, en attendant, j'aurais dû aller sur le Sables d'Olonne, où plusieurs anciens paroissiens me proposaient de me fournir un logement.
Merci à tous pour cette solidarité infinie !
Prochain billet dès que j'y verrai plus clair !
Bonne suite à vous pour tout, à la grâce de Dieu !

lundi 28 août 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.095 : Je vais vous regretter !

J'ai cité hier durant l'homélie, à l'occasion de ma dernière messe en la Basilique de St Laurent-sur-Sèvre, ce mail reçu récemment d'un couple de Saint-Laurentais : "Ma femme et moi, nous vous assurons de notre pensée et de notre prière, avec tout particulièrement un très grand merci d'avoir accepté de donner votre vie pour les pauvres brebis que nous sommes.  Que votre récompense soit, au quotidien, une toujours plus grande intimité avec notre Dieu !"  Quelle chance d'être entourés ainsi affectueusement par les paroissiens ! A travers ce billet, je voudrais leur dire merci pour leur écoute et leur compréhension, leur patience et leur amitié, ainsi que la profondeur et l'exemple de leur foi.
J'ai exprimé hier, devant cette belle assemblée de Saint-Laurentais et autres, mon émerveillement devant ce dont j'ai été témoin sur ce territoire, en cette "ville sainte" de St Laurent. J'ai évoqué la figure de Janine, cette paroissienne exceptionnelle qui vient de nous quitter, et dont la vie respirait l'amour du Seigneur et de son Eglise. Souvent, lorsque je passais à la Basilique, je la voyais en train de passer un coup de balai, de ranger les feuilles de messe, de replacer des chaises, en un mot, de veiller à ce que tout soit nickel à l'intérieur du sanctuaire.
De la même façon, soyez bénis, vous qui balayez, fleurissez, préparez les eucharisties en équipe liturgique ; mais aussi, vous qui chantez, jouez de l'orgue et autres instruments... Et que soit bénie également notre municipalité saint-laurentaise, qui a tant investi pour l'entretien et la beauté de cette basilique, de ses cloches, de son clocher et autres.
J'ai précisé qu'il me faudrait des heures pour évoquer tout ce que j'ai découvert et admiré lors de mes passages sur St Laurent.  Un exemple parmi des dizaines d'autres ou plus : à l'occasion du décès accidentel sur la route d'un jeune Portugais, lorsque je suis arrivé sur le parvis de la Basilique pour accueillir le corps, la place Grignion de Montfort était noire de monde, avec la présence de Portugais de toute la région. Durant la célébration, leur foi, leur chants m'ont confirmé que, selon les paroles de Jésus dans l'évangile de ce dimanche, la puissance de la mort ne pouvait les abattre.
Autre fait, un paroissien me racontait cette semaine ce qu'ils ont mis en place, à St Gab', avec les cours Alpha. Pas moins de 60 jeunes, en deux groupes, ont été fidèles toute l'année à un travail d'approfondissement de leur foi. Chose d'autant plus étonnante que plusieurs, parmi eux, étaient totalement en-dehors de l'Eglise.  Peu de gens sont au courant, si bien que l'on pourrait en déduire qu'à St Gab', il ne se passe rien...
Et je me suis réjoui d'évoquer aussi les très belles cérémonies vécues en ce sanctuaire : les messes si vivantes avec les enfants et leurs familles, les cérémonies de mariage, comme celle que j'ai accompagnée samedi, avec une assemblée attentive, joyeuse et très chantante. Sans parler des très belles célébrations du Tricentenaire de l'entrée dans la Vie du P. de Montfort, qui ont marqué tous les esprits.
L'on entend parfois des personnes gémir en disant que la foi se perd, que les églises se vident, que la société tourne le dos à Dieu, que c'était mieux autrefois et que sais-je encore. J'ai donc essayé hier de ranimer la foi et l'espérance de chacun en évoquant tout ce qu'on ne voit pas, et tout ce qui est pourtant extraordinairement parlant de la présence au milieu de nous de l'action de l'Esprit : les membres des équipes liturgiques qui méditent régulièrement la Parole de Dieu tout en préparant les liturgies, les membres du Service Evangélique des Malades qui prennent le temps de visiter ceux-ci dans les Ehpad et les quartiers, les adhérents de l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture qui, sur St Laurent, ne se lassent pas d'envoyer des courriers aux chefs d'Etat qui ne respectent pas les Droits humains, les bénévoles du Secours catholique qui accompagnent les personnes en situation de détresse ainsi que les réfugiés...
Et je ne parle pas de ceux qui accompagnent les familles en deuil, ni de ceux qui assurent le caté. Il y a ainsi dans nos paroisses énormément de baptisés qui assurent l'évangélisation. Eh ! Si l'on ne s'informe pas (évidemment, comme ces personnes ne crient pas sur les toits ce qu'elles font), on peut avoir la triste impression qu'il ne se passe rien et même que notre Eglise recule...
Ce n'est pas l'avis de notre pape François !  Voici ce qu'il déclarait mercredi dernier, à Rome, lors de l'audience générale sur la place St Pierre : "dans l'Eglise, il faut que l'on passe de l'automne, qui a un visage triste et amer, au joyeux printemps qui attend, avec patience, les fleurs, les fruits, et surtout, le soleil, qui est Jésus".
Chers paroissiens, pour moi qui ai eu la chance de pénétrer un peu, au quotidien , dans l'intimité de vos choix et de votre façon d'être, de croire, d'agir et d'aimer, aucun doute : vous êtes vraiment des pierres vivantes de l'Eglise.  Voilà pourquoi je continuerai à prier avec vous et pour vous ; mais, profondément, je vous regretterai !  Merci à vous ! Merci à Dieu pour ce que vous êtes, infiniment ! 


dimanche 20 août 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.094 : Jésus a su évoluer !

Fameuse, cette scène rapportée par l'évangéliste Matthieu (15, 21-28), que nous avons méditée en ce dimanche : l'histoire de la Cananéenne qui a su faire bouger Jésus, si l'on peut dire !  Histoire assez étrange, d'ailleurs, et qui, dans un premier temps, ne donne pas une image très sympathique de Jésus ! En effet, on le voit rabrouer de façon un peu rude une maman en souffrance profonde, alors qu'elle essaye de lui expliquer que sa fille est gravement malade et même pire, saisie, habitée par le démon.
D'abord, Matthieu précise que Jésus "ne lui répondit pas un mot."  Puis, les disciples lui demandent de l'envoyer promener.  Et enfin, Jésus lui explique que son cas ne le concerne pas : "Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël." Etrange, vraiment ! Mais où est donc le Jésus de la miséricorde et des béatitudes ?
Matthieu l'évangéliste aurait pu cacher, ne pas citer cet épisode de la vie de Jésus, ce moment d'hésitation, de doute de Jésus ; ce Jésus dont nous ne devons jamais oublier que, s'il était vraiment Dieu, en même temps, il était également vraiment homme, ce qui explique un peu les choses.
En effet, parce qu'il était vraiment homme, Jésus, lui aussi, n'a pas compris d'un seul coup ce qu'était sa mission ; il a dû cheminer. On assiste là à un moment de son existence où Jésus, marqué par son environnement hébraïque, son enracinement juif, a su, peu à peu, se libérer de ce lourd conditionnement.
Les Juifs d'alors, en effet, se sachant "le peuple Elu", avaient tendance à considérer qu'ils étaient les seuls, élus et choisis par Dieu, à mériter, plus que d'autres, terres, guérisons et salut.
Mais Jésus fait l'expérience de la rencontre avec une femme du pays de Canaan, qui n'est pas juive, et qui cependant lui demande de sauver sa fille.
A ce contact, Jésus s'interroge, puis, change d'avis, prenant conscience qu'il ne peut pas y avoir que les Juifs qui aient droit au salut. Et on le verra en effet ensuite, à diverses reprises, sortir du cadre juif pour s'ouvrir aux Samaritains, au centurion Romain, aux habitants de Tyr et de Sidon, etc., tous des non-Juifs.
Jésus découvre que sa mission ne peut se limiter au seul peuple juif, et qu'elle ne consiste pas à donner seulement quelques miettes en plus aux non-Juifs.  Il réalise qu'il doit destiner son attention, son amour et ses gestes sauveurs à tous les hommes et toutes les femmes de la terre, sans distinction, sans préférence, sans discrimination !
De plus, dans cette scène d'Evangile, il y a un autre défi, tout à fait actuel celui-ci, à savoir que, comme nous en ce moment, Jésus est confronté à la question de l'accueil de l'étranger. Cette femme païenne, qui n'a pas la religion de Jésus, qui vient d'ailleurs, et qui l'importune par ses cris, elle symbolise tous ces étrangers qui nous importunent pour que nous répondions à leurs appels, que ce soit à Calais, à Lampedusa ou chez nous, à Mortagne.
Cette rencontre symbolise également la difficulté qu'a notre Eglise à répondre à un certain nombre d'appels de personnes en détresse : tous ceux devant lesquels l'Eglise se tait, comme s'est tu Jésus face à la Cananéenne dans un premier temps.
On sait bien que l'Eglise est mal à l'aise et préfère se taire, ou faire profil bas, face aux suicidés ou aux homosexuels, face aux musulmans ou aux divorcés-remariés, face à tous ceux qui sont dans des situations "pas catholiques", comme on dit, ces points qu'on ne sait comment régler, que ce soit dans les bureaux de la Curie romaine ou dans les évêchés, comme aussi dans les paroisses.
Mais, à force d'être talonnée, interpellée, questionnée, peu à peu, chaque fois, l'Eglise arrive à se bouger.  Par exemple, plus question, comme dans mon enfance, de refuser la sépulture à l'église à un suicidé, ni d'envoyer promener les divorcés-remariés ou les croyants des autres religions.
A la suite de Jésus, l'Eglise a commencé un peu à faire son "aggiornamento" ; mais tous, et pas seulement les évêques et les curés, nous avons des portes à ouvrir pour accueillir tous les "cananéens", tous les souffrants, tous les "différents" qui se présentent à nous et nous appellent à leur secours.
Enfin, et je termine par là, et si la Cananéenne, c'était chacun de nous ?  Ne nous est-il pas arrivé de crier comme elle vers le Seigneur, et d'avoir eu l'impression qu'il n'était pas venu à notre secours ?  Et si ce n'était pas une absence de réponse ?  Et si cela voulait dire que c'est aussi à chacun de nous de continuer à rester fidèle à Dieu même dans le noir ?  Et si c'était cela, avoir vraiment la foi ?
Suite aux attentats en Espagne, pour en revenir à l'actualité, c'est toute l'humanité qui crie "au secours"; et Dieu semble tarder à répondre... La question est la suivante : qu'est-ce que Dieu veut nous faire comprendre par là ?  La réponse est dans l'évangile de ce dimanche : au moment voulu, Jésus saura, comme il l'a fait pour la Cananéenne, répondre à nos appels, et, comme la fille de celle-ci, par sa grâce, nous seront guéris, nous seront sauvés !
A condition que notre humanité, elle aussi, se bouge, et sache donner sa place à une vraie fraternité !

mardi 15 août 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.093 : "Qu'est-ce qu'il y a derrière ?"

