Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

mardi 6 décembre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.014 : Connaître et aimer nos frères musulmans

Entre autres réflexions qui ont fait tilt pour moi ces derniers temps, il y a cet aveu fait le 15 novembre dernier par Alain Juppé, le seul homme politique à avoir eu le courage de reconnaître qu'il ne connaissait rien à l'islam.
Tandis que la plupart des politiques se lancent en général allègrement dans des déclarations dont l'indigence intellectuelle est sidérante, par rapport à ce qu'est l'islam et à ce que sont et vivent chez nous la grande majorité des musulmans.
Mais où et quand et avec qui ont-ils pris le temps de réfléchir en profondeur sur ces réalités avant de parler ?  Et les esprits faibles les écoutent, avalent et répètent leurs erreurs d'analyse sur la situation.
Depuis mon retour en France, après neuf années durant lesquelles j'ai eu le bonheur d'être accueilli au Mali, dans un pays très majoritairement musulman, comme un frère, quoiqu'étranger, et, par dessus le marché, blanc, chrétien et prêtre, je m'arrache les cheveux en constatant combien nombre de nos compatriotes disent n'importe quoi concernant cette religion et ceux qui s'en réclament.  En grande majorité en effet, les gens ont tendance à tout mélanger : le voile, le Coran, la guerre d'Algérie, les attentats, la viande de porc, le burkini, les jeunes des banlieues, Le Pen, la charia, les djihadistes et je ne sais quoi encore...  Et on ne peut rien leur dire :  de toute façon, l'islam est suspect, et il faut nous méfier des musulmans, dont les mosquées vont bientôt être plus nombreuses que les églises dans "notre" beau pays de France !
Ah !  C'est ça, la fraternité ?  Alors, rayons tout de suite ce terme de notre devise nationale. Rayons aussi l'égalité, puisque, comme l'a dit récemment Marine Le Pen : "On ne peut quand même pas mettre les chrétiens et les musulmans sur le même plan !"  Malheureusement, un certain nombre de catholiques "identitaires" ne sont pas loin de penser la même chose et se font ainsi "lepéniser" !
Quant à la liberté, si une femme n'a même pas le droit, comme le font certaines religieuses, de porter un voile cachant ses cheveux, n 'en parlons pas non plus, et laissons l'Etat décider de la façon dont les citoyens doivent s'habiller désormais!  C'est à pleurer !
A Mortagne par contre, il y a quelque temps, nous avons apprécié la démarche de Monsieur le Maire, qui a souhaité que l'on se donne un temps de réflexion pour essayer de mieux comprendre les choses ; 130 de nos concitoyens ont répondu à cet appel. Ce jour-là, des musulmans, une quinzaine, se sont joints à nous, et je les entends encore nous dire : "Aujourd'hui, l'immense majorité des musulmans se sentent pleinement français ; mais le discours ambiant les interpelle sans cesse par rapport à la question de la compatibilité entre leur religion et leur nationalité, ce qui est une façon de les mettre à l'écart, de créer de la méfiance, et chez eux, un sentiment de mal-être."
Certains ont même l'impression d'être des boucs émissaires des maux de notre société.  Un peu plus, on leur reprocherait les attentats !  Or, une analyse intelligente aiderait à comprendre que ce n'est pas l'islam qui pose problème, mais la peur de l'autre, et les inégalités sociales.
Voilà pourquoi, nombre de personnalités politiques, même soit-disant de premier plan, de droite comme de gauche, face aux dérives de notre société et pour les contrer, s'attaquent à l'islam et accusent les musulmans de tous les maux, au lieu d'investir leur énergie à faire évoluer la situation dans les quartiers défavorisés, à tout faire pour réduire le chômage, à donner la parole aux musulmans modérés, pour se laisser instruire par les intellectuels de culture musulmane qui auraient tant de choses à nous faire découvrir de ce qu'ils croient et de ce qu'ils sont ; mais on leur "donne" si rarement la parole...
On ne connaît l'islam qu'à partir des attentats, ou de ce que disent de cette religion des gens comme Zemmour ou autres, ou encore, à partir de ce que l'on nous montre de négatif dans les banlieues, là d'ailleurs où il n'y a trop souvent plus un seul policier, ni bureau de poste, ni école, ni commerce.
Un sursaut d'approfondissement de nos façons de réagir serait vraiment salutaire pour notre pays.
Allez, quelques paroles de sagesse pour nous inviter à être moins superficiels dans nos jugements :
-  Bouddha : "Celui qui méprise les autres religions creuse un fossé autour de lui-même."
-  Zacharie 8/23 : "Faisons route ensemble, car près de toi, j'entends Dieu."
-  Albert Camus  :  "L'honnêteté consiste à juger une doctrine par ses sommets, non par ses sous-produits."
Qu'il en soit ainsi !
 

dimanche 4 décembre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.013 : "Ouest-France" entre dans le débat !