Ce matin, lors de la messe de l'Assomption, je disais aux paroissiens que le sens de cette fête, c'était de nous aider à mieux comprendre, en contemplant l'une d'entre nous, Marie, à présent dans la gloire de Dieu, que tel était aussi notre destin : être un jour, comme elle, grâce à son exemple, libérés de nos souffrances, de nos douleurs, de nos déceptions, de notre peur de la mort, pour entrer dans la vie de Dieu, dans l'intimité de Dieu, et pour l'éternité.
Mais ce message n'est pas toujours facile à entendre ni aisé à vivre !  Grosse discussion, samedi dernier, avec une quinzaine de personnes, dont des non-croyants, à propos de ce qui nous attend, s'il y a "quelque chose", au-delà de la mort.  Et aujourd'hui encore, l'on me racontait la grande crainte de cette femme, pourtant profondément croyante, âgée de plus de cent ans, mais qui a toute sa tête ; elle demande sans cesse aux uns et aux autres : "Qu'est-ce qui nous attend quand on sera mort ? Qu'est-ce qu'il y a derrière ?  Comment ça va se passer ensuite ?"  Bienheureux humain celui qui pourrait répondre comme une fleur à une telle énigme !
Alors, je repense à ce superbe message de St Jean de la Croix :

"Ce qui se passera de l'autre côté,
quand tout pour moi aura basculé dans l'éternité,
je ne le sais pas.
Je crois.
Je crois seulement qu'un grand Amour m'attend.
Maintenant que mon heure est proche,
que la croix m'indique le seuil à franchir,
alors, ce que je crois,
c'est que c'est vers cet Amour que je tends les bras.
C'est dans la Vie que je descends doucement.
Si j'ai peur... et pourquoi pas ?
Rappelez-moi simplement qu'un Amour,
un Amour m'attend.
Oui, Père du Ciel,
voici que je viens vers vous comme un enfant.
Je viens me jeter dans votre Amour...
votre Amour qui m'attend." 

Quelques réflexions susceptibles de continuer à nous éclairer, dans la lumière de cette fête de l'Assomption, symbole magnifique de la victoire sur la mort de l'âme et du corps :

-  "Marguerite, 6 ans : "Mourir, c'est comme quand on déménage.  On habite dans le coeur de Dieu, et on est quand même vivant."
-  François Dolto a fait écrire sur sa tombe, à l'attention de ceux et celles qui passeront devant elle, cet appel de Jésus : "N'ayez pas peur !"
-  Stupeur de ces frères et soeurs de la paroisse, qui ont eu le privilège de se trouver auprès de leur papa au moment où il est entré dans la Vie : "Il a dit deux fois "Alleluia" avant de mourir !" Cela les a fortement impressionnés.
-  De l'écrivain Gabriel Marcel : "Aimer un être, c'est lui dire : "toi, tu ne mourras pas !" 
-  Pour terminer, voici ce qu'un paroissien a eu la riche idée de faire noter au début de son avis d'obsèques paru sur "Ouest-France en octobre dernier : "S'il n'y a pas de faille en nous, par où la lumière pourrait-elle passer ?"

Merci,Vierge Marie, la première en chemin vers la Vie qui ne finit pas !

jeudi 10 août 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.092 : Qui sont les plus grands ?

Dans notre société people, qui met-on à la première place ?  Un footballeur qui gagne des millions, beaucoup trouvent cela normal, et même formidable !  La femme du président, celui-ci voudrait qu'elle soit reconnue comme au-dessus des autres femmes, comme la 1° dame de France, alors qu'elle n'est même pas élue. Et on se pâme d'admiration devant tel chanteur, telle personnalité médiatique... Volontairement, je ne citerai aucun nom, car trop d'entre eux ne le méritent pas forcément !
Mais aujourd'hui, voici que l'Eglise donne, sans le chercher, une leçon de modestie et de réalisme à notre société. En ce 10 août en effet, nous fêtons la Saint Laurent. Il m'a semblé important de mettre en valeur ce saint, patron de l'une des quatre églises de notre paroisse, St Laurent-sur-Sèvre, l'une des 34 communes de France à porter ce nom.
Au III° siècle, Laurent, diacre, avait pour fonction, à Rome, d'être le gardien, l'intendant des biens de l'Eglise. Lorsque l'empereur Valérien prend un édit de persécution interdisant le culte chrétien, Laurent est arrêté en même temps que le pape Sixte II et l'ensemble des membres du clergé. Ils sont immédiatement mis à mort ; mais Laurent, lui, est épargné, dans l'espoir que, étant chargé des biens de l'Eglise, il en livrerait les trésors.
En effet, le préfet de Rome, informé que l'Eglise possédait des vases sacrés et des ornements de grande valeur, lui enjoignit de les livrer pour les besoins publics, car l'empereur en avait besoin ,pour équiper ses troupes.  Laurent demanda un peu de temps : "J'avoue en effet que notre Eglise est riche, et que l'empereur n'a point de trésors aussi précieux qu'elle ; je vous en ferai voir une bonne partie, donnez-moi seulement un peu de temps pour tout disposer."
Laurent rassembla alors pauvres, infirmes, boiteux, estropiés, d'ailleurs déjà nourris et vêtus aux frais de l'Eglise ; et il les présenta en déclarant : "Voilà les trésors de l'Eglise !"
Leçon extraordinaire qui, si elle était actualisée, pourrait remettre en cause notre vision de la société ; la vision biblique et évangélique si bien décrite par le Talmud : "J'ai vu un monde bizarre : les grands étaient en bas, et les petits étaient en haut."
La vraie révolution, la voilà !

samedi 5 août 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.091 : Une autre image de l'Islam

  En Indonésie, les jeunes musulmans aux côtés des catholiques pour la paix


Vidéo clip de la journée de la jeunesse asiatique, capture
Vidéo clip de la journée de la jeunesse asiatique, capture
C’est le sultan de Yogyakarta (Indonésie), Hamengku Buwono X, gouverneur de la ville, qui a ouvert officiellement la Journée de la jeunesse asiatique, au son du traditionnel instrument de musique javanais, l’othok-othok, le 2 août 2017, rapportent les media du Vatican : Fides, Radio Vatican, L’Osservatore Romano. En Indonésie, les jeunes musulmans se rangent aux côtés des catholiques pour la paix, notamment en ligne.
Favoriser le « vivre ensemble »
Les jeunes d’Asie se rencontrent en effet en Indonésie à l’occasion de la VIIe Journée de la Jeunesse asiatique, sur le thème : « Vivre ensemble l’Evangile sur le continent asiatique, marqué par le multiculturalisme ».
Elle s’est ouverte par la messe présidée par l’envoyé spécial du pape François, le cardinal Patrick D’Rosario, archevêque de Dacca (Bangladesh), et président de la Commission pour les jeunes de la Fédération des Conférences épiscopales d’Asie, qui organise l’événement.
Cette rencontre, comme la JMJ, est organisée tous les trois ans : cette année 2 140 jeunes catholiques de 22 nations d’Asie ont répondu  à l’appel, entourés de 52 évêques dont 6 cardinaux, et de 158 prêtres.
Ils se sont d’abord préparés dans leurs pays d’origine. Ils se sont ensuite répartis pour trois jours dans 11 diocèses indonésiens où ils ont vécu une immersion dans le contexte local. Enfin, ils se sont rassemblés au Centre des Expositions « Jogja », imposante structure de congrès, mise à disposition gratuitement par les autorités civiles locales.
La semaine est rythmée par des rencontres, des séminaires, des catéchèses, des représentations théâtrales et musicales, des expériences de prière et de réflexion, sur le thème du multiculturalisme et de l’harmonie entre les cultures et les religions différentes.
L’Evangile de la joie
Pour Mgr Robertus Rubyatamoko, archevêque de Semarang – diocèse qui accueille l’événement – et président du Conseil organisateur, « les jeunes catholiques rendent témoignage à la manière dont ils vivent en harmonie pour offrir à tous un cadre concret de « vivre ensemble » en Indonésie. L’expérience de la Journée de la Jeunesse asiatique constitue un moment pendant lequel vivre avec joie la foi dans le Christ Jésus, pour ensuite porter l’Evangile de la joie dans leurs familles et dans la société ».
« L’événement, a-t-il ajouté, a également une importante implication interreligieuse. Nous avons impliqué des personnes de différentes religions et des amis musulmans nous aident à gérer la sécurité », indique la même source.
La JMJ asiatique est en effet caractérisée par une dimension interreligieuse particulière, souligne Fides qui explique qu’en Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, les jeunes musulmans participent aux événements organisés et ils sont impliqués dans le comité organisateur.
Le soutien financier et politique du gouvernement indonésien ne fait pas défaut, par l’intermédiaire de son Ministère pour les Affaires religieuses, mais aussi du Ministère du Tourisme et de celui chargé des jeunes et du sport.
Un important défi sur Internet
Pour Savic Ali, responsable musulman des services télématiques de l’organisation musulmane Nahdlatul Ulama (NU), l’une des deux plus importantes de l’islam indonésien – avec Muahmmadiya – qui soutient le pluralisme, le dialogue interreligieux et les droits fondamentaux, ce sont les jeunes qui représentent la clef permettant de contrer l’islam radical en Indonésie et sa propagande massive sur Internet.
Il est en effet intervenu lors d’une rencontre interreligieuse dans le cadre de cette Journée de la Jeunesse asiatique.
Savic Ali a expliqué à Fides que 100 millions d’Indonésiens utilisent régulièrement Internet et que les réseaux sociaux disposent aujourd’hui du pouvoir d’influencer l’opinion publique : « Ce sont les réseaux sociaux qui constituent le nouveau champ de bataille sur lequel il faut lutter contre l’islam radical. Une contre-narration est nécessaire, tout comme une action commune sur les réseaux sociaux de la part d’organisations, d’institutions et d’individus qui soutiennent le dialogue, la démocratie et le Pancasila (les cinq principes de base de la nation indonésienne, ndlr). »
Il a précisé : « Parmi les 22 sites Internet islamiques les plus populaires en Indonésie, les quatre premiers sont conservateurs et promeuvent une vision étroite et non inclusive de l’islam. Aujourd’hui, le défi à relever consiste à agir et à promouvoir sur les plateformes Internet des actions coordonnées visant à promouvoir la tolérance, le dialogue, l’inclusion, le respect mutuel, l’harmonie sociale et religieuse ».
Ni silence ni complaisance
C’est une mission confiée essentiellement aux jeunes, qui sont les plus actifs sur les réseaux sociaux et sur Internet, commente Fides.
Pour sa part, Mgr Yohannes Harun Yuwono, évêque de Tanjungkarang et président de la Commission pour les affaires interreligieuses de la Conférence épiscopale indonésienne, a témoigné que  « Dieu ne fait pas acception de personne. Il écoute et comprend la prière dans toutes les langues du monde. Chrétiens et musulmans croient en un Dieu unique, Créateur et Père de tous les hommes, peuples et religions. Sur ces bases, nous pouvons construire le vivre ensemble et la fraternité ».
Le père Heru Prakosa SJ, enseignant à l’Université catholique Sanata Dharma de Yogyakarta, a lui aussi indiqué à Fides que, dans le contexte de l’Indonésie moderne, marqué par la croissance de l’extrémisme islamique et par l’instrumentalisation politique de la religion, « il est urgent de réfléchir et d’agir ensemble, en vue du bien commun. Les jeunes catholiques, bien qu’étant une minorité dans les pays asiatiques, ne peuvent rester en silence ou se montrer complaisants : ils sont appelés à faire ce qui leur revient, à être des agents de dialogue, de réconciliation, d’harmonie, à témoigner l’Evangile de la fraternité et de l’espérance ».Toujours selon "Fides", l'agence-médias du Vatican.

Si cela peut nous aider à combattre le préjugé trop courant selon lequel l'Islam et tous les musulmans sont des terroristes !!!

lundi 31 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.090 : "Comment tu fais pour être comme ça ?"

Il fallait voir le bonheur de cette paroissienne me racontant ce qui venait de lui arriver !  Lors d'une session récente, elle se trouva à sympathiser avec une dame très joyeuse, la cinquantaine environ. Elles échangèrent longuement à propos de leur foi, et notre amie mortagnaise, impressionnée par le dynamisme et la foi de cette femme, infirmière de son métier, lui posa cette question : "Toi qui es croyante, tu n'as sans doute pas trop le temps, mais est-ce que tu peux parler de ta foi à tes malades ?  Est-ce que ça t'arrive d'aborder la question avec eux ?"
Et cette nouvelle amie de répondre, avec un grand sourire : "Mais, ce n'est pas moi qui leur en parle ; c'est eux qui, les premiers, me lancent sur la question."  "Ah bon, répond notre amie mortagnaise ; mais comment ?"  "Je ne sais pas trop ! J'essaye d'être moi-même, de leur sourire, de tout faire pour qu'ils se sentent bien. Alors, de temps en temps, il y en a qui me disent : "Mais, comment vous faites pour être toujours souriante ? Avec tout le travail que vous devez fournir ! Vous avez un truc ?"
Alors, selon les cas, et en fonction du peu de temps dont je dispose, je leur dis : "C'est parce que je suis croyante. Chaque jour, je prie pour que Dieu me donne la force d'être joyeuse et paisible avec tous."
"En fait, a-t-elle poursuivi, ce n'est pas moi qui leur parle de Dieu, mais c'est eux qui me posent la question. Et ça me paraît plus naturel alors, plus respectueux, de répondre à leurs questions plutôt que d'arriver en leur disant : "Est-ce que vous croyez en Dieu ? Ca vous aidera dans vos souffrances." Alors, je ne pense pas qu'ils m'écouteraient."
Cela m'a fait penser à la phrase fameuse de Paul Claudel : "Ne parle du Christ que si on te le demande, mais vis de telle façon qu'on te le demande."
Pas la peine de parler en effet si notre vie n'est pas d'abord un reflet de l'Evangile...
Comme disait Paul VI : "L'homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres ; ou, s'il écoute les maîtres, c'est parce qu'ils sont des témoins.." (L'annonce de l'Evangile, n° 41)
Certains sont parfois très pressés en effet de "faire de l'évangélisation", de parler, parler de Dieu. C'est bien, sans doute ! Mais quelle exigence pour notre propre vie !

lundi 24 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.089 : "2017, c'est une année à fruits !"

Cette année, les fruits ne manquent pas !  Merci au maître de la nature !  Cela m'a donné l'idée de vous offrir un beau fruit, à travers la très belle prière d'un jeune, anonyme, souhaitant, comme nous tous, porter du fruit !

« Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples. »
Jean 15/8

Qu’est-ce que je fous ici sur terre ?
Me faire mon trou ? ma place ?
M’imposer ? Me faire respecter ?
Trouver un boulot dans lequel je puisse m’affirmer ?
Ecraser les autres pour ne pas me faire écraser ?

Peut-être que cela est utile
A cette époque où l’homme est un loup pour l’homme,
Mais je ne suis pas là que pour exister.  Je veux donner du sens à ma vie !
Et pour cela, Tu me demandes de porter du fruit.

Beaucoup de jeunes ne savent pas pour qui ils comptent,
Pour qui ils vivent, pour quoi ils vivent.
Sarments inutiles,
ils donneraient bien le coup de sécateur eux-mêmes
pour se couper du pied de vigne.

Moi, je sais qu’au moins je compte pour Toi, Dieu,
Toi qui m’attends chaque jour
Moi, je sais bien que Tu comptes pour moi,
Tu donnes un sens à ma vie,
Tu es le pied de vigne auquel je m’accroche
Pour continuer à vivre
Et Tu me dis que sans moi la vigne ne donnera rien.

Aide-moi donc à porter du fruit,
Comme ceux qui secourent les autres
Comme ceux qui parlent de Toi,
Comme ceux qui ne se détournent pas du plus souffrant ou du plus petit,
Comme ceux qui prennent des risques et du temps pour les autres
Comme ceux qui ne cessent de prier

Aide nous à porter du fruit tout simplement
En suivant ton commandement,
Le plus beau,
Celui d’aimer,
Celui qui fait que les fleurs s’épanouissent,
Que les bourgeons s’ouvrent
Et que les visages se dérident.

« Je vous ai choisis pour que vous portiez du fruit,
image001 et que votre fruit demeure !"
image001
Jean 15/16
 

dimanche 23 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.088 : J'ai mal pour mon pays !

Franchement, je n'ai pas envie de dire du mal de la France, ni de déblatérer sur mon pays.  Cependant, il y a des limites, et des choses qu'il semble impossible de laisser passer. Gouvernement après gouvernement, président X ou président Y, je me demande bien ce que nos dirigeants et présidents ont dans la tête, au-delà de leurs beaux discours.  Témoin ce que nous avons tous lu dans la presse à propos de cette femme d'origine chinoise que l'on a tenté d'expulser et, s'il vous plaît, le jour même de notre Fête nationale, le 14 juillet !  Ca, faut l'faire !!!  Tragique illustration de ce que j'écrivais dans mon billet n° 2.083 publié justement le 14 juillet dernier...
Heureusement, ce samedi matin, cela fut fortement remis en cause lors du Cercle de Silence qui s'est tenu à la Roche-sur-Yon.  Et je vous transmets ce que l'un des responsables de l'accompagnement des migrants et réfugiés, Bernard, ainsi que Francine, du Réseau des Parvis, viennent de communiquer : voici donc le texte d'une lettre que le cinéaste Laurent Cantet vient d'envoyer à E. Macron, dans laquelle il dénonce l'indignité de la nation qui s'aggrave dans le traitement des migrants.


Monsieur Macron, est-ce pour en arriver là que j'ai voté pour vous ?
22 juillet 2017

Monsieur le Président,

Après avoir tenté de m'adresser à vous par des voies officielles, j'ai pris la décision de vous adresser cette lettre ouverte qui, je l'espère, sera plus efficace que mes tentatives plus discrètes.

Le 14 juillet, le jour où, au côté de Monsieur et Madame Trump, vous commémoriez la prise de La Bastille et l'avènement d'un monde plus juste, l'avant-veille du jour où, au côté de Monsieur Netanyahou, vous rendiez hommage aux victimes du Vel d'Hiv, affirmant que Vichy était bien la France et reconnaissant la responsabilité de la nation dans la rafle, Madame Cao, une jeune femme d'origine chinoise, mère d'une fillette de 10 ans scolarisée en France, et enceinte de 4 mois, était conduite à l'aéroport pour être expulsée vers la Chine qu'elle avait quittée il y a deux ans avec sa famille.

Ce jour-là, elle a refusé d'embarquer, et a été replacée au centre de rétention du Palais de Justice de Paris, celui-là même où elle venait de passer trois semaines et où elle avait perdu 8 kilos, mettant en danger l'enfant qu'elle attend.

Dans la lettre que je vous ai adressée alors (lire sur "Médiapart" : "L'expulsée du 14 juillet"), je décrivais l'angoisse de sa fille qui se préparait à grandir sans sa mère, celle de son mari qui n'allait pas connaître son enfant à naître. Je vous rappelais aussi vos déclarations sur le traitement humaniste que vous appeliez de vos voeux face à l'immigration. Dix jours plus tard, il semblerait que tout cela soit resté lettre morte.  Madame Cao est toujours en centre de rétention et attend le jour où elle sera remise, de force cette fois, dans un avion en partance pour la Chine.

L'histoire pourrait s'arrêter là, elle ne serait qu'un exemple parmi tant d'autres de l'acharnement dont sont victimes tant de réfugiés et sans-papiers.

Mais le 22 juillet, toujours plus affaiblie par ce séjour prolongé en centre de rétention, Madame Cao a tenté de mettre fin à ses jours en s'ouvrant le poignet. Conduite d'urgence à l'hôpital, elle a été soignée puis, sitôt hors de danger, reconduite en rétention !

Je vous écris aujourd'hui pour vous faire part de mon profond écoeurement. Est-ce pour en arriver là que j'ai voté pour vous au second tour des élections présidentielles, espérant faire barrage aux idées nauséabondes du Front National ?  Depuis longtemps, l'indignité de notre nation grandit de gouvernement en gouvernement.  Je crains que ce ne soit pas le vôtre qui mette un terme à cette escalade !

Mais aujourd'hui, je ne suis pas seul à m'indigner.  Nous sommes nombreux à réclamer un traitement décent pour tous les réfugiés.  Une campagne en faveur de la régularisation de Madame Cao a inondé de mails les secrétariats des ministères et de l'Elysée, des coups de téléphones ont occupé les standards.  La seule chose que nous puissions faire, c'est dénoncer par tous les moyens l'indignité de ce que vous faites en notre nom à tous. Comptez sur nous pour ne pas y renoncer de sitôt !

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments républicains.
Laurent Cantet 

Non mais, on est "en marche" vers quoi ?
En marche arrière, probablement...




vendredi 21 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.087 : "Gaignet, tu seras notre porte-parole !"