Tout le monde ne lisant pas quotidiennement le journal "Ouest-France", je me permets de revenir sur l'édito paru dans ce 1° quotidien de France, le jeudi 1° décembre, sous la plume de Jean-François Bouthors. Celui-ci, docteur en sciences économiques, journaliste, éditeur, essayiste, a été longtemps journaliste à "La Croix". Il est aussi auteur de livres centrés sur l'intelligence des Ecritures, animateur d'un groupe biblique, etc... Tout cela pour dire que c'est quelqu'un dont l'avis fait autorité. Et pour que "Ouest-France" lui donne la parole en première page, cela veut sans doute dire quelque chose par rapport à la ligne éditoriale de ce grand quotidien.  Je vous laisse juges !  Extraits :

"La Manif pour tous est l'expression virulente d'une évolution profonde du catholicisme français, commencée avec Jean-Paul II et Jean-Marie Lustiger.  L'un et l'autre ont délibérément accéléré le mouvement déjà entamé de recul de la belle tradition française du catholicisme social.  On a vu monter des générations de jeunes prêtres plus soucieux de piété et d'identité.
Pour faire passer son message nettement antilibéral sur les questions de société, ce nouveau clergé - souvent en rupture avec les choix de ses aînés - a travaillé, consciencieusement et sans état d'âme, le terreau paroissial, les aumôneries, mais aussi la blogosphère.  Si le catholicisme français est désormais minoritaire, en son sein, le courant identitaire l'emporte nettement.
Souvent pris à contre-pied par les déclarations et les gestes du pape François, il trouve dans une partie de l'épiscopat français et dans quelques figures de la Curie romaine de quoi se sentir conforté.  Il voit aussi la poussée de l'islam comme une justification de son retour à une vision passéiste de la Tradition.
Cette "famille" qui s'entend bien à se parler à elle-même et à se rassembler, est-elle capable de convaincre au-delà de son propre cercle ?  On peut en douter, car, au fur et à mesure qu'il raffermit son identité, le catholicisme français se marginalise davantage, sans que monte, dans ses rangs, une figure capable de porter le message d'ouverture de François."

Diable ! Pour que "Ouest-France" prenne ainsi position en publiant en bonne place un tel point de vue, il faut que les responsables de ce journal en aient un peu par-dessus la tête de la situation ecclésiale actuelle dans divers diocèses de l'Ouest et ailleurs.  Un certain nombre de laïcs, de diacres, de religieux-ses et de prêtres se retrouveront dans une telle analyse... qui rejoint d'ailleurs ce que le grand quotidien "Sud Ouest" a publié ce même 1° décembre (une coïncidence ?), à savoir, le fait qu'une soixantaine de prêtres du diocèse de Bayonne, en désaccord profond avec leur évêque, Mgr Aillet, sur la gestion de son diocèse, ont écrit à Mgr Pontier, président de la Conférence des évêques de France, au cardinal Ricard, archevêque de Bordeaux ainsi qu'au nonce à Paris, pour dénoncer cette situation.
Du boulot en perspective pour l'Esprit-Saint  !!!

vendredi 25 novembre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.012 : Sous l'horizon de l'Infini...

Chaque année, je retrouve avec bonheur cette homélie de Saint Cyprien de Carthage que l'Eglise propose à notre méditation dans la lecture du Bréviaire, en cette période de l'année, et en l'occurrence aujourd'hui.  Je l'ai lue et relue plusieurs fois.
Elle peut nous aider à mieux nous situer, dans ce que nous vivons à présent, par rapport à la mort et l'au-delà.