Jamais je n'oublierai cette injonction de Mgr Luc Sangaré, archevêque de Bamako, à la fin du mot qu'il prononça à l'occasion de mon retour définitif vers la France, au terme des 9 belles années que j'avais vécues sur son diocèse, au Mali.
A l'époque - c'était il y a une trentaine d'années, en 1986 - le Mali n'était guère connu ; en France, l'on se faisait beaucoup de fausses idées sur l'Afrique, et il était important de remettre les pendules à l'heure sur de nombreux points. Sur le départ, à Bamako, devant tous, je promis alors à l'évêque de m'y engager.  Voici, un peu en vrac, quelques-unes des idées reçues à propos desquelles, durant les 30 années passées, je n'ai cessé de m'élever.
-  le soit-disant sous-développement dont on accuse le continent africain, par exemple, n'a rien à envier à notre propre sous-développement occidental, que l'on cache soigneusement sous le tapis : l'incapacité des familles, pour de multiples raisons, à prendre en charge leurs anciens, la difficulté à respecter la nature, le manque de communication entre les personnes, la tristesse des messes, qui font fuir les jeunes couples et la jeunesse et barbent les enfants, le nombre de déprimes et de suicides bien plus important qu'en Afrique malgré un niveau de vie bien plus élevé, etc...
-  chez nous, l'on constate une grande ignorance par rapport à la religion musulmane, considérée en Europe comme mauvaise, dangereuse, sinon démoniaque.  Combien de fois ai-je dû expliquer que, vivant dans un pays quasi totalement musulman, j'ai été totalement respecté dans ma propre religion ! En tout cas, la foi des musulmans qui m'entouraient de toute part, leur souci de la prière, leur sens de la miséricorde divine, leur capacité d'accueil ont été pour moi d'un grand témoignage !
- également, rien à voir au Mali dans l'accueil de l'étranger avec ce que l'on fait subir aux Maliens lors de leur arrivée en France ! Il peut y avoir des raisons, mais quand même ! Selon le dicton africain, "L'étranger est un cadeau de Dieu !" A ce niveau-là encore, notre Occident soit-disant chrétien se comporte réellement d'une façon qui n'a rien à voir avec l'accueil de l'étranger tel qu'il est prôné par l'Evangile !
-  quant à la place du laïcat dans l'Eglise, nombre de pays africains ont 20 ou 30 ans d'avance sur l'Europe ! Nous, l'on pleure s'il n'y a pas de prêtre à notre service dans un rayon de 5 ou 10 kilomètres, alors qu'au Mali, les communautés chrétiennes n'attendent pas qu'un prêtre soit disponible pour organiser des temps de prière, le dimanche par exemple. Il y a longtemps, bien avant que je n'arrive au Mali, que les catéchistes, formés pour cela, assurent les prédications et la conduite des célébrations, alors que pour nous, cela semble une nouveauté absolue que de voir des chrétiens conduire une sépulture par exemple.  Ce qui d'ailleurs est encore assez mal vu par certains membres de nos communautés paroissiales en Europe. Là encore, quel retard par rapport à la prise de conscience de la responsabilité du Peuple de Dieu en Afrique !  Péché de riches ! Conception du prêtre comme étant "le grand fait tout " !
-  par rapport aux célébrations, je crois, par contre, qu'en France, l'on a bien perçu le retard immense des Eglises en Europe par rapport à la dynamique des cérémonies en Afrique. Je ne parle pas cependant des Eglises dites "évangéliques" qui, chez nous, dans les villes surtout, et justement par ce qu'elles sont largement composées d'Africains ou d'Antillais, Indiens ou autres, offrent un visage autrement plus vivant et chantant !  J'aurai passé ces 30 années à essayer de faire bouger les lignes, en essayant de donner la parole aux paroissiens, de faire que nos messes soient animées, joyeuses, en prise sur la vie et sur l'actualité ; mais quel chantier difficile à faire progresser !
Et il y aurait tant d'autres points encore à signaler...  En tout cas, ces quelques lignes pourront aider les uns et les autres à mieux comprendre certaines de mes réactions, en faveur du respect de l'étranger et des musulmans ou de la "défense" du laïcat par exemple ; ou par rapport à mes "exigences" en faveur de messes moins figées et plus vivantes.
Tout cela en effet, ce n'était pas des lubies de ma part, mais des souhaits en fidélité au dynamisme reçu jadis de l'Eglise de l'Afrique et du Mali, où il faut reconnaître que l'Evangile est parfois mieux vécu que dans nos Eglises européennes plus formelles et plus âgées !
Merci cher Mali !  Merci l'Afrique ! Merci à toi Seigneur, le Dieu des nations !

mercredi 19 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.086 : "C'est vous qui avez vidé les églises !"

Cela fait maintenant quelques années que, dans l'Eglise de France, des voix de plus en plus nombreuses n'hésitent plus à nous dire en face, à notre génération de prêtres qui a suivi le Concile : "S'il y a nettement moins de monde dans les églises, c'est de votre faute ! Avant vous, les églises étaient encore pleines ; les gens se confessaient régulièrement, les jeunes étaient nombreux aux messes, les prêtres faisaient le caté aux enfants, ils assuraient les sépultures. D'autre part, ils n'hésitaient pas  à rappeler sans cesse la loi de l'Eglise, et les gens connaissaient les dix commandements, ainsi que la différence entre le péché véniel et le péché mortel. Les prêtres alors savaient jouer leur rôle, et les laïcs restaient à leur place. L'on faisait des génuflexions en passant devant l'autel, et l'on avait davantage le sens du sacré. Les chants en latin avaient quand même davantage d'allure que ces chansonnettes que l'on nous a ensuite imposées. Quant à la messe face au peuple, cela permet à présent aux curés de regarder les filles et les femmes tout en célébrant."
Croyez-moi ou non, mais je vous certifie que j'ai entendu personnellement toutes ces remarques, y compris la dernière, et cela un certain nombre de fois ; surtout ces dernières années.
Je veux bien reconnaître que notre génération sacerdotale n'a pas été parfaite ; mais il faut sans doute être plus sérieux lorsque l'on parle des causes de l'évolution de la situation de l'Eglise en France depuis 50 ans.
Par exemple, lorsque les gens ont eu l'impression que ce n'était plus un péché mortel que de ne pas aller à la messe le dimanche, ça n'a pas traîné : les églises pleines se vidèrent presque instantanément. Depuis des siècles, l'Eglise faisait peser sur les baptisés une loi très forte, en brandissant la peur de l'enfer.  Or, avec l'évolution de la société, nombre de "pratiquants", peu à peu, ont pris leur autonomie ; et - je l'ai vécu - les gens, alors, plus conscients, se sont sauvés hors de cette institution qui voulait régir leur vie sur cette terre et dans l'au-delà, et imposer comme jadis ses lois morales à toute la société..
Certains vont avancer : "Mais pourquoi l'Eglise n'a-t-elle pas fait davantage pression sur les baptisés pour qu'ils restent plus fidèles à leur baptême ?" La réponse nous a été donnée par le pape Jean-Paul II, dans sa lettre-encyclique intitulée "La Mission du Rédempteur", parue en 1990 et dans laquelle il écrivait, au n° 39 : "L'Eglise s'adresse à l'homme dans l'entier respect de sa liberté : la mission ne restreint pas la liberté, mais elle la favorise. L'Eglise propose, elle n'impose rien ; elle respecte les personnes et les cultures, et elle s'arrête devant l'autel de la conscience."
Parmi tous ces gens qui auparavant remplissaient les églises, il y avait ceux qui avaient peur, en n'y venant pas, de commettre un méché mortel les conduisant directement à l'enfer. Et ceux qui venaient pour rendre un culte à Dieu afin de se concilier ses faveurs.  D'autres parce que, tout le monde, dans le village, y venait, parce que leurs parents y venaient et que, à cette époque, il était normal de faire comme les parents. Il y avait aussi, heureusement, ceux qui se rendaient à l'église pour nourrir et célébrer leur foi, qui était vive. D'autres encore venaient à la messe parce qu'ils n'imaginaient même pas, dans une société se considérant alors comme globalement chrétienne, de faire bande à part, et parce qu'il était mal vu de ne pas y aller.
Aujourd'hui, c'est vrai, ne vient plus à la messe qu'une seule de ces catégories, celle des gens qui viennent pour partager et célébrer une foi qui se veut vivante, ainsi que l'explique fort bien Olivier Le Gendre dans son livre "Les confessions du Cardinal". Tous les autres sont partis, et cela en fait beaucoup ! "Vous autres chrétiens, vous ne vous êtes jamais rendu compte que vos églises avaient été remplies anormalement, artificiellement. Et vous êtes tout surpris qu'elles se soient vidées aujourd'hui. Vous avez bénéficié dans le passé de conjonctions exceptionnelles qui ne se reproduiront pas de sitôt.(...) Tandis que la société occidentale n'est plus sous l'influence prégnante de l'Eglise ; et il y a fort à parier que les autres sociétés suivront le même chemin."
Vous allez dire que je suis décourageant !  Pas du tout, car il nous reste l'Evangile, par lequel tout a commencé. A condition que nous ne l'obscurcissions pas par des pratiques, des regrets, des nostalgies, des diktats, des costumes, des restaurations ne permettant pas à l'homme libre d'aujourd'hui de retrouver le goût de l'Evangile.
Telle est la mission formidable qui attend désormais les générations à venir. Puisse la génération actuelle des jeunes prêtres rester humble et en être suffisamment consciente !  Puissent-ils ne pas insulter le passé récent, comme notre génération plus ancienne n'a pas envie d'insulter l'avenir !

mardi 18 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.085 : Le témoignage d'une patronne de bar

Je suis heureux de vous partager un beau témoignage !  Au cours de mes pérégrinations ces derniers jours, alors que je prenais un verre avec des amis à la terrasse d'un café, en allant régler les consommations, j'ai aperçu, sur une table, à côté de "Ouest-France", du "Parisien" et autres, chose rare je pense, bel et bien le journal "La Croix".
Un peu curieux, je demandai alors à la jeune patronne : "Vous êtes abonnée ?"  Celle-ci me répondit : "J'achète tous les jours "La Croix", car je trouve que c'est un journal très profond, bien plus que les autres journaux, comme "Le Parisien" ou autres, que je mets pourtant aussi, vu la demande, à la disposition des clients.  Mais je vois bien que "La Croix" n'est pas le journal le plus recherché ; c'est bien dommage !  Cependant, quand tous les autres journaux sont pris, je dis : "Lisez "La Croix !  Ce n'est pas que du catho ; il y a aussi de très bonnes analyses."  Je trouve que ce journal va au-delà de la simple politique, où on décrit des choses vite fait, et c'est tout.  C'est un journal qui n'est pas partisan.  Il aide à réfléchir ; ça aide à prendre du recul !"
Je lui ai répondu alors que j'étais moi-même abonné à "La Croix", et d'accord avec ses propos.  Je l'ai félicitée : "C'est un beau témoignage, tout simple, que vous portez, le genre d'action évangélique et missionnaire à la portée de tous, en un lieu qui n'a rien d'une église ou d'une institution étiquetée catholique.  Bravo pour votre ténacité : cela porte sûrement du fruit !"
Cela m'a renforcé dans cette idée qu'il faut vraiment faire confiance aux baptisés : sous le souffle de l'Esprit, ils savent prendre de belles initiatives, trouver la juste attitude, au coeur même de leur travail, de leurs relations, de leur vie, pour mettre l'Evangile à la portée de tous !
Sur le champ, j'ai pris note de ce bref dialogue, unique et si vivifiant, pour vous en faire part.
Et quand je repense à ce bar, je me plais à y imaginer Dieu présent, enchanté de l'initiative remarquable de sa fille : une patronne de bar, tout à fait charmante et délurée au demeurant, donnant à ses clients le beau visage d'une chrétienne fière de sa foi, pétrie de l'Evangile et apôtre cent pour cent là où Dieu l'a semée et envoyée !

lundi 17 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.084 : Souvenirs : le jour de mon ordination

Au risque de vous lasser, à l'occasion de mes 50 ans d'ordination, je reviens encore sur des souvenirs.  Mais est-ce anormal ?  On n'a pas tous les jours 50 ans !... Et en ce moment, 50 ans, c'est un nombre que je savoure passionnément !  Lors de notre récente rencontre entre ordonnés de 1967, nous n'en revenions pas, d'être "encore là", 50 ans après !
Mais, au risque de vous surprendre, sinon de vous scandaliser, la 1° chose que j'ai envie d'exprimer, c'est que je me suis senti nettement mieux dans ma peau le jour de mon Jubilé, le 2 juillet, et certainement plus en forme que le jour même de mon ordination, le 29 juin 1967, il y a 50 ans.
L'image qui me vient à l'esprit, c'est celle d'un plongeur, un peu stressé avant de sauter, du haut de son plongeoir, lorsque celui-ci se trouve très élevé. Mais ensuite, lorsque le saut a été effectué, et qu'il fait alors des ronds dans l'eau en savourant sa "performance", il se sent nettement soulagé, ou, plus exactement, apaisé.
                                                                                                                                                                De la même façon, la traversée de ces 50 années a été rude, le saut souvent risqué et difficile, un peu dangereux même parfois (et pas seulement à cause des serpents, comme j'en ai fait l'expérience au Mali !).  Voilà pourquoi, à présent, une fois le grand saut réalisé, je me sens plus serein.
Pour bien comprendre cela, il faut se mettre dans la peau d'un jeune séminariste de 24 ans et des poussières, qui croit bien sûr à la grâce de Dieu, à travers le sacrement de l'Ordre, mais qui n'en reste pas moins inquiet par rapport à la mission qui va lui être confiée : ai-je bien fait un choix raisonnable ?  Est-ce que je ne suis pas en train de préjuger de mes forces ?  Comment vais-je arriver à m'en sortir ? Suis-je capable d'assurer un ministère paroissial ou autre ? Comment ça va se passer avec les gens ?  Est-ce que je serai compétent ?  Aurai-je la santé ?  Quelle vie est-ce que je vais avoir ?  Autant de questions, et bien d'autres, qui résonnaient alors dans ma tête, et me stressaient, car je n'en avais nullement la réponse alors !
D'autre part, c'était une autre culture, en 1967 : quand les séminaristes traversaient les rues de Luçon, il n'était pas rare que les jeunes rigolent de nous et nous croassent, surtout quand on était en soutane ; nous n'en menions pas large alors !  Le 29 juin 1967, je repensais à tout cela avec inquiétude tandis que, partis du grand séminaire, nous avancions en procession solennelle, comme au Moyen-Age, en habits liturgiques, jusqu'à la cathédrale, dans les rues de Luçon.
Et on chantait des chants en latin !  Moi qui n'ai jamais aimé ce type de chants, qui m'ont toujours semblé surannés, ce n'était pas fait pour me mettre à l'aise. Les soutanes, le latin, l'encens, les mains jointes. Pour moi qui, deux ans auparavant, travaillais encore comme agent des services hospitaliers à l'hôpital de Grenoble, syndiqué CGT, tout cela me semblait surréaliste, hors de la vie ordinaire, hors du temps : c'était du décorum, qui me paraissait bien loin de "L'Essentiel" : la mission au coeur de la vie des gens, à la suite du Christ, qui n'avait pas les mains jointes, mais grandes ouvertes, vers le Père et vers ses frères...
Vais-je vous scandaliser ?  Je ne me souviens absolument pas de ce qu'a pu nous dire l'évêque, dans son homélie !  Par contre, je me rappelle très bien l'attitude de Papa. A la fin du pique-nique familial dans une salle du séminaire, Papa a voulu aller se dégourdir les jambes dans le grand jardin. Tout de suite, en bon jardinier amoureux des arbres, il nous a fait remarquer qu'un certains nombre d'arbres fruitiers avaient été greffés, et que le résultat était excellent.  J'ai le clair souvenir de m'être dit alors - mais je n'en ai pas soufflé mot : "C'est ça : il faut que l'on se greffe sur le Christ, sans peur, clairement ! Alors, comme ces arbres greffés, nous, les jeunes prêtres, nous porterons beaucoup de fruits !"
Merci Seigneur, pour ces 50 années de vrai bonheur, avec les autres, avec Toi !

vendredi 14 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.083 : Liu Xiaobo est mort ? Connais pas ! Allons à la plage !

Comme tous ceux qui essaient de croire en la valeur universelle de la démocratie, aujourd'hui, je suis très triste ! En pensant aux victimes de l'attentat de Nice il y a un an bien sûr !  Mais sans oublier toutes les autres innombrables victimes de la barbarie à travers le monde, anonymes le plus souvent.
Je fais un rêve !  Et si un jour, la fête du 14 juillet devenait la fête de la liberté, de l'égalité et de la fraternité ?  Vous allez m'objecter : mais n'est-ce pas déjà le cas ?  Au risque de vous décevoir, je crois que nous n'en sommes pas encore là.  Au pays dit des Droits de l'Homme, c'est vrai, on se gargarise beaucoup de mots, de belles phrases, de défilés pompeux et de poignées de mains viriles entre chefs d'Etat.  "Beaucoup de bruit pour rien", pour reprendre la formule célèbre de Shakespeare...
Car, pendant ce temps, des gens, je devrais dire "nos frères", meurent en silence, quasiment sous nos yeux, tandis que nous regardons ailleurs ; et cela, tous les jours, un peu au-delà de l'horizon des plages de la Côte d'Azur et de Nice, suite au naufrage de leurs maudites embarcations ; ou comme hier, en Chine, avec le décès de Liu Xiaobo, militant "réèl", lui, des Droits de l'Homme ; Prix Nobel de la Paix en 2010, il était emprisonné depuis des années pour avoir souhaité, pacifiquement, la démocratisation du régime. Malheureusement, honteusement devrais-je écrire, pour ne pas déplaire aux dirigeants chinois, les grands pays dits "libres", dont la France, n'ont pas eu le courage, ni la force, ni l'audace, ni la fierté, ni les tripes à la hauteur pour prendre sa défense !
Liberté, égalité, fraternité, oui, mais pas avec tout le monde... Simplement quand ça nous arrange !  Alors, rangeons humblement notre fier drapeau !!!
C'est vrai, je ne suis pas politicien ; mais je peux donc écrire des choses qui n'ont rien à voir avec la "réal politique", celle qui est fondée sur le calcul des intérêts plus que sur le soutien des défenseurs des Droits de l'Homme ; et cela, que ce soit en Chine, avec l'Arabie Séoudite ou à Calais, où le Secours catholique en fait la dure expérience, sous ce gouvernement comme sous les précédents !
Realpolitik  :  abandonner ses idéaux pour composer avec la réalité... 
Je vous citais récemment cette réflexion de Jean d'Ormesson assurant que, lors de notre arrivée auprès du Père, nous verrions un athée assis à la droite de Dieu ; par exemple, Simone Veil. Mais on pourrait ajouter Liu Xiaobo qui, pas plus que S. Veil, n'a adhéré au message du Christ. Jugez-en vous-mêmes, à partir de ce que Liu a un jour exprimé : "Il faut qu'on réponde à la haine par l'amour, aux préjugés par la tolérance, à l'arrogance par la modestie, à l'humiliation par la dignité, à la violence fanatique par la raison."
Et les derniers mots dans son ultime déclaration, lors de son procès, face à ses juges, furent ceux-ci : "Je n'ai pas de haine, je n'ai pas d'ennemis."  Ce ne vous rappelle rien ?  Vraiment, "L'Esprit souffle où il veut." (Jean 3/8)
A titre d'illustration, je vous cite également cette prophétie de Vaclav Havel, lui aussi libre penseur, digne également de siéger à la droite de Dieu : "L'amour et la vérité vaincront la haine et le mensonge."
Mais j'en reviens à mon 14 juillet.  Oui, il faut garder cette journée de fête !
Mais pourquoi ne pas faire une minute de silence à la mémoire de ces victimes de notre peur de la Chine ?  Pourquoi ne pas faire de la politique autrement ?  Pourquoi ne pas faire défiler les victimes réfugiées chez nous, les migrants de Calais, les 60 Imams qui viennent d'entreprendre un périple en bus contre le terrorisme, les faiseurs de paix si agissants au sein de multiples associations, et des militaires aussi bien sûr, mais pas qu'eux !  Ainsi que des enseignants, des soignants, ... La liste serait à compléter largement.
Quel beau défilé du 14 juillet ce serait !
Il n'est pas interdit de rêver !
Bon 14 juillet quand même !

mercredi 12 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.082 : Approche de l'Islam avec Malika, le 2 juillet

Lors de la journée jubilaire du 2 juillet, une intervention a été particulièrement remarquée, celle de Malika, intellectuelle sablaise de  haut niveau, de culture musulmane, membre fondateur du groupe inter religieux du Pays des Olonnes.  On m'a réclamé ce  texte, je vous le partage :

Olivier, je voudrais dire toute la joie qui est mienne d'être ici et de fêter avec vos amis, votre famille ces 50 ans d'ordination.  Cette joie est d'autant plus forte que j'ai eu le bonheur de vous connaître aux Sables d'Olonne et d'apprécier votre ouverture d'esprit, votre combat inlassable mené, notamment au sein du groupe inter religieux qui s'était créé et dont vous avez été une des chevilles ouvrières, pour construire des ponts, oeuvrer à une spiritualité digne de ce nom, autrement dit largement ouverte sur l'autre.  J'ai vite compris aussi que ce dialogue inter religieux qui vous tenait à coeur s'inscrivait dans une démarche plus large, celle du combat pour les droits de l'Homme, de tous les Hommes et la reconnaissance d'une altérité source de richesse.  Pour cela, je voulais vous dire toute mon admiration, toute mon estime, et grand merci Olivier pour tous ces moments d'amitié partagés.