"Mes frères bien-aimés, soyons préparés avec une foi solide, une vertu robuste, à tout ce que Dieu voudra de nous.  Chassons la crainte de la mort en pensant à l'immortalité qui la suit. Montrons ainsi ce que nous croyons.
Nous devons considérer, frères bien-aimés, et méditer continuellement que nous passons ici-bas, provisoirement, comme des étrangers et des voyageurs.  Accueillons avec joie le jour qui fixe à chacun son véritable domicile, qui nous délivre de ce monde et de ses filets pour nous rendre au Paradis et au Royaume.
Quel exilé ne serait pas pressé de rentrer dans sa patrie ?  Nous tenons le ciel pour notre patrie.  Un grand nombre de ceux que nous aimons nous y attendent :  une immense foule de pères, de fils, de frères nous désirent.  Ils sont déjà sûrs de leur propre salut, et encore inquiets du nôtre.  Quel bonheur partagé, pour eux et pour nous, de nous revoir, de nous embrasser !  Quel bonheur, dans ce Royaume céleste, de ne plus craindre la mort !  Quelle félicité parfaite et perpétuelle, de vivre pour l'éternité !
C'est là que se trouvent le glorieux groupe des Apôtres, la troupe jubilante des prophètes, le peuple innombrable des martyrs, victorieux dans les combats et les souffrances.  C'est là que se trouvent les vierges triomphantes qui ont vaincu par l'énergie de leur continence les convoitises charnelles.  C'est là que sont récompensés les miséricordieux qui ont accompli la justice en donnant aux pauvres nourriture et aumônes et qui ont observé les préceptes du Seigneur en transférant leur patrimoine de la terre dans les trésors du ciel.
Le Christ Seigneur nous donnera d'autant plus largement sa gloire que nous l'aurons plus fortement désirée."

Vous allez peut-être trouver étrange que cet homme semble accepter aussi facilement la perspective de la mort. Je me permets donc de rappeler que cet évêque de Carthage, né dans une famille païenne, d'origine berbère, converti à l'âge mûr, ne s'est pas contenté de faire de pieux sermons sur la mort ; au moment de la persécution de Valérien, il fut décapité pour sa foi, le 14 septembre 258. 
Pourquoi ne pas nous confier au Seigneur sous son patronage ?

samedi 19 novembre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.011 : Vivre ensemble, avec des convictions différentes

Au terme d'une magnifique journée que je viens d'avoir le bonheur de vivre et que j'ai été heureux d'accompagner ce samedi à la Roche s/Yon, à l'initiative du groupe SEL 85 (Solidarité - Eglise - Liberté), avec participation de membres des groupes de dialogue interreligieux de la Roche et des Sables (musulman, bouddhiste), l'on m'a demandé de donner un écho de cette rencontre, et je vous le partage : en matinée, un partage genre Café-Théo, et un topo - échange l'après-midi.
En matinée donc, chaque participant a eu la possibilité de faire part d'une expérience positive de vivre-ensemble qui l'a marqué :
-  telle famille a accueilli des Irakiens pendant plusieurs années ; "au cours du temps, après avoir dépassé les diverses difficultés, c'est comme si, eux et nous, on faisait partie de la même famille."
-  "nous faisons de l'agriculture biologique ; au début, on a été longtemps seuls, pas toujours compris !  Mais à présent, on sent que cela se développe ; on se sent mieux compris !"
-  "plusieurs fois, j'ai navigué à la voile, avec des inconnus ; mais, sur le bateau, nous devions apprendre le vivre-ensemble, pour la marche du voilier, la cuisine, etc... On a appris à compter sur les compétences les uns des autres."
-  "je suis allé au Chili plusieurs fois. Sous la dictature, le vivre-ensemble était organisé d'en haut, par la force ! Avec le retour de la démocratie, il a fallu tout réapprendre d'un réel vivre-ensemble, pas plus simple, car il a fallu que les gens se responsabilisent en ce sens."
-  "nous avons hébergé des Tchétchènes, avec des enfants, un certain temps, dans une caravane, dans notre jardin ; au début, le voisinage a eu peur ; puis, ils se sont aperçus que la maman, même voilée, était une maman comme les autres."
-  "notre famille est très dispersée ; depuis un certain nombre d'années, à intervalles réguliers, nous organisons une cousinade. Nous nous retrouvons très nombreux, de la même famille, mais avec des évolutions différentes. Cela a créé un lieu de rencontres où chacun peut trouver sa place."
-  "j'ai invité deux jeunes musulmanes à prendre un verre ; puis, je me suis inquiétée, car c'était pendant le Ramadan ; mais elles m'ont fait comprendre qu'elles étaient heureuses de cette invitation, et qu'elles se sentaient libres en France."  Ali, interrogé, a cité ce passage du Coran (2/256) disant : "Il n'y a pas de contrainte en religion."
-  "sur la paroisse de Mouilleron-le-Captif ,Venansault..., des personnes très engagées dans l'Eglise ont été démises de leurs fonctions par l'autorité ecclésiale ; cette incompréhension  les a blessées. Beaucoup de paroissiens sont découragés... Mais d'autres sont venus à leur rencontre, les ont écoutés longuement, essayent de les soutenir. Le choix a été fait, non de quitter l'Eglise, mais de tenter, envers et contre tout, de maintenir le dialogue avec le diocèse.  Lors d'une rencontre, pas moins de 72 personnes sont venues échanger à ce sujet. Dans ce conflit, regrettable, l'on a pu mesurer la volonté de vivre ensemble, de garder des liens pour être constructifs, même si l'on ne voit pas clair par rapport à l'avenir."
Impossible malheureusement de reprendre tous les faits apportés, témoignant que le vivre-ensemble est bien une réalité chez nous, et dans tous les domaines possibles, malgré les difficultés.