Des graines ont été semées qui continuent à porter fruits, j'en suis sûre.  Force est de constater cependant que ce vivre ensemble apaisé, qui a prévalu aussi dans d'autres villes de France, bat de l'aile depuis quelque temps un peu partout.  Des schémas de pensée réducteurs, des replis identitaires occupent le devant de la scène, face à l'émergence de cet Islam radical, idéologie politique violente et sectaire, allant jusqu'à égorger un prêtre, comble de l'horreur, et fauchant des dizaines de vies innocentes.  Idéologie soutenue, comme l'ont mentionné nombre de spécialistes, par l'Arabie Séoudite et le Qatar, et qui trouve naturellement des éléments fragilisés et discriminés parmi les jeunes dans nos banlieues, pour passer à l'acte.  Sans oublier une géopolitique désastreuse menée depuis des décennies.

Une approche superficielle des choses n'a pas de mal dès lors, à laisser entendre qu'il s'agit là, somme toute, d'un choc des civilisations, l'islam étant par nature essentiellement incompatible avec les "valeurs occidentales".  D'où l'urgence, la nécessité d'une meilleure approche de l'Islam, d'un enseignement digne de ce nom du fait religieux. Non pour contrecarrer la laïcité, qui est un acquis incontournable, mais pour l'épauler au mieux.

Apprendre par exemple que le Coran s'est nourri de textes apocryphes des traditions juives et chrétiennes n'est pas négligeable, comme l'a mentionné l'émission d'Arte sur le sujet, proposée par Gérard Mordillat et Jérôme Prieur.  Il n'est pas négligeable d'apprendre aussi que l'Islam au Moyen-âge avait développé une théologie sophistiquée où tout un courant rationaliste et d'avant-garde a eu droit de cité avant que ne s'impose l'orthodoxie.

Mohammed Arkoun, islamologue éminent, avait nourri l'espoir dans les années 80 d'oeuvrer à une exégèse du fait coranique adaptée à notre temps, en enseignant toute cette richesse théologique et philosophique, nourrie de la pensée grecque, dans un Institut basé à Strasbourg.  Il était soutenu dans sa démarche par d'éminentes personnalités, notamment le philosophe Paul Ricoeur ou André Chouraqui.  Malheureusement il n'y eut pas de suite, un Institut a été créé et financé par l'Arabie Séoudite.  Cela est d'autant plus regrettable que non seulement l'Islam aurait trouvé là les éléments nécessaires joints à ceux qu'offrent les sciences sociales, l'histoire, l'anthropologie, la linguistique pour que s'opère une exégèse digne de ce nom permettant son ancrage dans la modernité.  Cela aurait permis aussi de changer le regard porté sur cette religion et d'endiguer cette perversion de l'Islam.

Changer le regard, c'est aussi enseigner la richesse de la civilisation arabe et de son apport à  l'Europe dans de multiples domaines, scientifique, philosophique, mais aussi artistique.  J'ai eu l'occasion de donner une conférence à l'Institut catholique d'Angers sur le sujet et ai pu constater la surprise créée.  Autant d'éléments qui ne peuvent que contribuer à un vivre ensemble apaisé et à fonder un Islam ouvert sur l'autre, riche de sa spiritualité.

Pour terminer, je rappellerai que Jésus occupe une place éminente dans le Coran.  Il est dit : "Nous t'annonçons la bonne nouvelle d'un Verbe émanant de Dieu, son nom est le Messie, Jésus fils de Marie, illustre en ce monde et dans la vie future."

Je rappellerai qu'à la mosquée des Omeyades, à Damas, l'un des minarets est appelé minaret de Jésus et que c'est la tête de Jean-Baptiste située dans un mausolée que vénéraient, jusqu'à une date récente, les pèlerins venus de partout.

Pour vous honorer Olivier, j'ai relevé quelques citations d'Amadou Hampâté Ba, soufi malien très connu, pays où vous avez été prêtre  :

-  "Que notre amour ne soit pas centré sur nous-mêmes.  Qu'il ne nous pousse pas à n'aimer que ce qui nous ressemble ou à n'épouser que les idées semblables aux nôtres.  N'aimer que ce qui nous ressemble, c'est s'aimer soi-même, ce n'est pas aimer."

-  "Celui que l'on considère comme infidèle n'en est pas moins homme et ne peut être exclu de l'amour divin.  Pourquoi le serait-il du nôtre ?"

-  "L'arc-en-ciel doit sa beauté aux tons variés de ses couleurs.  De même, nous considérons les voix des divers croyants qui s'élèvent de tous les points de la terre, comme une symphonie de louanges à l'adresse de Dieu."

-  "Tu gagnerais énormément à connaître les diverses formes de religion.  Croire que sa race ou sa religion est seule détentrice de la Vérité est une erreur."

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Je vous communique ci-dessous ce que Malika vient de nous envoyer, en lien avec son intervention : 



Voici aussi le très beau poème du grand mystique andalou Ibn Arabi du XIIIe siècle :     


"Mon coeur peut désormais prendre toute forme :
Une prairie pour gazelles, un cloître pour moines,
Un sanctuaire pour les idoles, une Ka'aba pour les pèlerins.
Les tables de la Torah et le livre du Coran.
Je pratique une religion d'Amour :
vers quelque point où se dirige la caravane de l'Amour,
Là est ma foi et là ma religion."

lundi 10 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.081 : "Je ne suis pas capable !..."

Pendant ces 50 années de ministère que je viens de vivre en tant que prêtre, lorsqu'il m'arrivait de proposer telle responsabilité, même petite, à des paroissiens que je sentais prêts à servir Dieu et l'Eglise, je ne sais combien de fois ceux-ci m'ont répondu : "Oh non ! Demandez à quelqu'un d'autre, à un tel par exemple, parce que moi, je n'en suis pas capable !"
Alors, chaque fois, de mon mieux, j'essayais d'expliquer que la question n'était pas de savoir si on était capable ou non ; car alors en effet, c'est soi-même qu'on regardait, et la personne évaluait d'abord ses propres forces.
Or, lorsque l'on réfléchit un peu, que signifie une telle réponse négative ?  "Je ne suis pas capable"  =  "Je ne tiens pas compte du fait que Dieu peut agir en moi."  Au contraire, la vraie question à se poser devrait être la suivante : "Dieu est-il capable d'agir en moi ?"  Ou encore : "Dieu a-t-il la possibilité de passer par moi pour faire progresser l'avancée de son Royaume ?"  A une telle question, est-il concevable de répondre par la négative ?
Il est vrai que la Bible fourmille d'exemples de personnages, de prophètes qui, souvent ne se sont pas sentis en mesure de répondre positivement à la mission que Dieu souhaitait leur confier.  Un exemple seulement, celui de Moïse : lorsque Dieu, du milieu du buisson ardent, dit à Moïse : "Va ! Je t'envoie vers le Pharaon pour faire sortir d'Egypte mon peuple", que répond Moïse sur le champ ? "Moïse dit à Dieu : "Qui suis-je pour aller trouver le Pharaon et pour faire sortir d'Egypte les Israélites ?" Il faut relire tout ce passage de l'Exode (ch 3 et 4), dans lequel est relaté un dialogue savoureux entre Dieu et Moïse, celui-ci cherchant tous les arguments possibles pour dissuader Dieu de lui confier cette lourde mission.
C'est toujours le même problème : nous survalorisons nos insuffisances, et nous oublions totalement la grâce de Dieu, le soutien de Dieu.  Comme si Dieu nous larguait sans parachute du haut du ciel sur une responsabilité à assumer... Alors que le don de Dieu nous précède, nous entoure, nous soutient, et qu'il nous donne la force nécessaire pour assurer notre mission.
A vrai dire, je vais vous faire une confidence : j'ai moi-même passé ma vie à croire que je n'étais pas capable ! Pas capable de devenir prêtre, pas capable de m'occuper des jeunes, pas capable d'aller en Afrique lorsque l'on m'y a envoyé, pas capable de lancer des Cafés-Théo, etc.  En fait, chaque fois, j'ai l'impression que quelqu'un m'a poussé pour que j'avance, pour que je m'engage, alors que je serais volontiers moi aussi resté tranquille sur la touche !  Mais, avec le recul, je m'aperçois que, chaque fois que j'ai reçu un appel, Dieu m'a donné la force correspondante, que je ne pouvais trouver en moi seulement effectivement, pour que je puisse servir son projet, son Eglise.
Au terme de ces 50 années, je peux en témoigner : seul, on n'est pas capable ; mais fort de l'appui de Dieu, tout devient possible !
Me revient à l'esprit ce superbe cantique, que l'on considère comme "la Marseillaise des Protestants" :
"A toi, la gloire, ô Ressuscité,
A toi la victoire, pour l'Eternité !"

vendredi 7 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.080 : Tous invités à la fête pour la Saint Olivier le 11 juillet

Non, non, ce n'est pas une blague !  On ne vous pose pas un lapin !  Il n'y a pas de lézard, c'est bien vrai : qui que vous soyez, que vous ayez le temps ou non, si vous habitez Mortagne, St Laurent ou les environs, prochains ou même lointains, vous êtes bel et bien invités à venir fêter joyeusement la Saint Olivier mardi prochain 11 juillet, à 18h, entre 18h et 19h, au très agréable bar-presse-tabac-loto situé 1 rue du Château, à environ 2 mètres 50 du presbytère de Mortagne.  A vos agendas !
Olivier Leroux, le sympathique patron, avec son épouse Corinne, et moi-même, avons concocté ensemble cette invitation, qui s'adresse à tous ; prioritairement aux Olivier bien sûr -  si vous en connaissez, ne manquez pas de leur refiler le tuyau  -  mais aussi, aux clients, habitués ou non, aux voisins, aux hommes et femmes de bonne volonté, aux paroissiens... Et j'en passe, et des meilleurs. Et je n'oublie pas leurs enfants, Ameline et Théo.
Un moment, on a pensé inviter Olivier Besancenot ; vous savez ?  Le facteur ; mais il n'avait pas fini sa tournée !  Oh, il y avait bien Olivier Giscard d'Estaing ; mais on a eu peur qu'il se sente un peu déphasé au milieu de nous. Alors, pourquoi pas Olivier Cromwell ?  le célèbre politicien anglais... Mais on m'a fait remarquer qu'il était décédé... Heureusement qu'on n'avait pas encore envoyé la lettre d'invitation !!!
Une petite précision : Olivier et Corinne fournissent le local, leur sens de l'accueil, leurs chaises, leurs tables et leur sourire ; sans parler des boissons qu'ils nous serviront.  Mais dans quel but, cette soirée ?  Pour me donner l'occasion de remercier chacun, au terme de ces cinq années de bonheur passées à Mortagne et sur le quartier, de l'accueil reçu, des paroles fraternelles et des bons moment partagés ; sur le trottoir, souvent, au hasard des journées. Chaque jour ou presque, des centaines de fois en définitive, je suis allé à la rencontre ainsi des uns et des autres, avec l'achat quotidien des bonnes feuilles de "Ouest-France".
A propos, vous pouvez laisser votre bigaille à la maison : ce sera ma tournée ! Et vous n'avez pas à insister ni à refuser !
Un certain Olivier, dont je me demande encore s'il méritait bien de se prénommer ainsi, me disait un jour : "Mes parents m'ont donné ce prénom, mais je n'ai jamais su pourquoi.  Ce prénom d'arbre, tout à fait ridicule, en tout cas, je ne l'aurais pas choisi.  Pourquoi pas prunier ? ou abricotier ?  Non, vraiment, ce prénom, je ne le supporte pas." Cher frère Olivier, pôvre de toi, peuchère !  Si tu as la malchance de rencontrer un jour les deux compères, Marius et Olive, sur le port de Marseille, qu'est-ce que tu vas prendre comme dérouillée ! Et qu'est-ce que tu as contre ce bel arbre qu'est l'olivier, symbole de paix et de fraternité aux yeux du monde entier ?
Deux Olivier voisins et amis, ce n'est pas courant, ça se fête !  Merci d'inviter vos amis, et à mardi !


mercredi 5 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.079 : Comment ça s'est passé le 2 juillet ?

Je ne comptais pas forcément revenir sur la Fête de l'Alliance qui a eu lieu dimanche dernier 9 juillet à Mortagne, mais j'ai reçu plusieurs demandes d'information à ce sujet, de la part de blogueurs n'ayant pu être des nôtres ce jour-là.
Tout d'abord, il faut préciser que, chaque année, sur la paroisse, a lieu une semblable "Fête de l'Alliance", regroupant, comme ce fut le cas l'an passé, religieuses, diacres, couples fêtant un anniversaire "rond" de leur engagement, dans le mariage ou en religion.
Cette année, nous étions 35 à être "fêtés" : 16 couples, 2 Frères de St Gabriel, et moi-même, le curé.
Prévoyant une assistance plus nombreuse qu'à l'ordinaire, qui ne pouvait tenir dans l'église de Mortagne, nous avons réservé une grande salle municipale pour ce dimanche. Les jubilaires se sont réunis il y a plusieurs mois pour organiser cette fête, qui s'est déroulée de la façon suivante :
-  préparation de la salle, décoration, avec une grande banderole : "Riches de l'Amour que nous donnons", installation d'un grand écran,...
-  longue et chantante procession d'entrée, avec en tête une belle corbeille de mariage portée par un couple ayant 60 ans de mariage : "Chantez, priez, célébrez le Seigneur..."
-  sur l'écran défilent les photos de mariage des couples, tandis que ceux-ci se présentent.
-  présentation aussi des prêtres et diacres présents, ainsi que des amis venus des Sables d'Olonne, de Fontenay-le-Comte et d'ailleurs, et présentation de ma propre famille.
-  explication par un prêtre ami de son ressenti par rapport à une telle fête : "Je trouve intéressante l'orientation de la fête voulue fête fraternelle et solidaire. Des moments comme ceux-là font signe et donnent le visage d'une Eglise ouverte et bien de son temps."
-  après l'homélie, renouvellement des engagements des jubilaires, à l'appel d'un diacre, Michel :"...Acceptez-vous, devant tous, aujourd'hui, avec la force de Dieu, de renouveler votre engagement ?"  Et tous ensemble, y compris le curé, de répondre : "Oui, nous le voulons !"
-  chant alors, inspiré de la prière du P. de Foucauld : "Mon Père, je m'abandonne à toi..."
-  prière universelle faisant ensuite allusion aux multiples difficultés que peuvent rencontrer, dans nombre de domaines, des couples ou des personnes engagées en religion.
-  au cours de la messe, à deux reprises, l'on m'a signalé l'arrivée de deux groupes de Juifs des Sables d'Olonne : belle occasion d'accueillir de façon festive ces "frères aînés" et d'expliquer brièvement le sens de leur présence, fruits de riches relations tandis que j'étais curé aux Sables d'Olonne.
-  joyeux temps d'échange durant l'apéro.
-  de très nombreuses personnes sont restées sur place pour le "repas partagé", chacun ayant placé sur une grande table ce qu'il avait préparé, et tous ont pu se servir largement.
-  tout le long du repas, nombreuses interventions, fort diverses : deux de la part des Juifs, chant à la guitare : "Quand on n'a que l'amour", belles prises de parole d'une responsable bouddhiste et d'une femme de culture musulmane, des chansons drôles me mettant en boîte, tant de la part des Sablais que de ma famille, un diaporama surprenant racontant toute mon histoire de façon humoristique, etc...
Une fête quoi !  et parmi les cadeaux reçus, en ce qui me concerne, deux superbes tableaux, de la part des Juifs, dont l'un, une reproduction d'une oeuvre de Gustave Doré représentant une étonnante crucifixion, et une paire de chaussures de marche, sans doute pour me faire savoir qu'il n'était pas question pour moi de m'installer dans un fauteuil, à l'aube de la retraite !
Pas plus que pour les Frères ou les couples jubilaires d'ailleurs.
Et comme Michel, notre chef de choeur, nous l'a fait chanter : "Tiens bon la vague et tiens bon le vent, hisse et ho, Santiano, si Dieu veut, toujours droit devant, nous irons jusqu'à San Francisco".
Jusqu'au bout de notre traversée, jusque dans le coeur de Dieu !

mardi 4 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.078 : "Sainte" Simone Veil, à la droite de Dieu

"Simone Veil, une sainte ?  Non mais, ça va pas la tête ?  Il a un sacré culot, le curé !  Elle ne peut pas être sainte... !  D'abord, c'est une Juive (j'allais dire : "ce n'est qu'une Juive", comme certains le pensaient alors).  Et en plus, elle a milité en faveur de la libéralisation de l'avortement, ce qui est contraire à la loi de l'Eglise."
Voilà ce que l'on entend depuis quelques jours.  Comme c'est dérisoire !  Quand on sait pour quelles raisons elle a proposé la légalisation de l'avortement, et à quelles conditions, d'après elle, celui-ci pourrait avoir lieu.
Ansi qu'elle le déclarait le 26 novembre 1974 à la tribune de l'Assemblée : "L'avortement doit rester l'exception.  Mais nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300.000 avortements qui, chaque année, mutilent les femmes dans ce pays, bafouent nos lois et humilient ou traumatisent celles qui y ont recours..."
Bien sûr, il n'est pas dans mon intention en ce billet de dire que l'avortement, il est beau et il est gentil ; c'est en effet quelque chose de terrible, dont un certain nombre de femmes ne se relèveront jamis ; mais mon objectif était simplement d'honorer une femme qui a ressenti une grande compassion vis-à-vis de nombre de ses soeurs en souffrance, par rapport à la situation à laquelle celles-ci se sentaient acculées !
D'autre part, une des marques les plus importantes de la personnalité de Simone Veil, c'est que, malgré tout ce qu'elle a dû endurer dans les camps de concentration, et je ne vais pas vous faire un dessin le décrivant, après la guerre, face aux Allemands, tandis que beaucoup n'arrivaient pas à pardonner à leurs bourreaux, et on peut les comprendre, elle, par contre, n'a jamais été dans la vengeance.
Plus que cela, elle a même milité ardemment en faveur de la réconciliation franco-allemande. Quelle leçon pour nous qui, lors des conflits bien moins graves que nous affrontons dans notre vie de tous les jours, avons tant de peine à stopper la spirale de la haine et de la violence.
Voilà pourquoi je suis persuadé que Simone Veil, non croyante, est cependant de la taille des plus grands saints de l'Eglise. A l'image par exemple de Saint Maximilien Kolbe, ce Franciscain polonais qui chantait des cantiques dans le bunker de la faim, en adressant un sourire plein de bonté aux SS qui le condamnaient à une mort infâme.
Déclarer "sainte Simone Veil ? Pour illustrer cette proposition, voici un écrit de Jean d'Ormesson qui me semble d'une sagesse proprement biblique : "J'admire beaucoup les athées. Parce que les gens qui croient en Dieu, eux, ont le ciel.  Ils savent que, s'ils font le bien, ils auront une récompense.  Mais les athées qui se sacrifient pour les autres, qui donnent leur argent aux pauvres et vont visiter les malades ou les prisonniers sont des espèces de saints qui donnent réellement et gratuitement. Je dis que les athées sont peut-être les seuls qui méritent le "surnom" de saints, et qu'ils seront sûrement assis un jour à la droite de ce Dieu auquel ils ne croient pas."
A titre de rappel; c'est ce même Jean d'Ormesson qui avait accueilli Simone Veil à l'Académie française.

Sainte Vierge Marie, priez pour nous, pauvres pécheurs !   Et merci d'associer votre petite soeur juive, Simone, à votre prière pour nous !  Merci à vous !

lundi 3 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.077 : Les jubilaires ne sont pas les derniers des Mohicans !

Hier dimanche, à la salle polyvalente de Mortagne, j'étais très ému en voyant ces deux Frères de Saint Gabriel et ces 16 couples jubilaires au premier rang, debout devant tous, mais surtout devant le Christ, prêts à renouveler en lui leur bel engagement.
En un monde où la fidélité, la ténacité, le pardon mutuel, la confiance ne sont peut-être plus des valeurs dominantes, je me suis dit alors en moi-même :  "Non, rien n'est perdu ! Tout est encore possible !  Tout est toujours possible ! Faisons confiance au Christ pour continuer de croire et d'espérer."
En effet, ce n'est pas parce que l'on est frère ou prêtre ou marié depuis 50, ou même 60 ans, que l'on a le droit de douter de l'avenir, et de penser que nous sommes "les derniers des Mohicans" de l'amour !
Le risque en effet, lors de telles fêtes, c'est de croire que ces jubilaires ont été plus performants que d'autres, car, envers et contre tout, ils auraient "tenu", comme on dit.  Sous-entendu : tandis que d'autres auraient été moins fidèles ou moins bons... Quelle tentation !  Quelle prétention !  Et vous sentez bien qu'une telle lecture serait totalement anti-évangélique et intenable !
D'ailleurs, quand, du haut de l'estrade, j'ai interrogé les jubilaires pour leur demander s'ils avaient l'impression d'avoir mené une vie meilleure que celles d'autres couples, ou d'avoir été parfaits, tous m'ont répondu en choeur : "Ah non !"
Car, si jubilaires nous sommes, et j'en étais heureux avec eux, pécheurs, imparfaits et limités nous restons ! Quoiqu'en route vers la Lumière bien entendu, évidemment, même si c'est en boitant...
Et je me suis permis de dire, même si ce n'est pas un langage d'homélie, que ce jubilé n'était en rien pour nous une mise à l'honneur, mais comme "un coup de pied quelque part" pour nous remettre enfin dans le droit chemin de nos engagements !
Ensemble, nous avons essayé de ne pas oublier l'essentiel : ce que nous avons fêté en ce jour, c'est le Christ, le seul Saint, comme disent les Protestants, le seul homme parfait !  Le seul qui a su aimer, le seul qui a su pardonner, le seul qui ne s'est jamais détourné du Père.
Et ce que nous avons célébré hier, c'est l'action du Christ, la vie du Christ, l'amour du Christ, au coeur de la vie des jubilaires ; le combat incessant du Christ en eux pour qu'ils passent chaque jour un peu plus, comme le rappelait St Paul dans la 2° lecture de ce dimanche, de l'ombre à la lumière et de la crainte à l'espérance !
Et je fais totalement miennes ces paroles de Frère Guy dans le témoignage qu'il nous partagé : "Après 50 ans d'engagement définitif, nous ne pouvons que remercier le Seigneur pour sa fidélité. Il nous a toujours accompagnés et rendus heureux dans la diversité de nos différentes missions."