Après un repas-partage, temps d'approfondissement.
D'abord, regard sur un certain nombre d'exemples montrant comment, au terme souvent d'un combat intérieur, des évolutions ont pu se produire :
-  le rapprochement avec les Protestants : de la haine à la fraternité, avec l'humilité du pape allant en Suède à l'occasion des 500 ans de la Réforme.
-  Gandhi, gâce à la non-violence, luttant pour un rapprochement entre Hindous et Musulmans.
-  Mandela, laissant de côté la lutte armée pour jouer la carte du vivre-ensemble avec l'oppresseur blanc.
-  ce détenu en pèlerinage des prisonniers à Rome, faisant une intervention avec, à ses côtés, la maman du jeune qu'il a assassiné.
-  François allant à la rencontre des prostituées, des prêtres mariés, etc...
Puis, échange à propos des deux modèles de la fraternité :
-  celle des bons sentiments, selon laquelle, dans l'Eglise, on devrait tous s'aimer, point !  Eviter de s'interpeller, penser si possible la même chose, faire le choix des mêmes options pastorales... Mais est-ce que ce serait vrai ?
-  l'autre modèle, ce serait celui de l'alliance, le seul qui permettre de vivre ensemble dans la vérité : une fraternité avec des gens que l'on n'a pas choisis, acceptant des divergences, mais recherchant le dialogue,  non obsédée par un besoin d'uniformité.
La société attend ce type de comportement de la part de l'Eglise et des chrétiens.
L'humanisme nous y engage !  Saint Exupéry : "Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis."  André Malraux : "L'homme moderne appartient à ceux qui vont le créer ensemble".  Lévinas : "Que se passe-t-il quand je regarde quelqu'un en face ?"
Si l'autre est différent de moi, l'erreur, c'est de l'exclure ! Car en effet, il peut me paraître in-compréhensible... Or, "com-prendre", c'est "prendre avec soi" !
A eu lieu alors un échange très riche à propos de ce que le Coran dit de la fraternité, avec plusieurs citations, dont celle-ci : "Si Dieu l'avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté" (sourate 5/48) Mais il nous a fait différents, cela nous invitant à transformer nos différences en complémentarités.
Nous avons survolé alors l'histoire du peuple de Dieu, sans cesse traversé par la tentation du rejet de l'autre, de l'exclusion ; et cela, dès le départ, avec le conflit entre Caïn et Abel, jusqu'à la division entre les deux royaumes d'Israël et de Juda.  Mais, sans cesse, des prophètes ont, au risque de leur vie, appelé le peuple à se rassembler, à retrouver l'unité (Ezéchiel 37/15-28, Isaïe 2/4, etc...).
Quant à Jésus, il a été à la fois l'acteur premier, et la victime de son appel au vivre-ensemble. Sans cesse, en opposition le plus souvent avec les responsables religieux dont il dépendait, il a invité à vivre l'esprit des Béatitudes, dans une totale non-violence ; il a invité chacun à être vrai, à ne pas présenter les offrandes sans s'être réconcilié avec son frère ; il a apaisé les tempêtes, invité à aimer ses ennemis ; il a rappelé aux responsables religieux qu'ils devaient avant tout se comporter comme des serviteurs, ne pas se faire appeler "Pères", ne pas se prendre pour des chefs absolus ; il a su accompagner ceux qui étaient éprouvés, etc..., etc...
Nous avons achevé cet échange en reprenant la lettre récente des évêques intitulée : "Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique" ; lettre dont l'un des thèmes-clefs est justement celui du vivre-ensemble, avec des passages tels que celui-ci (page 59 dans l'édition Bayard) : "Notre engagement doit toujours être soutenu par un véritable respect pour ceux qui ne pensent pas de la même manière.  S'il faut parfois donner un témoignage de fermeté, que celui-ci ne devienne jamais raideur et blocage (...) sur fond de patiente confiance que Dieu ne cesse d'avoir pour l'homme."
Ce conseil étant d'ailleurs tout à fait valable aussi pour nos relations entre prêtres, évêque et laïcs au sein du Peuple de Dieu.
Avec le rappel du respect dû aux laïcs, qui sont, de par leur baptême, "prêtres, rois-serviteurs et prophètes", le Christ en personne étant présent en eux, ainsi que l'Esprit-Saint. St Jérôme n'a-t-il pas dit que "Tout homme naît avec l'Esprit-Saint" ?
Denise, se fondant sur la voie non violente prônée par le Bouddhisme, nous a invités à bien équilibrer notre relation avec prêtres et évêque.
Proposition a été faite en finale de prévoir une réflexion, ouverte à un large public,sur la place et le rôle des laïcs dans l'Eglise, avec l'aide d'un théologien.
Bravo à ceux qui se prennent ainsi en main pour faire exister un réel vivre-ensemble, tant au sein de l'Eglise que de la société, en prenant des initiatives pour briser les cercles de l'incompréhension et du rejet de l'autre, quel qu'il soit !