samedi 1 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.076 : Dans le sillage du Christ

Je ne m'attendais pas à ce que les gens donnent une telle importance à cette fête paroissiale de l'Alliance que nous allons vivre demain dimanche, avec 2 Frères et 16 couples jubilaires !
Déjà, tous, et moi-même, nous sommes très émus de pouvoir rendre grâce à Dieu pour toutes ces années d'Alliance vécues avec le Seigneur.
Surprise d'entendre nombre de personnes, y compris non habituées de l'Eglise, me souhaiter : "bon Jubilé", "bon anniversaire" ou "bonne fête" !
Coups de fil, cartes de fête, courriels en nombre... On m'a même envoyé des fleurs, de superbes roses, qui vont décorer l'autel demain : j'en suis tout retourné ! C'est la 1° fois dans ma vie de prêtre que l'on m'offre des fleurs !
Avec la question : est-ce que je les mérite vraiment ?
Heureusement, un autre couple, de St Laurent-sur-Sèvre, hier vendredi, m'a offert une croix, très belle, confectionnée d'ailleurs par le mari, excellent ouvrier dans le bois !  Me rappelant ainsi, comme le dit le passage de l'Evangile de ce dimanche que nous lirons demain, que "celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi." (Matthieu 10//38)
Le mot suivant accompagnait l'offrande de cette croix de Pâques, le Christ ressuscité n'y étant plus cloué :

Olivier,

En ce jour de remerciement de Fidélité à divers engagements de nos vies, il est bon de remercier Celui qui nous a permis de vivre cette vie jusqu'à aujourd'hui.
Pour nous, 55 ans de mariage, que de joies et de peines partagées.  Le déroulement d'une vie n'est pas un long fleuve tranquille car, après un engagement pour la vie, nous ne savons pas tout ce que cela va entraîner.
Vivre jour après jour, en acceptant d'être différents, se remettre en cause, dire oui chaque instant à l'inattendu, à ce qui n'était pas prévu... Il faut se référer au Seigneur pour lui demander ce qui est le meilleur.
Aujourd'hui, fêtons tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, ont contribué, se sont engagés pour une vie meilleure, la leur et la nôtre.
Olivier, Frère Michel, Frère Guy et tous les autres, soyez remerciés pour tout ce que vous nous avez apporté et partagé.
Ne pouvant être des vôtres dimanche, nous penserons spécialement à vous tous et lèverons nos verres pour célébrer cette journée dans la joie et le remerciement. 

Mille mercis à vous !

vendredi 30 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.075 : "Dieu ne m'a pas donné ce que je lui demandais !"

'"Mais enfin, qu'est-ce que c'est que ce Dieu ?  Je l'ai prié pendant des mois, j'ai fait dire des messes, j'ai mis des cierges et tout... Et pourtant, malgré tout ce que j'ai fait, le mal dont souffrait mon épouse a empiré, et elle est décédée ! Je suis abattu !  Comment est-ce que je peux encore croire en Dieu ?  Il m'a trop déçu !"
Ceci est un dialogue imaginaire !  Mais nous avons tous entendu des paroles de ce genre, face auxquelles tout essai de réponse semble impossible et ne peut être que rejeté.
C'est un peu la logique du mérite : j'ai prié ; donc, en échange, Dieu doit me donner ce que je mérite, sinon, ce n'est pas juste ; c'est comme une arnaque !
Et la réaction est souvent la suivante : "Dieu ne me donne pas le bonheur, il ne m'accorde pas ce que je lui ai demandé, alors, il n'est pas crédible, et je le quitte !"  En effet, si Dieu ne répond pas à nos désirs, il n'est pas "aimable" ! Voilà une des raisons pour lesquelles on "divorce" beaucoup de Dieu de nos jours ! Mais la prière serait-elle un commerce ? Je commande à Dieu ce que je veux, je le paye avec mes prières et mes cierges, et, après avoir ainsi passé à la caisse, je repars avec exactement ce que j'ai demandé, et que j'ai largement payé !
On sent bien que, dans ce calcul, il y a quelque chose qui cloche !  C'est pour cela que Descartes disait : "ce sont les "âmes faibles" qui n'aiment qu'à la condition d'en retirer un bénéfice, tandis que les "grandes âmes" aiment sans condition, de façon purement désintéressées."  Mais je n'aime pas trop cette façon de parler des gens en difficulté !
Il est vrai que Jésus nous dit dans l'Evangile : "Demandez, et vous recevrez."(Matthieu 7/7). Il dit aussi : "Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l'avez reçu, et cela vous sera accordé." (Marc 12/24)
Mais nous faisons sans doute trop souvent erreur sur la motivation profonde de la prière et son vrai sens. Plutôt que les réflexions de Descartes, méditons plutôt ce mot de St Augustin : ""Nous ne prions pas Dieu pour l'instruire, mais pour nous construire." C'est-à-dire, pour nous mettre en condition d'accepter les événements que nous sommes appelés à vivre, les souffrances qu'il nous faut traverser.
Il faut le dire et le redire en effet : la prière n'a pas pour but de changer Dieu, comme s'il cessait parfois de vouloir notre bien !  C'est notre coeur qu'elle a pour but de transformer.
Pour que ce soit clair, il faudrait abandonner tous ces refrains de prière universelle ou autres qui demandent à Dieu de nous écouter ; comme s'il ne nous écoutait pas, comme s'il tournait le dos à nos misères, comme s'il était sourd à nos appels : mais n'est-on pas là aux limites d'un certain manque de foi?
Préférons des prières, ou des refrains, du style :"Donne-nous ton Esprit... Fais de nous des ouvriers de paix..."
La vraie prière chrétienne ne doute pas de l'écoute de Dieu, mais lui demande son aide pour changer nos coeurs.  Prier en effet, c'est faire barrage en nous contre la désespérance, face à un grand malheur par exemple. C'est laisser Dieu entrer en nous, et lutter en nous, à travers nous, contre toute souffrance et toute mort. En priant, l'on n'est plus seul au monde face à nos problèmes en effet : on ouvre alors à Dieu la porte de ce monde, la porte de notre vie, et il peut venir y oeuvrer.
Redisons souvent cette merveilleuse prière du P. de Foucauld, que vous avez déjà sans doute en votre possession : "Mon Père, je m'abandonne à toi, fais de moi ce qu'il te plaira..."
Le secret de la vraie prière, il est là !

jeudi 29 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.074 : Prêtre, un "métier" formidable !



Les paroissiens de la Gaubretière, les Landes et Tiffauges qui ont préparé le bulletin du doyenné pour le mois de juillet ont demandé aux trois prêtres de ce même doyenné qui, arrivant à 75 ans, vont quitter leur paroisse cet été, de donner brièvement leur témoignage. A l'attention des lecteurs de ce blog qui vivent en d'autres lieux, je vous partage ci-dessous ma petite contribution sous le titre : "Prêtre, un "métier" formidable !"
La publication d'un tel billet en ce jour n'est pas due au hasard, puisque j'ai été ordonné prêtre en la cathédrale de Luçon, par Mgr Paty, il y a tout juste 50 ans aujourd'hui, le 29 juin 1967.  En la fête de ces "colonnes de l'Eglise", St Pierre et St Paul qui, bien que grands pécheurs, furent appelés par le Christ à témoigner de sa Bonne Nouvelle jusqu'aux extrémités de la terre !

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Même si, être prêtre, ce n’est pas à proprement parler un « métier », pour l’exemple, je me retrouve tout à fait dans cette déclaration du grand footballeur Raymond Kopa qui nous a quittés en mars dernier : « En entrant sur le terrain, chaque fois, je me disais : « Raymond, t’es un sacré veinard !  Tu fais un métier formidable ! » Eh bien, durant toutes ces années vécues sur Mortagne et St Laurent, c’est ce même sentiment que j’ai ressenti !

Merci à tous !

Vous voulez savoir ce qui m’a rendu heureux dans ma vie de prêtre ?
C’est le visage ouvert et chaleureux des gens rencontrés et salués aussi bien dans la rue qu’avant et après les eucharisties par exemple ; j'y ai reconnu le visage du Christ !  Ou encore, lorsque j’entends des enfants me dire : « Celui/celle qui me fait le caté est formidable ! »  Que du bonheur aussi quant aux réflexions faites à propos des quatre diacres de notre paroisse : « Ce sont des hommes remarquables !  Et leur témoignage de vie, en lien fort avec leurs épouses, est magnifique ! »
Joie profonde également quand des membres de familles endeuillées soulignent que « les sépultures conduites par des laïcs sont de grande qualité», bien que je comprenne et souffre moi-même de ce qu'un prêtre ou un diacre ne puisse toutes les assister en un tel moment. Même allégresse lorsque les paroissiens sortent rayonnants des messes dominicales comme des messes des familles, de 1° Communion ou autres… Je ne rendrai jamais assez hommage à tous ceux et celles qui, dans l’ombre, préparent et animent nos célébrations (organistes, chorale, animateurs, servants d'autel, fleuristes, sacristains...), ainsi que la vie de la paroisse !

Le bonheur d’aller aux périphéries

Je suis marqué par la joie des personnes qui ont le souci de visiter les malades, dans leur quartier ou les Ehpad. Et aussi par l’action collective qui se vit au sein du Secours Catholique, dans l’accompagnement des personnes en détresse ou des réfugiés.  De même que par la réponse massive d’un grand nombre de personnes intéressées par les Cafés-Théo dans un bar, le Cercle de silence sur la Syrie qui a rassemblé 100 personnes dans la rue, ou lors des soirées avec des musulmans, ou un pasteur protestant ou un moine bouddhiste, très largement suivies.
Une Eglise ouverte et inventive, donnant « le goût de Dieu », composée de personnes et de pasteurs qui ont toujours besoin du pardon du Seigneur, mais qui rayonnent de la joie du Christ ressuscité, voilà ce qui m’a rendu heureux sur ce Nord-Vendée, et plein d’espérance pour l’avenir !

Il y aurait bien sûr mille autres choses à partager, mais le don de Dieu est sans fin !