lundi 14 novembre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.010 : Le pape a voulu rencontrer des prêtres mariés et leurs familles

Il m'a paru important de vous communiquer cette info, dûe au journaliste Nicolas Senèze, de l'agence "Urbi et Orbi" reliée au journal "La Croix".
 
 
Le pape François a rencontré vendredi 11 novembre sept familles dans le quartier de Ponte di Nona à Rome, toutes fondées par d’anciens prêtres ayant quitté le sacerdoce.
Dans le cadre des « vendredis de la miséricorde », le pape François s’est rendu dans l’après-midi du vendredi 11 novembre dans le quartier de Ponte di Nona, à l’extrême est de Rome où il a rencontré, dans un appartement, sept familles toutes fondées par d’anciens prêtres ayant quitté le sacerdoce.
Un vendredi par mois, depuis le début du Jubilé, le pape part rendre discrètement visite à des personnes défavorisées ou marginalisées pour illustrer les œuvres de miséricorde.
 
« Le Saint-Père a voulu offrir un signe de proximité et d’affection à ces jeunes qui ont fait un choix pas toujours accepté par leurs frères prêtres et leur famille », note le Vatican dans un communiqué.

Quatre anciens curés du diocèse de Rome

« Après plusieurs années consacrées au ministère sacerdotal en paroisse, il est apparu que la solitude, l’incompréhension, la fatigue causée par les lourdes responsabilités pastorales les ont fait douter de leur choix initial de la prêtrise », continue la Salle de presse du Saint-Siège. « Des mois et des années d’incertitude et de doute les ont souvent conduits à croire qu’ils avaient fait, avec le sacerdoce, le mauvais choix. D’où leur décision de quitter la prêtrise et de fonder une famille. »
Quatre des jeunes pères de famille rencontrés par le pape étaient d’anciens curés du diocèse de Rome, dont le pape est l’évêque, les autres venant de Madrid (Espagne), d’Amérique latine et de Sicile.
Selon le Vatican, l’arrivée du pape dans l’appartement « a été marquée par un grand enthousiasme », les enfants se rassemblant autour de François pour l’embrasser, tandis que les parents « ne retenaient pas leur émotion ».

« Sa parole paternelle a rassuré tout le monde »

« La visite du Saint-Père a été très appréciée par toutes les personnes présentes, qui n’ont pas ressenti un jugement du pape sur leur choix, mais sa proximité et l’affection de sa présence », précise le Saint-Siège, selon lequel le pape a écouté les anciens prêtres et s’est tenu au courant des procédures canoniques en cours.
« Sa parole paternelle a rassuré tout le monde sur son amitié et la certitude de son intérêt personnel », a conclu le Vatican, selon lequel François a une nouvelle fois « voulu donner un signe de la miséricorde à ceux qui vivent une situation de détresse spirituelle et matérielle, et montrer que personne ne doit se sentir éloigné de l’amour et de la solidarité des pasteurs ».

Cette visite s’est terminée vers 17 h 20 , après quoi le pape est rentré au Vatican. Il s’agissait du dernier « vendredi de la miséricorde » de l’année jubilaire.


Tandis que je prenais connaissance de cette démarche du pape, m'est revenue à l'esprit cette phrase de l'Evangile :
"Tandis qu'il était encore loin, son Père l'aperçut et fut pris de pitié :
il courut se jeter à son cou et l'embrassa tendrement."  (Luc 15/20)

Mille mercis à ce bon Pasteur qu'est François !